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Période historique

Le Haut Moyen Âge

Haut Moyen Âge

Cinq siècles charnières au confluent de la Seine et de l'Epte : nécropoles mérovingiennes, abbayes carolingiennes, camps vikings et naissance de la Normandie.

vallee-seine vallee-epte Plateau & champs Gommecourt & hameaux clachaloze

Introduction : un tesson sur la route de Limetz

Tout commence par presque rien. Au lieu-dit les Longues Rayes, au nord du chemin qui file vers Limetz, l'archéologue Yvan Barat ramasse en 1981 et 1982 quelques tessons de céramique granuleuse, un vase globulaire, un pot du type Alzei. Rien d'autre : pas de mur, pas de tombe, pas de trésor. Encore faut-il préciser d'où viennent ces tessons : de simples ramassages de surface, car aucune fouille n'a jamais été menée à Gommecourt. Ils ont vraisemblablement été remontés par les labours, arrachés à une couche enfouie qu'aucune pelle n'est venue explorer. Cette quasi-absence ne prouve donc rien — elle ne mesure pas ce que recèle le sol, seulement ce que la charrue a bien voulu rendre. Reste que ce mobilier modeste, attribuable à l'extrême fin de la période, est le seul indice du Haut Moyen Âge connu à Gommecourt même. Un foyer paysan posé sur un coteau, à quelques centaines de mètres seulement de la grande villa antique de la Bosse-Marnière de Limetz — car ici, entre le Ve et le Xe siècle, les limites communales d'aujourd'hui n'existent pas. On ne raisonne pas en « Gommecourt » et « Limetz », mais en terroir continu, en voisinages, en chemins.

Ce tesson dérisoire pose pourtant la question qui traverse toute la période. Car si l'on ne trouve presque rien à Gommecourt, c'est tout autour que le sol parle : une couronne de nécropoles mérovingiennes, des abbayes lointaines qui se partagent les terres, des navires venus du Nord qui hivernent sur une île de la Seine, et un traité signé sur les bords de l'Epte qui fait naître la Normandie. Le village est assis sur un seuil — et cinq siècles vont transformer ce seuil de circulation en l'une des grandes frontières d'Europe.

C'est tout le sens du fil rouge de ce site : Gommecourt carrefour. Ce qui était, à l'âge du Fer, une triple frontière de peuples, et à l'époque romaine un nœud de voies, devient au Haut Moyen Âge une ligne de partage entre deux mondes. La suite déroule cette histoire de l'échelle du royaume franc à celle de nos coteaux, en remontant le temps des Mérovingiens aux Carolingiens, puis des Vikings à Rollon.

Repères chronologiques

v. 500 — Effacement du pouvoir romain ; le confluent Seine-Epte entre dans le royaume franc (future Neustrie).

511–517 — Partages mérovingiens ; le secteur relève du diocèse de Rouen, dans le pagus du Vexin.

VIe–VIIe siècle — Nécropoles mérovingiennes de la vallée (Sainte-Geneviève-lès-Gasny, Bonnières, Freneuse, Saint-Clair…)

611 — Première mention écrite de la forêt d'Yveline (Selva Aequalina).

758 — Villarceaux cité dans une charte de Pépin le Bref (don à l'abbaye de Saint-Denis) .

824 — L'église Saint-Crépin-et-Saint-Crépinien (Villarceaux) érigée en paroisse, dépendant de Saint-Wandrille

845 — Les Normands remontent la Seine ; Paris verse un lourd tribut.

852–862 — Camp d'hivernage normand de l'Île de la Flotte, au large de Bennecourt.

911 (automne) — Traité de Saint-Clair-sur-Epte : naissance de la Normandie.

912 (janvier) — Baptême de Rollon, premier chef normand de la Seine

986 — Possessions monastiques attestées dans le Vexin (manse de L'Autreville à Genainville).

Frise chronologique du Haut Moyen Âge au confluent Seine-Epte, de v.500 à 986

I. Après Rome : un seuil entre deux mondes

Quand on parle de « chute de Rome », on imagine une rupture brutale. Sur nos coteaux, la réalité fut plus sourde : un effacement, un glissement. Les grandes villas de la vallée ne s'écroulent pas du jour au lendemain ; elles se délitent, se transforment, abritent un habitat plus précaire au milieu de leurs ruines encore debout. C'est exactement ce que montre la fouille du Fort de la Bosse-Marnière, à Limetz, où l'on a retrouvé de la céramique du IXe ou Xe siècle écrasée sous un pan de mur romain : la vie continue, sur place, pendant tout le Haut Moyen Âge. Cette continuité discrète est le véritable héritage que nous lègue la fin du monde romain, au terme de l'Antiquité gallo-romaine.

Mais au-dessus des champs et des hameaux, c'est tout un nouvel ordre territorial qui se met en place. Après la conquête franque, le partage du royaume entre les fils de Clovis range les anciennes cités de Rouen et d'Évreux dans la part de Childebert, tandis que celle de Chartres passe d'abord à Clodomir avant de revenir à Childebert en 517. Au gré de ces partages et de ces réunions, le secteur finit par relever du royaume de Neustrie, et plus précisément du diocèse de Rouen. C'est là un fait capital, car ces circonscriptions religieuses, calquées sur les anciennes cités gauloises et romaines, vont structurer la région pour mille ans.

Notre confluent se trouve ainsi placé à la lisière de plusieurs mondes. Sur la rive du Vexin, on dépend de Rouen ; en face et un peu en amont, les paroisses voisines marquent jusqu'à la fin de l'Ancien Régime la limite des immenses diocèses de Chartres et d'Évreux. Le sanctuaire de Bennecourt, tout proche, se tient précisément aux confins de ces trois divisions ecclésiastiques — lointaines héritières des territoires véliocasse, carnute et aulerque éburovique. Autrement dit, la frontière que la grande histoire fera surgir en 911 n'invente rien : elle cristallise un seuil que ce paysage occupe depuis l'âge du Fer.

🗺️ FOCUS : Le Vexin, un nom celte porté par une frontière

Le mot Vexin ne tombe pas du ciel à l'époque féodale : il descend en droite ligne des Véliocasses, le peuple gaulois qui occupait la région au confluent de la Seine et de l'Oise. Sous les rois mérovingiens et carolingiens, l'unité administrative de base redevient le pagus — un terme qui réapparaît dans les textes à partir de la seconde moitié du VIe siècle pour désigner les « pays » qui découpent l'espace rural.

Les actes de l'époque, jusqu'aux grands inventaires comptables comme le Polyptyque d'Irminon, mentionnent une demi-douzaine de ces pays : le Vexin, la Madrie, le Pincerais, l'Étampois, le Chartrain et le Parisis, auxquels s'ajoute l'Évrecin. Le pagus Vilcassinus reprend le nom de l'ethnie celte, mais n'en occupe plus qu'une fraction — l'actuel Vexin. La filiation est si forte qu'un tremissis, une petite monnaie d'or mérovingienne, porte même le nom du Vexin, ce qui est exceptionnel : les pays n'apparaissent presque jamais sur les monnaies de l'époque.

Or ces pays sont des objets de frontière. Les chercheurs ont remarqué qu'une série de sanctuaires antiques et de sites fortifiés en jalonne les limites — comme si l'on avait, de génération en génération, marqué les confins par des lieux sacrés ou des points hauts. Le site de Bennecourt, les fortifications voisines de Port-Villez et de Vernonnet, le sanctuaire gaulois de Mézières-sur-Seine appartiennent tous à ce système de bornage. Et la numismatique le confirme : les monnaies gauloises trouvées à Bennecourt n'ont presque rien de commun avec celles de la Butte des Murets à Mézières, à quelques kilomètres de là — preuve que l'on changeait bien de « pays » en franchissant le fleuve.

La conséquence est vertigineuse pour notre histoire locale. La dualité du Vexin français et du Vexin normand — celle que le traité de Saint-Clair-sur-Epte gravera dans la pierre en 911 — pourrait n'avoir fait qu'entériner une réalité bien antérieure au Haut Moyen Âge. Le confluent de la Seine et de l'Epte n'est pas devenu une frontière en 911 : il l'était déjà, à sa manière, depuis les Gaulois.

Carte des pays (pagi) du Haut Moyen Âge autour du confluent Seine-Epte, héritiers des frontières gauloises
Le confluent de la Seine et de l'Epte, au point de contact de plusieurs pays et diocèses du Haut Moyen Âge.

Ce maillage de pays et de diocèses n'est pas qu'une affaire de cartographie. Il dessine des solidarités, des réseaux de chemins, des appartenances. Et il faut imaginer, sous cette ossature administrative, une foule de gestes ordinaires : on défriche, on sème, on enterre ses morts. Car si les textes parlent surtout des puissants, ce sont les tombes qui, dans la vallée, nous rendent le plus directement le souvenir des vivants.

II. Les Mérovingiens : les morts et les vivants de la vallée

Scramasaxe, long couteau de combat à un seul tranchant, arme caractéristique des guerriers francs (VIe–VIIe siècle) Il y a un paradoxe saisissant à Gommecourt : on n'y connaît aucune nécropole mérovingienne. Pas une tombe, pas un sarcophage. Et pourtant, dès que l'on élargit le regard à la vallée, les cimetières surgissent de toutes parts. Encore faut-il se rappeler que rien n'a jamais été cherché à Gommecourt, et que rien n'y a remué le sol : ailleurs, ce sont presque toujours de grands travaux — la voirie, les chantiers au cœur des bourgs — qui ont fait apparaître les tombes, tandis qu'ici les chemins sont en place depuis des siècles et les constructions neuves restent rares. La contradiction n'est donc qu'apparente, et l'essentiel est ailleurs : les morts disent où vivaient les vivants, et leur abondance tout autour de Gommecourt révèle un terroir densément habité, dont le village n'était qu'un point parmi d'autres.

Hache de jet franque (francisque), à la silhouette asymétrique reconnaissable, à la fois outil et arme.) Le tour d'horizon est éloquent. À Bonnières-sur-Seine, une vaste nécropole gît sous le centre-ville actuel : on y a mis au jour, en 1894, quatre sarcophages de plâtre contre l'ancien cimetière, puis en 1923 des cercueils de plâtre épais, et le long de l'actuelle N13 de nombreuses sépultures livrant un riche mobilier des VIe et VIIe siècles, dont une grande plaque-boucle de ceinture de type aquitain. Le secteur jouxte l'ancienne église paroissiale Saint-Leuffroy — un vocable qui, à lui seul, sent le Haut Moyen Âge.

Vase biconique en céramique gris-noir lustrée, à décor estampé, déposé près du défunt selon la coutume funéraire franque.) Juste en face de Gommecourt, sur l'autre rive de l'Epte, Sainte-Geneviève-lès-Gasny a livré au lieu-dit la Vignette une vingtaine de sépultures à 0,50 m de profondeur, aux fosses enduites de plâtre — certaines renfermant de véritables cercueils de plâtre —, orientées est-ouest, avec leurs vases francs aux pieds et leurs boucles de ceinturon ; c'est la nécropole la plus proche du village, repérée dès 1867 lors du creusement de la voie ferrée de Vernon à Gisors.

À Freneuse, juste en vis-à-vis de Clachaloze, une sablière a entamé en 1979 un cimetière mérovingien dont quatorze sépultures ont pu être observées en urgence : six sarcophages de plâtre, des fosses, un scramasaxe, des gobelets carénés du VIe-VIIe siècle. À Blaru, au lieu-dit les Mifaucons, on a recueilli scramasaxe, gobelets biconiques et hache franque ; à Port-Villez, un cimetière mérovingien au Chêne Godon ; à Saint-Clair-sur-Epte, des sarcophages, des scramasaxes et une fibule aviforme en argent. Plus loin encore, à Rosny-sur-Seine, une nécropole fut correctement fouillée à la fin du XIXe siècle, et à Vernon, la ville entière repose sur un semis de tombes.

Plaque-boucle de ceinture en bronze damasquiné d'argent, objet de prestige marquant le rang du défunt.) Cette densité a une portée. Les nécropoles les plus proches encadrent littéralement Gommecourt sur ses deux rivières : Sainte-Geneviève lui fait face de l'autre côté de l'Epte, tandis que Freneuse répond à Clachaloze de l'autre côté du bras de Seine. À l'époque, les habitants de notre coteau ne franchissaient pas une « frontière communale » pour rejoindre les vivants et les morts d'en face : ils appartenaient au même monde fluvial, fait d'échanges constants. Tant de matière mérite mieux qu'un survol, et un article dédié reviendra en détail sur ces nécropoles, sur la technique très particulière du sarcophage de plâtre — une spécialité du Bassin parisien, coulé directement dans la fosse à l'aide d'un coffrage de planches — et sur la longue histoire des erreurs de datation qui firent passer ces tombes franques pour « gauloises ».

Carte de synthèse du Haut Moyen Âge autour de Gommecourt : nécropoles mérovingiennes, camps normands et frontière de l'Epte

La couronne de sites du Haut Moyen Âge autour de Gommecourt : nécropoles mérovingiennes (en bleu), camps normands (en bordeaux) et frontière de l'Epte fixée en 911.

📖 SCÈNE DE VIE : Une inhumation à l'ombre de Saint-Leuffroy
Bonnières-sur-Seine, fin du VIe siècle

Le froid de l'aube monte de la Seine. Au pied de la petite église de bois et de pierre que l'on commence à appeler du nom de Leuffroy — un saint venu de Normandie, dont la réputation remonte le fleuve plus vite que les bateaux —, quatre hommes ont creusé toute la nuit. La fosse est étroite, orientée vers l'est, vers le soleil qui se lèvera bientôt derrière le coteau de Freneuse, sur l'autre rive.

Au fond, ils ont dressé un coffrage de planches, calé par des pierres et des fragments de tuiles récupérés dans les ruines de la vieille villa. Hier, le plâtrier y a coulé sa préparation : une bouillie grise et tiède qui a pris la forme exacte de la fosse en épousant le bois. Ce matin, le sarcophage est dur, encore humide par endroits, et l'on en distingue nettement la couture entre le fond et les parois. Personne ici ne saurait dire que cette mode du sarcophage de plâtre est, justement, en train de naître dans toute la vallée de la Seine ; pour eux, c'est simplement la façon convenable d'ensevelir quelqu'un que l'on a aimé.

Le défunt s'appelait Berthaire. Il avait porté les armes pour un seigneur dont plus personne, dans trois générations, ne se souviendra. On l'a vêtu de sa tunique, et l'on a serré à sa taille sa belle plaque-boucle de ceinture, celle qu'il tenait d'un échange avec un marchand du Sud : le bronze en est couvert de petites bosses et d'un décor incisé que l'on dit « d'Aquitaine ». À ses côtés, un vase de terre grise, posé près de la hanche, contient de quoi tenir le voyage. Sa femme, Ragnetrude, regarde sans pleurer ; elle a déjà enterré deux enfants dans ce sol, un peu plus à l'ouest, et elle connaît les gestes.

Quand le couvercle de pierre grossièrement taillée glisse en place, le bruit sourd résonne dans toute la prairie. On comble, on tasse, on plante un piquet. Plus tard, beaucoup plus tard, des ouvriers de voirie rouvriront par hasard cette terre, le long d'une grande route, et n'y verront d'abord que des os et un peu de céramique. Il faudra le regard d'une conservatrice de musée, et la patience des archéologues, pour rendre à Berthaire son siècle — le VIe — et, avec lui, le portrait d'une vallée pleine de monde.

Reconstitution d'une inhumation mérovingienne dans un sarcophage de plâtre, vallée de la Seine, VIe siècle
L'inhumation dans un sarcophage de plâtre coulé sur place, geste funéraire caractéristique de la vallée de la Seine aux VIe-VIIe siècles.

Ces nécropoles ne sont pas seulement des champs de tombes : elles marquent, chacune, un noyau de peuplement. Là où l'on enterre, on habite — et l'on commence aussi, à la même époque, à prier. Car derrière le vocable de Saint-Leuffroy, comme derrière tant d'autres saints du secteur, se devine la lente conquête des âmes par le christianisme et la formation des premières paroisses. C'est cette nouvelle géographie sacrée, et l'ordre carolingien qui la consolide, qu'il faut maintenant explorer.

Représentation d'un guerrier Franc

Représentation d'un guerrier Franc

III. L'ordre carolingien : abbayes, terroirs et paroisses

Avec les Carolingiens, l'ordre franc se fait plus rigoureux. Le pagus — le « pays » — devient l'unité de référence de tous les actes qui règlent la vie des campagnes, et les grands inventaires de l'époque, comme le célèbre Polyptyque d'Irminon dressé pour l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, comptent les terres manse par manse, feu par feu. Notre confluent appartient toujours au pays du Vexin, dans le diocèse de Rouen. Tout autour, la forêt règne encore largement : la grande forêt d'Yveline, qui couvre le sud de la région, est mentionnée pour la première fois dès 611, et l'on devine, sous les chartes royales, le lent travail des défricheurs grignotant la lisière des bois.

La grande nouveauté de ces siècles, c'est pourtant la main des abbayes sur le terroir. Loin, très loin de leurs murs, les grands monastères possèdent des terres, perçoivent des redevances, fondent des paroisses. En 758, une charte de Pépin le Bref donne à l'abbaye de Saint-Denis un manse à Villarceaux, sur l'actuelle commune de Chaussy ; et en 824, l'église Saint-Crépin-et-Saint-Crépinien de Villarceaux est érigée en paroisse, sous la dépendance de l'abbaye normande de Saint-Wandrille — celle-là même qui borde la Seine en aval, et dont la chronique nous renseignera bientôt sur de tout autres visiteurs. Plus à l'est, à Maule, l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés tient au début du IXe siècle un domaine peuplé de plus de deux cent cinquante tenanciers et pourvu d'une chapelle. Et les cartulaires monastiques égrènent d'autres possessions à travers le Vexin — ainsi, vers 986, un manse à Genainville.

À hauteur de Gommecourt, ce monde carolingien laisse des traces ténues mais réelles. Sur le site de la villa de la Bosse-Marnière, à Limetz, les fouilles ont reconnu une phase carolingienne nette : des tessons décorés à la molette, de petits fours à chaux, un grenier sur poteaux, une aire d'habitat ou de travail installée sur les ruines romaines. À quelques centaines de mètres, le pot des Longues Rayes, à Gommecourt, appartient à cette même extrême fin de la période. On habite donc encore, sur place, en lisière de ces grands domaines — et l'on cultive la vallée de l'Epte comme on l'a toujours fait.

Et la Seine, dans tout cela, n'est pas qu'une frontière de diocèses : c'est une artère. En aval, à Les Mureaux, on réoccupe dès le IXe siècle l'ancien port romain — constructions de bois serrées, fossé, appontements sur les quais antiques — pour contrôler le passage du fleuve et capter le commerce fluvial. Ces portus qui s'égrènent alors le long des grands fleuves du nord-ouest de l'Europe disent l'essor des échanges sous les Carolingiens. Le fleuve porte le sel, le vin, le bois, les redevances des abbayes. Bientôt, il portera aussi les navires venus du Nord.

⛪ FOCUS : Lire le paysage dans le nom des saints

Quand les chartes se taisent, le vocable d'une église — le saint auquel elle est dédiée — peut devenir un indice de son âge. Certains saints furent « à la mode » à un moment précis ; une dédicace à leur nom trahit souvent une fondation ancienne, là où l'archéologie et les textes manquent.

Le cas le plus parlant est celui de saint Leuffroy. C'est un saint normand du VIIIe siècle, abbé et fondateur de monastère dans l'Eure. Que l'ancienne paroisse de Bonnières ait porté son nom signale à la fois une origine alto-médiévale et l'influence religieuse qui rayonne alors en remontant la Seine depuis la Normandie — le même axe que suivent les marchands et que suivront bientôt les drakkars.

Autour de lui, une petite constellation de saints jalonne le secteur. Saint Clair, ermite, a donné son nom à Saint-Clair-sur-Epte. Saint Nicaise, l'un des saints de l'Église de Rouen, est attaché par une légende à [Gasny](/lieux/communes-environs/g-h#gasny). Et saint Crépin et saint Crépinien, les martyrs cordonniers, sont honorés à la fois à Villarceaux — dont l'église est érigée en paroisse en 824 — et à Gommecourt même, dont l'église leur est dédiée.

Prudence, toutefois : un vocable est un indice, non une preuve. Les dédicaces se déplacent au fil des siècles, et les patrons d'une église du XIIe siècle ne sont pas forcément ceux de son ancêtre alto-médiéval. À Gommecourt précisément, la dédicace à Crépin et Crépinien est bien attestée, mais la fondation de la paroisse elle-même reste sans date : aucune charte, aucun pouillé assez ancien n'a refait surface pour en fixer la naissance. Les saints chuchotent ; ils ne témoignent pas.

Église alto-médiévale dans la vallée de l'Epte, illustrant la christianisation et les vocables de saints
La dédicace des églises — Leuffroy, Clair, Nicaise, Crépin — dessine une géographie sacrée héritée du Haut Moyen Âge.

La Seine a donc porté, en ces siècles, des chartes, du sel et des saints, montant et descendant son cours au gré des marchands et des moines. Mais les abbayes qui ont écrit notre histoire — Saint-Wandrille la première — allaient découvrir que le fleuve était une route à double sens, et que ce qui le descendrait, un été, n'aurait plus rien à voir avec le commerce.

IV. La Seine, route des Normands

Tout au long du IXe siècle, la Seine devient la grande route de pénétration des hommes du Nord. Leurs navires à faible tirant d'eau remontent le fleuve à volonté, jusqu'au cœur du royaume. En 845, une flotte considérable atteint Paris et n'en repart qu'au prix d'un lourd tribut — la tradition parle de cent vingt navires et de sept mille livres d'argent. La même voie d'eau qui portait le commerce carolingien porte désormais l'incendie, et nul pont, nulle muraille ne barre vraiment le passage entre l'estuaire et la capitale.

Notre secteur n'est pas un simple lieu de passage : il abrite l'un de ces camps d'hivernage où les équipages s'installent pour la mauvaise saison. La Carte archéologique de la Gaule, s'appuyant sur la Chronique de Fontenelle — celle de l'abbaye de Saint-Wandrille — et sur le Cartulaire de Saint-Père-de-Chartres, atteste l'existence d'un camp d'hivernage normand sur l'Île de la Flotte, au large de Bennecourt, occupé à plusieurs reprises, parfois plusieurs années de suite, de 852 à 862. L'île, rattachée à Bennecourt mais le plus souvent rapportée au territoire de Jeufosse, explique l'antique confusion autour d'un « camp de Jeufosse » : c'est le même site. On situe traditionnellement le camp sur cette île ; faute de fouille, on s'en tient à la localisation transmise par les textes, sans en faire une forteresse dûment retrouvée.

En face, sur l'éperon barré que l'on appelle le camp de César, à Port-Villez, l'occupation se prolonge jusqu'au Haut Moyen Âge. Ce serait là, « probablement », l'Augustudunas des textes, où une bande normande établit elle aussi son camp d'hivernage au IXe siècle, et qui sera encore, à la fin du Xe, le théâtre d'une rencontre « en marche » entre puissants — une hache franque y fut trouvée en 1896. La tradition locale évoque même des armes repêchées dans la Seine à Vernon et à Port-Villez, mais sans confirmation savante : on en restera à la prudence. Le récit détaillé de ces équipages — leurs chefs, leurs sièges, leur chronologie fine — fera l'objet d'un article dédié ; ici, il suffit de mesurer combien ce confluent fut, pour les hommes du Nord, une position de choix.

Représentation d'un guerrier normand en hivernage sur la Seine - IXème siècle

Représentation d'un guerrier normand en hivernage sur la Seine - IXème siècle
🛶 SCÈNE DE VIE : Un hiver sur l'Île de la Flotte
Au large de Bennecourt, vers 855

Le fleuve est gris, lent, gonflé par les pluies de novembre. Sur la berge de l'île, sept navires ont été tirés au sec, coques retournées, calées sur des rondins. Autour d'eux, les hommes ont dressé des abris de bois et de mottes de terre, couverts de voiles et de branchages ; la fumée des foyers reste plaquée au ras de l'eau, rabattue par le vent qui descend de la Roche.

Thorgil monte la garde au bout de l'île, là où le courant se resserre. De ce poste, il voit tout : en amont, l'embouchure d'une rivière étroite qui ouvre, dit-on, la route d'un plateau riche en villages ; en aval, la grande boucle où le fleuve se perd vers Rouen et la mer. C'est pour cela qu'ils ont choisi l'île. On y est chez soi, l'eau pour rempart, et l'on tient le fleuve comme on tiendrait une porte.

Il fait froid, d'un froid humide qui n'est pas celui des fjords mais qui transperce autrement. Thorgil pense à l'été : aux abbayes remontées une à une, aux greniers vidés, aux reliquaires fondus. Les moines, en aval, ont fui ou se terrent ; certains, dit-on, écrivent dans leurs livres le récit de ce qu'ils subissent — sans se douter que, des siècles plus tard, ce sont précisément ces lignes-là qui diront aux hommes que des Normands ont hiverné ici, sur cette île sans nom.

Au village d'en face, sur le coteau, les paysans ont rentré ce qu'ils pouvaient. Quelques-uns, pourtant, descendent parfois jusqu'à la grève, un panier d'œufs ou un sac de grain à la main : on craint ces hommes, mais on commerce aussi avec eux, car l'hiver est long pour tout le monde. Thorgil resserre son manteau. Au printemps, on remettra les navires à l'eau. Pour l'instant, l'île garde le fleuve, et le fleuve, patiemment, apprend aux hommes du Nord le chemin du pays.

Reconstitution d'un camp d'hivernage viking sur une île de la Seine, navires tirés au sec, IXe siècle
Le camp d'hivernage normand de l'Île de la Flotte, tel qu'on peut le restituer d'après les textes : navires halés, abris précaires et surveillance du fleuve.

Pendant une dizaine d'années, par intermittence, ces équipages font de la boucle de la Seine leur quartier d'hiver, puis s'en vont, remontent, redescendent, hivernent ailleurs. Mais une logique sourde est à l'œuvre : de razzia en razzia, de camp en camp, les bandes scandinaves cessent peu à peu de repartir. Deux générations plus tard, l'un de leurs chefs ne se contentera plus d'un tribut ni d'un hivernage — il voudra la terre. Et c'est sur les bords mêmes de l'Epte, à quelques lieues d'ici, que le roi des Francs finira par la lui concéder.

V. 911 : Saint-Clair-sur-Epte et la naissance de la Normandie

À l'aube du Xe siècle, les bandes d'hivernants sont devenues une puissance installée sur la basse Seine, autour de Rouen. À leur tête, un chef que les textes appellent Rollon. Après des décennies de raids, le roi des Francs Charles III le Simple fait le choix de la négociation plutôt que d'une guerre sans fin. En 911, à l'issue d'un échec de Rollon devant Chartres — dont le siège est traditionnellement placé le 28 août —, les deux hommes concluent un accord, scellé sur les bords de l'Epte, à Saint-Clair-sur-Epte.

La trame de cet accord nous est surtout connue par les grands récits postérieurs — au premier rang desquels l'Histoire de France d'Henri Martin, qui s'appuie lui-même sur les chroniqueurs normands Dudon de Saint-Quentin et Guillaume de Jumièges. Rollon reçoit des terres autour de Rouen — le noyau de la future Normandie — en échange de sa conversion et de l'engagement de défendre la région contre les autres hommes du Nord ; son baptême suit, en janvier 912. Surtout, l'accord fixe l'Epte comme limite orientale du territoire concédé : c'est l'acte de naissance de la séparation durable entre le Vexin normand et le Vexin français, et la première forteresse de Saint-Clair remonte sans doute à ce moment.

Il faut toutefois manier ce beau récit avec prudence. La date exacte du traité est discutée : si l'on s'accorde sur l'automne 911 — cohérent avec le siège de Chartres en août et le baptême en janvier suivant —, le jour précis, lui, n'est pas assuré, et l'on se gardera de reprendre comme un fait telle date estivale parfois avancée. Quant à l'érudition de Martin, solide pour la trame, elle a vieilli : certains détails qu'il rapporte étaient déjà contestés de son temps. Reste l'essentiel, et il rejoint notre fil rouge : en gravant la frontière sur l'Epte, le traité de 911 n'a rien inventé. Il a entériné une ligne bien plus ancienne, celle des pays et des diocèses — ce seuil que le confluent porte depuis les Gaulois.

⚔️ FOCUS : Rollon, le Normand qui devint duc

Qui était Rollon ? Un chef scandinave — Hrólfr dans sa langue —, à la tête des Normands établis sur la Seine. Son origine, norvégienne ou danoise, est débattue ; la tradition postérieure en a fait « Rolf le Marcheur », trop grand, dit-on, pour qu'aucun cheval le portât. De l'homme réel, on sait peu ; du personnage, beaucoup, car les chroniqueurs normands l'ont abondamment paré.

Ce qu'il obtient en 911 est en revanche clair dans ses grandes lignes : la jouissance de terres autour de Rouen, à charge pour lui de se faire chrétien et de fermer la Seine aux autres pillards. C'est le germe d'une principauté qui deviendra le duché de Normandie — même si le titre de duc, que la postérité lui prête volontiers, ne s'imposera que plus tard.

La scène de l'hommage a nourri une légende savoureuse, rapportée au siècle suivant par Dudon de Saint-Quentin : Rollon, refusant de s'agenouiller pour baiser le pied du roi, aurait chargé l'un de ses guerriers de le faire à sa place — lequel, soulevant le pied royal jusqu'à sa bouche, fit basculer Charles à la renverse, sous les rires des Normands. L'anecdote est trop belle pour être prise au mot ; elle dit pourtant quelque chose de vrai sur le rapport de force d'alors.

Le récit complet de Rollon et du traité — ses acteurs, ses clauses, sa mémoire (le millénaire fêté en grande pompe en 1911) — fera l'objet d'un article dédié. Pour notre vallée, l'important tient en une phrase : c'est ici, sur l'Epte, à portée de Gommecourt, que se trace désormais la frontière de deux mondes.

L'entrevue de Saint-Clair-sur-Epte entre Rollon et Charles le Simple, 911
L'entrevue de Saint-Clair-sur-Epte (automne 911) : le roi des Francs concède à Rollon les terres qui formeront la Normandie.

Avec 911, l'Epte cesse d'être un front mouvant pour devenir une frontière reconnue entre deux principautés. Une frontière que les siècles suivants ne se contenteront pas de tracer sur le papier : ils la hérisseront de pierres.

VI. L'Epte, frontière durable : aux portes du Moyen Âge classique

À partir de 911, l'Epte sépare officiellement le duché de Normandie du royaume des Francs. Deux siècles durant, cette ligne sera disputée, et la vallée finira par se hérisser de mottes et de tours — mais ces fortifications, justement, n'appartiennent pas encore au Haut Moyen Âge.

Il faut le dire nettement, car la tentation est grande de peupler nos coteaux de châteaux dès l'an mil. La motte de Bellevue, à Gommecourt, longtemps imaginée comme un ouvrage des origines, est en réalité datée de 1118, en lien avec le siège de Gasny par le roi-duc Henri Ier Beauclerc rapporté par Orderic Vital ; l'étude microtopographique (A.-M. Flambard-Héricher, relevé de B. Lepeuple) l'établit clairement, et son ancienne identification au « Gîte au Lièvre » est réfutée. La motte de Bellevue et la « chaîne de défense » de la vallée de l'Epte sont donc l'aboutissement de la frontière née en 911, non un héritage alto-médiéval : on les retrouvera au Moyen Âge classique, aux côtés des mottes castrales et de la tour de Bellevue.

L'autre héritage, plus silencieux, est démographique. Au-delà des chefs, c'est une véritable population scandinave qui s'établit du côté normand — un fait que trahit la toponymie. Les noms en -bec, -tot, -londe, -tuit, -torp saturent la rive normande et s'arrêtent, presque exactement, à l'Epte. À l'est de la rivière, vers Gommecourt, ces noms du Nord ne prennent pas. Encore faut-il préciser ce qui s'arrête là : non pas tous les noms de lieux, mais cette seule strate scandinave. Le fonds plus ancien — gallo-romain, avec les terminaisons en -ville (du latin villa) et en -y (de -acum), et franc, avec les -court (du bas-latin curtis, comme Gommecourt lui-même, jadis Gomeri curia) — se retrouve, lui, sur les deux rives. Ce sont les appellatifs venus du Nord, et eux seuls, qui butent sur la rivière. La frontière de 911 est ainsi, aujourd'hui encore, lisible sur les cartes : c'est une limite linguistique autant que politique.

Toponymie : les appellatifs scandinaves s'arrêtent à l'Epte, le fonds gallo-romain et franc reste commun aux deux rives

Les appellatifs scandinaves (-bec, -tot, -londe…) s'arrêtent à l'Epte, tandis que le fonds gallo-romain et franc (-court, -ville, -y) reste commun aux deux rives.

🪓 SCÈNE DE VIE : Le défricheur au nom du Nord
Rive normande de l'Epte, vers 950

La hache mord dans le tronc avec un son mat qui se répercute sur le coteau. Asgaut s'arrête, essuie son front, regarde le travail accompli : une clairière arrachée à la forêt, des souches noircies par le feu, une terre grasse retournée pour la première fois. Son grand-père est venu du Nord sur un navire ; lui est né ici, parle la langue du pays, prie le Dieu des Francs. Mais son nom, lui, vient encore des fjords.

Le hameau qu'il défriche portera ce nom, accolé à un mot du Nord pour dire la ferme, l'essart, la clairière — un de ces suffixes que les clercs, plus tard, transcriront tant bien que mal dans leurs parchemins. Dans deux ou trois siècles, des savants liront ces noms comme on lit une carte : ici sont passés les hommes du Septentrion ; ici ils se sont fixés, ont labouré, ont fait souche.

De sa clairière, Asgaut voit l'autre rive. L'Epte coule en contrebas, étroite, presque modeste. Et pourtant, de l'autre côté, tout change. Là-bas, c'est le pays du roi des Francs, le Vexin que l'on dit « français » ; les villages ont d'autres noms, les seigneurs d'autres maîtres. Son propre fils, s'il franchit la rivière pour prendre femme à Gommecourt, passera dans un autre monde. La frontière n'est qu'un filet d'eau — mais c'est une frontière, et elle tiendra.

Asgaut reprend sa hache. Derrière lui, la forêt recule encore d'un pas. Devant lui, la rivière sépare et relie tout à la fois, comme elle l'a toujours fait. Le Haut Moyen Âge s'achève ; un autre âge commence, où ces coteaux frontaliers se couvriront de tours.

Défricheur du Xe siècle ouvrant un essart sur un coteau de la vallée de l'Epte
Le défrichement des coteaux au Xe siècle : derrière la toponymie normande, un véritable peuplement venu du Nord.

Conclusion : un carrefour devenu frontière

En cinq siècles, le confluent de la Seine et de l'Epte aura changé de nature sans jamais cesser d'être un lieu de passage. Au temps des Mérovingiens, la couronne de nécropoles qui entoure Gommecourt dessine une vallée pleine de vie, où l'on circule d'une rive à l'autre comme on respire. Sous les Carolingiens, les abbayes lointaines, les portus et le commerce fluvial font de la Seine une artère du nord-ouest de l'Europe. Puis les navires du Nord retournent cette artère contre elle-même, et de leurs hivernages naît, en 911, une principauté nouvelle dont l'Epte marque la limite.

Gommecourt, qui n'a presque rien livré de son propre sol, se tient au cœur de cette bascule. De seuil de circulation, le confluent est devenu ligne de partage : carrefour hier, frontière désormais. C'est tout le paradoxe du fil rouge de ce site — la même position stratégique qui faisait, à l'âge du Fer, une triple frontière de peuples, et qui fait aujourd'hui se toucher trois départements, a fait du Haut Moyen Âge le moment où la limite s'est figée pour mille ans. Restait à la fortifier : ce sera l'affaire du Moyen Âge classique.

Sources et pour aller plus loin

Cette page s'appuie principalement sur la Carte archéologique de la Gaule, 78 — Les Yvelines (Yvan Barat, 2007) et son chapitre consacré au haut Moyen Âge, sur la monographie du sanctuaire de Bennecourt dirigée par Luc Bourgeois (pour le cadre des pays et des frontières), sur les Découvertes archéologiques à Sainte-Geneviève-lès-Gasny et à Gommecourt d'Alphonse-Georges Poulain (Bulletin de la Société normande d'études préhistoriques), ainsi que sur la Carte archéologique de la Gaule, 27 pour la rive euroise. Le récit du traité de 911 suit la trame d'Henri Martin (Histoire de France, t. II, 1855), maniée avec le recul critique d'usage. La question du peuplement scandinave reprend les analyses de Jules Sion (Les paysans de la Normandie orientale), et la datation de la motte de Bellevue celles d'A.-M. Flambard-Héricher et B. Lepeuple.

Pour prolonger : la période précédente, l'Antiquité gallo-romaine ; la période suivante, le Moyen Âge classique ; et, sur des points précis abordés ici, le sanctuaire de Bennecourt, la tour de Bellevue et les mottes castrales. Des articles dédiés viendront approfondir les nécropoles mérovingiennes de la vallée, l'épopée viking sur la Seine et le traité de Saint-Clair-sur-Epte.

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