Blason de Ambleville

Ambleville

Fascé d'argent et de gueules de huit pièces au lion morné de sable, couronné d'or et brochant sur le tout.

Le château d'Ambleville et son église
Le château Renaissance d'Ambleville et l'église qui lui est accolée, vus depuis la vallée de l'Aubette de Magny. CC BY-SA, via Wikimedia Commons
Carte de situation d'Ambleville dans le département du Val-d'Oise
Situation d'Ambleville dans le département du Val-d'Oise Wikimedia Commons (CC BY-SA)
Département
Val-d'Oise (95)
Communauté de communes
CC du Vexin-Val de Seine
Position
Petite commune du nord-ouest du Val-d'Oise, sur le plateau du Vexin français dominant la vallée de l'Aubette de Magny ; siège d'un château Renaissance lié à la famille de Mornay, seigneurs de Gommecourt aux XVIᵉ-XVIIᵉ siècles.

Carte d'identité

Petite commune du nord-ouest du Val-d'Oise, Ambleville se situe à environ 7 km de Magny-en-Vexin et 11 km de La Roche-Guyon. Son territoire de 8 km² s'étend sur le plateau du Vexin français, dominant la vallée de l'Aubette de Magny. Le toponyme est attesté dès le XIIIᵉ siècle sous la forme Amblevilla (1277). Membre de la communauté de communes du Vexin-Val de Seine, Ambleville a longtemps refusé son intégration au Parc naturel régional du Vexin français, créé en 1995, avant de finalement le rejoindre en 2008.

Le château Renaissance et ses jardins

Le château d'Ambleville, accolé à l'église du village, est un édifice Renaissance bâti au XVIᵉ siècle sur les bases d'une forteresse féodale médiévale. C'est Louis de Mornay qui confia les travaux de modification — le placage de la façade Renaissance encore visible sur la façade nord — à l'architecte Jean Grappin, de Gisors, à qui l'on doit également les sculptures de la cathédrale de cette ville voisine, ainsi que la façade Renaissance de l'église Saint-Pierre de Genainville. Le château est inscrit aux Monuments historiques le 4 juin 1926 puis classé le 20 juin 1945 ; ses jardins en terrasses d'inspiration italienne, restaurés en 1928 par la marquise de Villefranche d'après le modèle de la Villa Gamberaia de Florence, ont reçu le label Jardin remarquable. À la fin du XIXᵉ siècle, le marchand d'art Charles Sedelmeyer (1837-1925) le restaure à grands frais, y installe un théâtre et fait replacer cheminées et balcons vénitiens — c'est aussi lui qui ramène de la villa d'Este sur le lac de Côme les statues aujourd'hui conservées à Villarceaux.

L'église néo-romane Saint-Donatien-et-Saint-Rogatien

L'aspect roman de l'église Saint-Donatien-et-Saint-Rogatien est trompeur : elle ne fut édifiée qu'en 1856, en lieu et place d'un édifice dont les origines remontaient au haut Moyen Âge. Son plan, commandé par la présence du château auquel elle est accolée, contraignit l'architecte à traiter le flanc nord comme une façade, avec un clocher-porche central, ce qui constitue une disposition très originale dans la région. Elle conserve quelques statues des saints patrons de l'édifice précédent.

L'église Saint-Donatien-et-Saint-Rogatien.
L'église néo-romane Saint-Donatien-et-Saint-Rogatien

Ambleville, Mornay, Gommecourt — un même réseau seigneurial

La seigneurie d'Ambleville appartint à la famille des Essarts dès sa première mention au XIIIᵉ siècle, jusqu'à ce qu'elle passe par mariage en 1470 à la famille de Mornay — famille d'origine berrichonne qui constitua l'un des plus puissants réseaux seigneuriaux du Vexin français (La Chapelle-en-Vexin, Omerville, Buhy, Villarceaux à Chaussy, Boisemont, Le Mesnil…). Les Mornay conserveront Ambleville jusqu'en 1711. Or cette même famille de Mornay détenait également la seigneurie de Gommecourt jusqu'en 1615 — date à laquelle elle fut acquise par François de Silly, comte puis duc de La Roche-Guyon. Les deux territoires, distants d'une dizaine de kilomètres seulement à vol d'oiseau, ont ainsi partagé pendant plusieurs générations la même aristocratie seigneuriale ; on retrouve d'ailleurs les Mornay également au château de Lû à Bray-et-Lû.

La famille de Marolles succède aux Mornay de 1711 à 1737, puis la famille Labbé jusqu'en 1774, et Grégoire-Alexandre Dupuis de Gerville est le dernier propriétaire sous l'Ancien Régime, jusqu'en 1818. Le château est aujourd'hui restauré et habité par les Villefranche, descendants de la marquise de 1928.

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Blason de Amenucourt

Amenucourt

D'or à la fasce de gueules chargée d'un poisson d'or posé en bande et accompagnée de deux poissons d'azur posés en bande.

L'église Saint-Léger d'Amenucourt
L'église Saint-Léger, fondation du XIIe siècle, partiellement inscrite aux Monuments historiques en 1940. GFreihalter, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Carte de situation d'Amenucourt dans le département du Val-d'Oise
Situation d'Amenucourt dans le département du Val-d'Oise Wikimedia Commons (CC BY-SA)
Département
Val-d'Oise (95)
Communauté de communes
CC du Vexin-Val de Seine
Position
Petite commune du nord-ouest du Val-d'Oise, dans la vallée de l'Epte, en limite du département de l'Eure — à une vingtaine de kilomètres en amont de Gommecourt sur la même rivière, dont elle partage la position de frontière historique entre Vexin français et Vexin normand.

Carte d'identité

Petite commune de 870 hectares en bordure occidentale du Val-d'Oise, Amenucourt s'étend sur le rebord du plateau dominant la rive gauche de l'Epte. La rivière marque ici la frontière historique entre le Vexin français et le Vexin normand, frontière qui a structuré le territoire pendant tout le Moyen Âge — exactement la même limite qui, vingt kilomètres en aval, sépare encore aujourd'hui les Yvelines de l'Eure à la hauteur de Gommecourt. La commune appartient à la communauté de communes du Vexin-Val de Seine et au Parc naturel régional du Vexin français.

Un habitat dispersé en hameaux

L'habitat est inhabituellement dispersé pour le Vexin français : plutôt qu'un village groupé, le territoire d'Amenucourt aligne plusieurs hameaux et écarts le long du ru de Roconval — Le Mauvérand, Le Petit-Roconval, Le Mal-Gardé, Le Pont-aux-Vaches, Roconval (jadis dit « Grand-Roconval »), Beauregard — auxquels s'ajoutent les fermes du Chesnay (attestée en 1197) et du Val-Perron (attestée en 1711). L'ancien hameau de Frocourt, qui constitua brièvement une commune indépendante pendant la Révolution, n'a laissé que des ruines dans les bois. Cette dispersion, héritée d'une longue exploitation agricole et de carrière, fait que chaque hameau a sa propre micro-histoire.

L'église Saint-Léger

L'église paroissiale Saint-Léger (inscrite à l'Inventaire des Monuments Historiques pour deux colonnes à chapiteaux par arrêté du 12 janvier 1940) remonte au XIIᵉ siècle. Donnée en 1151 par Hugues II, archevêque de Rouen, à l'abbaye Saint-Martin de Pontoise, elle passe en 1175 par transaction de Guy de La Roche au prieuré de Sausseuse, dans l'actuel département de l'Eure — premier indice d'un lien féodal avec La Roche-Guyon attesté de longue date. Profondément remaniée au XVᵉ siècle, elle est encore aujourd'hui entourée de son cimetière.

Les hameaux : Roconval, Le Mauvérand, Beauregard, le Val-Perron et le Chesnay

Plusieurs hameaux d'Amenucourt méritent d'être singularisés tant ils condensent chacun une riche histoire territoriale.

Roconval — dit « Grand-Roconval » au XVIIIᵉ siècle pour le distinguer du Petit-Roconval voisin — était l'habitat le plus important de la commune sans en être pour autant le siège paroissial. La tradition y plaçait « un lieu ancien très important » : on y signalait « un grand nombre de tuiles, de briques, des sépultures en pierre et des tombeaux en plâtre des époques romaines et mérovingiennes ». En 1830, des travaux entrepris sur la route de Chaumont-en-Vexin à Vernon ont permis de mettre au jour, près de Roconval, de nombreux ossements, des fragments de céramique gallo-romaine et des monnaies aux effigies de Néron, Gordien, Postume et Claude II le Gothique — séquence chronologique attestant une occupation continue du Iᵉʳ au IIIᵉ siècle (Cassan 1835, Bourselet & Clérisse 1933, Toussaint 1951, Grelaud 1977, Ouzoulias 1988). Cette concentration archéologique faisait probablement de Roconval un point de fixation ancien dans la trame du territoire.

Le Mauvérand est un autre hameau du ru de Roconval, plus modeste mais qui doit à la littérature une singulière notoriété — Jean Martet et son illustrateur Valentin Le Campion l'ont notamment immortalisé en 1930-1941 sous l'orthographe « Maurevand » (voir la section dédiée ci-dessous).

Beauregard comprenait un manoir et une chapelle Saint-Sauveur aujourd'hui disparue. Le site a livré un fragment de céramique avec molette conservé au M.A.D.V.O. (Musée archéologique départemental du Val-d'Oise).

Le Val-Perron, attesté en 1711, est resté célèbre pour la nécropole mérovingienne qu'y fouillèrent en 1956 et 1957 J. Ferrand et J.-J. Lemesle : une quarantaine de sépultures orientées est-ouest, en pleine terre, en sarcophages monolithiques ou en entourages de pierre. Le 3 juin 1957, plus d'un millier de visiteurs sont venus découvrir le chantier. Le mobilier — quatorze vases funéraires, un petit scramasaxe, deux stèles gravées (l'une d'une croix grecque dans un cercle, l'autre d'une croix de Saint-André) et un faux tremissis fourré d'une mince pellicule d'or, probablement à caractère funéraire — est conservé pour partie au musée de Vernon. La présence d'une nécropole de cette importance, à un kilomètre des ruines de Saint-Leu/Frocourt, suggère une organisation chrétienne ancienne du territoire.

Le Chesnay, grande ferme attestée dès 1197 sous la forme Calnetus, est dotée d'un puits profond de 33 mètres encore en service en 1899 — fait remarquable dans une commune par ailleurs riche en sources. Près de cette ferme, des découvertes anciennes (céramique gallo-romaine, monnaies, tuiles à rebord) ont nourri la tradition d'une villa gallo-romaine nommée « Gamme » ou « Ganne » dont les vestiges seraient à rapprocher du lieu-dit La Marcagne (Mare-Cagne), au nord-ouest du Chesnay, où l'érudit local V. Le Ronne signalait, vers 1900, un ancien cimetière.

Le ru entre Roconval et Mauvérand, commune d'Amenucourt .
Le ru entre Roconval et Mauvérand, commune d'Amenucourt

Frocourt et le curé Roi : Amenucourt sous la Révolution

La commune participe activement à la période révolutionnaire — comme en témoigne la création éphémère, à Frocourt, d'une commune autonome dotée de sa propre chapelle Saint-Leu, aujourd'hui disparue, dont il ne subsiste que quelques ruines dans les bois.

Le curé d'Amenucourt, dit curé Roi, figure parmi les ecclésiastiques déportés le 6 nivôse an VII (26 décembre 1798) dans le cadre de la loi du 19 fructidor an V contre les prêtres réfractaires. Il partage ce sort avec plusieurs curés des communes voisines, dont ceux de Rolleboise, Vétheuil et Freneuse — témoignage de la persistance d'une résistance catholique dans la vallée bien après les grandes lois de 1790.

Amenucourt dans Azraël de Jean Martet (1930)

Les hameaux du Mauvérand et de Roconval doivent à la littérature une postérité que n'ont pas tous les lieux-dits de la commune. En 1930, l'écrivain Jean Martet (1886-1940), secrétaire particulier de Georges Clemenceau de 1915 à 1929, publie chez Albin Michel Azraël — roman dont le héros, Geoffroi, forgeron de Gommecourt, part une nuit de printemps de l'an 1096 pour rejoindre la croisade populaire de Pierre l'Ermite.

Dans le roman, Geoffroi dit être né au Mauvérand — orthographié « Maurevand » par Martet et repris sous cette forme sur les bois gravés de Valentin Le Campion (1903-1952) pour l'édition illustrée publiée à titre posthume chez Fayard en 1941. Sa mère y a été tuée lors d'un raid des « gens d'Écos » qui « avaient passé l'Epte, tuant, pillant, brûlant tout » — pillant aussi Roconval au passage. Le récit transpose librement la réalité historique des affrontements frontaliers de la vallée de l'Epte, où la rivière a longtemps séparé deux mondes féodaux.

La précision avec laquelle Martet désigne ces deux micro-toponymes — qu'on ne trouve que sur les cartes locales — rend très probable qu'il a personnellement parcouru ce secteur. Le passage du romancier dans la vallée de l'Epte s'explique vraisemblablement par les nombreuses visites de Clemenceau à son ami Claude Monet à Giverny tout proche, où Martet a sans doute accompagné son patron au moins une fois entre 1915 et 1926. Pour l'enquête littéraire complète sur ce roman et son ancrage territorial, voir notre article dédié Azraël de Jean Martet : quand la première croisade commence à Gommecourt.

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Blason de Les Andelys

Les Andelys

Parti, au premier d'argent à deux grappes de raisin de sable, dont une en pointe défaillante à senestre ; au deuxième d'azur à deux tours d'argent, dont une en pointe défaillante à dextre ; au chef de gueules, chargé de trois fleurs de lis d'or.

Château-Gaillard dominant la boucle de la Seine aux Andelys
Château-Gaillard, forteresse construite par Richard Cœur de Lion entre 1196 et 1198, vue depuis le méandre de la Seine. CC BY-SA, via Wikimedia Commons
Carte de situation des Andelys dans le département de l'Eure
Situation des Andelys dans le département de l'Eure Wikimedia Commons (CC BY-SA)
Département
Eure (27)
Communauté de communes
Seine Normandie Agglomération
Position
Sous-préfecture de l'Eure, vallée de la Seine, au cœur du Vexin normand, à environ 25 km en aval de Gommecourt — verrou stratégique de la basse Seine dominé par Château-Gaillard.

Carte d'identité

Sous-préfecture de l'Eure et l'une des principales villes du Vexin normand, Les Andelys comptent aujourd'hui environ 8 000 habitants. La commune occupe l'une des plus belles boucles de la Seine, encaissée entre des falaises de craie qui comptent parmi les plus hautes de la vallée et bordée par la rivière Gambon. Son nom au pluriel rappelle la fusion, en février 1790, de deux communes autrefois distinctes — le Grand-Andely, village d'origine gallo-romaine puis centre religieux médiéval, et le Petit-Andely, fondé à la fin du XIIᵉ siècle au pied du Château-Gaillard. La devise municipale, Fecit Utraque Unum (« les deux ne font qu'un »), illustre cette histoire. La commune est aujourd'hui rattachée à Seine Normandie Agglomération.

De l'Antiquité gallo-romaine à la fondation de la collégiale

Le toponyme est attesté dès 588 sous les formes Andelaum et Andelaium. L'occupation gallo-romaine du site est notamment connue par le théâtre de Noyers, sur le plateau, dont l'hémicycle atteignait 120 mètres de diamètre. La tradition fait remonter la fondation de la collégiale Notre-Dame à la reine Clotilde, épouse de Clovis, qui y aurait établi vers 511 la première abbaye de Normandie ; l'édifice actuel, classé monument historique en 1840, a été bâti entre les XIIIᵉ et XVIIᵉ siècles.

Château-Gaillard, verrou de la basse Seine

C'est néanmoins le Château-Gaillard qui fait la renommée internationale de la ville. Construit en moins de deux ans, entre 1196 et 1198, par Richard Cœur de Lion, roi d'Angleterre et duc de Normandie, sur un éperon rocheux dominant la Seine, il coûta 46 000 livres — soit cinq années de revenus du duché. Il devait verrouiller la vallée fluviale face aux ambitions de Philippe Auguste, dans le contexte de la lutte que se livraient depuis les années 1060 rois de France et rois d'Angleterre — la même lutte qui, vingt-cinq kilomètres en amont, dressait face à face les châteaux de l'Epte (Château-sur-Epte, Saint-Clair-sur-Epte) et qui justifiait, à l'embouchure de l'Epte, la construction du château de La Roche-Guyon. Après un siège conduit par Philippe Auguste, la forteresse tombe le 6 mars 1204, ouvrant la voie au rattachement de la Normandie au royaume de France. Le château est classé monument historique dès 1862.

Chateau-Gaillard - Vue aérienne.
« Que voilà un château gaillard * ! » aurait dit de lui Richard Cœur de Lion, qui l'a fait construire à la toute fin du XIIème siècle (1198). Dominant stratégiquement la Seine et la ville des Andelys, Château-Gaillard est un pur chef-d'oeuvre d'architecture militaire médiévale - Wikipédia.

Personnalités

Le territoire andelysien est aussi le berceau du peintre Nicolas Poussin (1594-1665), figure majeure du classicisme, auquel un musée municipal est consacré, et de l'humaniste Adrien Turnèbe (1512-1565), professeur de grec au Collège royal et figure des lettres de la Renaissance française.

Pour Gommecourt, une grande étape en aval

Pour Gommecourt, Les Andelys représentent la grande étape en aval sur la Seine, à environ 25 kilomètres : franchir l'Epte à Limetz, c'était entrer en Vexin normand et avancer vers ce verrou stratégique de la vallée fluviale.

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Blason de Arthies

Arthies

Parti : au I, d'or à l'arbre de sinople soutenu de deux épis de blé, tigés et feuillés du même, passés en sautoir ; au II, d'azur au parchemin d'argent chargé de l'inscription « Le testament de l'Inconnu d'ARTHIES » en lettres de sable ; au chef échiqueté d'or et de gueules de quatre tires et au chef de gueules ; au franc-canton d'azur chargé de trois fleurs de lis d'or mal ordonnées.

L'église Saint-Aignan d'Arthies
L'église Saint-Aignan, l'une des églises romanes les plus anciennes du Vexin français, inscrite aux Monuments historiques en 1926. CC BY-SA, via Wikimedia Commons
Carte de situation d'Arthies dans le département du Val-d'Oise
Situation d'Arthies dans le département du Val-d'Oise Wikimedia Commons (CC BY-SA)
Département
Val-d'Oise (95)
Communauté de communes
CC du Vexin-Val de Seine
Position
Petite commune du plateau du Vexin français, sur le versant nord d'un coteau dominant les anciennes terres de la forêt royale d'Arthies — bourg lié au réseau seigneurial Silly–La Roche-Guyon–Gommecourt à partir du XVᵉ siècle.

Carte d'identité

Petite commune de 7,4 km² située à environ 50 km au nord-ouest de Paris, Arthies (Arthégiens, Arthégiennes) compte aujourd'hui environ 265 habitants. Elle se déploie sur le versant nord d'un plateau du Vexin français, à 164 mètres d'altitude, en bordure de l'ancienne forêt royale d'Arthies qui s'étendait autrefois de La Roche-Guyon à Avernes et Jambville. Cette forêt, l'une des rares forêts royales de France à n'avoir pas été conservée, fut très largement essartée à la fin du Moyen Âge et n'apparaît plus aujourd'hui que comme un chapelet de bois sur les buttes du plateau. La commune appartient à la communauté de communes du Vexin-Val de Seine et au Parc naturel régional du Vexin français.

Le « Testament de l'inconnu d'Arthies »

Arthies est mentionnée pour la première fois vers 690, dans un document remarquable connu sous le nom de Testament de l'inconnu d'Arthies : un seigneur mérovingien y lègue à sa femme sa terre d'Artegia — la forme la plus ancienne attestée du toponyme, qui apparaîtra ensuite sous les formes Artegiae, Ardicia, Arteiae, Altia, Artie et Arthia. L'origine du nom reste discutée : on a proposé un rattachement au gaulois attegia (« cabane ») ou au bas latin articas (« terres défrichées »).

L'église Saint-Aignan

L'église Saint-Aignan, inscrite par arrêté du 4 juin 1926, est l'une des églises romanes les plus anciennes du Vexin français. Son clocher en bâtière de la seconde moitié du XIᵉ siècle, ajouré de baies géminées en plein cintre flanquées de colonnes monolithiques aux chapiteaux archaïques, est sans équivalent dans la région et dénote l'influence normande toute proche. Elle conserve les fonts baptismaux les plus anciens du Vexin. La chapelle sud, construite en 1604-1605, fut élevée pour la famille de Silly dont elle porte les armes et la devise Potius mori quam foedari (« plutôt la mort que la souillure ») — témoignage matériel direct de la présence de cette famille seigneuriale qui acquerra peu après Gommecourt.

Le château des Tournelles et le réseau Silly–La Roche-Guyon–Gommecourt

Le château des Tournelles (également inscrit MH), à la sortie du village vers Mantes, est un manoir seigneurial construit au XVᵉ siècle dont subsiste un pavillon des années 1430, flanqué d'une tourelle d'angle et entouré d'une enceinte du XVIᵉ siècle en damier de briques et de pierres. Un pigeonnier polygonal échiqueté de brique et de pierre s'élève à proximité de l'entrée.

La seigneurie appartint à la famille de Théméricourt dès le milieu du XIVᵉ siècle, puis fut vendue à la fin du XVᵉ siècle aux Silly, seigneurs de La Roche-Guyon, qui la conservèrent jusqu'à la Révolution. Cette même famille de Silly acquit en 1615 la seigneurie de Gommecourt aux Mornay : Arthies, La Roche-Guyon et Gommecourt se trouvèrent ainsi réunies sous une même main seigneuriale au XVIIᵉ siècle. Une curieuse coutume féodale obligeait les jeunes filles d'Arthies à offrir à la châtelaine un œillet blanc le jour de Pâques.

Le Chateau des Tournelles - Arthies.
Le Chateau des Tournelles - Arthies - Wikipédia.

Léon Plancouard, archéologue du Vexin

L'archéologue et historien du Vexin Léon Plancouard (1871-1953), auteur de nombreux travaux sur le Vexin français parus dans les Mémoires de la Société historique et archéologique de Pontoise — dont une étude de référence sur la forêt royale d'Arthies (1896) et un travail sur la maladrerie Saint-Thomas-en-Artie —, est enterré au cimetière du village. Sur sa tombe est gravée cette inscription qui reflète son humour discret : « Léon s'en alla comme il était venu, sans espoir de connaître et sans être connu. »

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Blason de Bennecourt

Bennecourt

D'azur à la grappe de raisin tigée et feuillée d'or, accostée de deux épis de blé du même, au chef cousu de gueules chargé de trois étoiles d'or.

Au bord de l'eau, Bennecourt — Claude Monet, 1868
*Au bord de l'eau, Bennecourt*, Claude Monet, 1868 — toile peinte à Gloton, hameau de Bennecourt fréquenté par les peintres et écrivains du XIXᵉ siècle. CC BY-SA, via Wikimedia Commons
Carte de situation de Bennecourt dans le département des Yvelines
Situation de Bennecourt dans le département des Yvelines Wikimedia Commons (CC BY-SA)
Département
Yvelines (78)
Communauté de communes
CC Les Portes de l'Île-de-France
Position
Rive droite de la Seine, voisine immédiate de Clachaloze à environ 3 km en aval sur la même rive — site archéologique majeur du Vexin yvelinois, et haut lieu littéraire et pictural du XIXᵉ siècle.

Carte d'identité

Voisine immédiate de Clachaloze en aval sur la Seine, Bennecourt (~1 750 habitants, Bennecourtois) occupe la rive droite du fleuve, dans la concavité d'un méandre. Le territoire communal prolonge directement la presqu'île de Clachaloze : la falaise de craie qui domine la Seine est continue depuis La Roche-Guyon jusqu'à Bennecourt, où elle s'abaisse progressivement vers le sud. Outre le bourg, la commune comprend deux hameaux historiques, Gloton et Tripleval. En face, sur la rive gauche, lui répond Bonnières-sur-Seine, à laquelle elle est reliée par un pont. Bennecourt appartient à la communauté de communes Les Portes de l'Île-de-France et au canton de Bonnières-sur-Seine.

Le sanctuaire de la Butte du Moulin à Vent

Le territoire communal abrite l'un des sites archéologiques majeurs du Vexin yvelinois : le sanctuaire rural de la Butte du Moulin à Vent, occupé du IIᵉ siècle av. J.-C. au IVᵉ siècle de notre ère. Fouillé entre 1982 et 1988 sous la direction de Luc Bourgeois et publié en 1999 dans le tome 77 des Documents d'archéologie française, le site présente une évolution remarquable : un enclos gaulois autour d'un petit bâtiment sur poteaux laisse place, à l'époque gallo-romaine, à un vaste péribole entourant trois temples en pierre. Près de 25 000 objets ou fragments y ont été étudiés, ce qui en fait un site de référence pour le nord de la Gaule. Une page dédiée du site lui est consacrée — sanctuaire qui répond, sur la rive opposée, à celui des Guinets à Bonnières, formant ensemble un dispositif de sanctuaires de frontière au confluent de plusieurs cités gauloises.

Gloton, Zola et les peintres impressionnistes

Bennecourt est aussi un haut lieu de la peinture et de la littérature du XIXᵉ siècle. Émile Zola habita au hameau de Gloton de 1866 à 1871 ; le village, ses habitants et la région tiennent une place importante dans son œuvre — une partie de L'Œuvre (1886) s'y déroule, et le héros de Thérèse Raquin est fils d'un cultivateur de Jeufosse, à proximité. Charles-François Daubigny, peintre paysagiste de l'école de Barbizon, Paul Cézanne (qui y prit pension en 1866) et Claude Monet (qui y séjourna en 1868 et y peignit Au bord de l'eau, Bennecourt) fréquentèrent également Bennecourt. Cet attrait artistique anticipe de quelques années celui de Giverny tout proche, où Monet s'établira définitivement à partir de 1883.

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Blason de Bonnières-sur-Seine

Bonnières-sur-Seine

D'azur à la fasce d'or, chargée de trois quintefeuilles de gueules, accompagnée de trois croisettes d'or.

Arcades devant l'église de Bonnières-sur-Seine
Arcades devant l'église paroissiale de Bonnières-sur-Seine, édifice du XVIIIᵉ siècle. CC BY-SA, via Wikimedia Commons
Carte de situation de Bonnières-sur-Seine dans le département des Yvelines
Situation de Bonnières-sur-Seine dans le département des Yvelines Wikimedia Commons (CC BY-SA)
Département
Yvelines (78)
Communauté de communes
CC Les Portes de l'Île-de-France (siège)
Position
Rive gauche de la Seine, dans la concavité d'un méandre, à hauteur de Bennecourt sur la rive opposée — chef-lieu de canton et siège de la communauté de communes dont fait partie Gommecourt.

Carte d'identité

Petite ville d'environ 5 060 habitants (Bonniérois), Bonnières-sur-Seine est aujourd'hui le centre administratif du secteur : chef-lieu de canton et siège de la communauté de communes Les Portes de l'Île-de-France, qui réunit dix-huit communes des confins occidentaux des Yvelines — dont Gommecourt. Située à 11 km en aval de Vernon et 15 km en amont de Mantes-la-Jolie, à 66 km en aval de Paris, elle occupe la rive gauche de la Seine, à hauteur de Bennecourt qui lui fait face sur la rive droite, dans la concavité d'un méandre du fleuve.

Un abri magdalénien et une sépulture néolithique

Le territoire bonniérois témoigne d'une occupation très ancienne. Le site le plus emblématique est l'abri-sous-roche magdalénien fouillé une première fois en 1910 puis intégralement repris en 1991, qui a livré une occupation de la fin du Paléolithique supérieur — un Magdalénien final aux affinités nordiques (étude publiée par B. Barois-Basquin, M.-A. Charier et F. Lécolle dans le Bulletin de la Société préhistorique française en 1996). Une sépulture néolithique classée monument historique en novembre 1951 atteste également la présence humaine au Néolithique.

Le double pôle gallo-romain : sanctuaire des Guinets et franchissement de Seine

À l'époque antique, le territoire communal s'organise en deux pôles géographiquement distincts.

Sur le plateau, traversée par la voie romaine Paris-Rouen, se développe une vaste agglomération secondaire gallo-romaine au lieu-dit des Guinets, occupée du Iᵉʳ siècle av. J.-C. au Vᵉ siècle de notre ère. La photographie aérienne et les nombreuses prospections y ont révélé un fanum avec péribole probablement précédé d'un sanctuaire gaulois dont subsiste un fossé d'enclos ovale. Comme l'a souligné la Carte archéologique de la Gaule (Yvan Barat, 2007), la position de ce sanctuaire, face à celui de Bennecourt sur la rive droite, permet d'y voir un sanctuaire de frontière de la civitas des Carnutes, répondant au sanctuaire des Véliocasses ou des Éburoviques de l'autre rive : deux temples qui se faisaient face de part et d'autre du fleuve, marquant peut-être les limites entre cités gauloises. Près du fanum, des vestiges d'ateliers de verriers et de balnéaires ont également été reconnus. Une page dédiée du site est consacrée à ce sanctuaire des Guinets, à compléter avec l'article de synthèse Trois peuples gaulois au confluent.

Le second pôle antique, en contrebas, est lié à un point de franchissement de la Seine. C'est lui qui prend son essor à l'époque mérovingienne pour aboutir au village actuel. Sous le centre-ville se déploie une importante nécropole mérovingienne révélée par de multiples découvertes depuis le XIXᵉ siècle : sarcophages en plâtre, panneaux décorés, plaques boucles à bossettes datables des VIᵉ-VIIIᵉ siècles. Le dragage d'un canal de la Seine en 1897 a livré quatre pointes de lance, deux épées et un scramasaxe, aujourd'hui conservés au musée de Mantes-la-Jolie. L'ancienne église Saint-Leuffroy, aujourd'hui disparue, marquait probablement le centre de cet établissement du haut Moyen Âge ; l'église paroissiale actuelle, plus modeste, date du XVIIIᵉ siècle.

Une continuité de carrefour

Aujourd'hui ville industrielle dotée d'un port fluvial et d'une aciérie, Bonnières conserve son rôle traditionnel de carrefour et de point de franchissement de la Seine — un rôle que le site occupait déjà à l'époque gauloise.

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Blason de Bray-et-Lû

Bray-et-Lû

Parti : au premier de gueules aux deux léopards d'or armés et lampassés d'azur passant l'un sur l'autre, au second de sable à la roue de moulin aussi d'or surmontée de la lettre Z capitale d'argent ; à la vergette ondée du même brochant sur la partition.

L'église Notre-Dame de Bray-et-Lû
L'église Notre-Dame, reconstruite en pierre de taille entre 1877 et 1881 par l'architecte diocésain Blondel. CC BY-SA, via Wikimedia Commons
Carte de situation de Bray-et-Lû dans le département du Val-d'Oise
Situation de Bray-et-Lû dans le département du Val-d'Oise Wikimedia Commons (CC BY-SA)
Département
Val-d'Oise (95)
Communauté de communes
CC du Vexin-Val de Seine
Position
Versant est de la vallée de l'Epte, face au Vexin normand sur l'autre rive — bourg lié à Gommecourt par le réseau seigneurial des Mornay et par la continuité industrielle des laminoirs de zinc.

Carte d'identité

Commune rurale du Val-d'Oise (~960 habitants, Braylusiens), Bray-et-Lû s'étend au creux de la vallée de l'Epte et sur son coteau oriental, à l'altitude moyenne de 28 mètres mais montant jusqu'à 120 mètres sur le plateau. Le territoire est traversé par l'Aubette de Magny qui se jette dans l'Epte à l'entrée du village, ainsi que par le ru de Chaussy. La rivière marque ici la frontière historique entre le Vexin français et le Vexin normand : la commune fait face, sur l'autre rive, à l'actuel département de l'Eure et à la commune de Bus-Saint-Rémy. La commune appartient à la communauté de communes du Vexin-Val de Seine.

Toponymie : la vallée et le bois sacré

Le toponyme est doublement évocateur du paysage. Bray, du pré-gaulois bracu « vallée, marais », évoque les zones humides et inondables des fonds de l'Epte. , du latin lucus « bois sacré », ne fut accolé au nom qu'en 1790, par complaisance du curé envers le seigneur de Lû, dont le château se trouvait à l'écart du village. Le territoire historique se composait en réalité de plusieurs hameaux et écarts : lui-même (où se trouvait l'église primitive, transférée à Bray en 1588 à cause des inondations répétées), Pont-Ru sur l'Aubette (avec son moulin, plus tard scierie), et Saint-Louis sur le ru de Chaussy, où fut établie en 1823 une filature de coton.

Trois forteresses des marais de l'Epte

Trois forteresses féodales se dressaient autrefois dans les marais de l'Epte : celle de (transformée plus tard en habitation), celle de Bray (à la pointe d'une île), et celle de Baudemont au sommet d'un rocher, sur la rive opposée — aujourd'hui sur le territoire de Bus-Saint-Rémy. Léon Plancouard suggéra que la motte de Bray pourrait avoir été la place forte qui fut, avec celle de Gisors, l'enjeu de l'entrevue des Planches-de-Neaufles en 1110-1111, dans le cadre des négociations entre rois de France et d'Angleterre sur la frontière de l'Epte. En 1066, Guillaume de Bray accompagne Guillaume le Conquérant dans la conquête de l'Angleterre, aux côtés des seigneurs d'Aincourt et de Saint-Clair. En 1309, on dénombre encore à Bray trois ponts permettant de franchir les multiples bras de l'Epte.

Le château de Lû, les Mornay et Gommecourt

Le château de Lû, aujourd'hui converti en ferme, appartint successivement à la famille d'Achy puis à la famille de Mornay, qui le conservèrent jusqu'à la Révolution. Cette même famille de Mornay possédait également Ambleville et avait surtout la seigneurie de Gommecourt jusqu'en 1615 — ce qui réinscrit Bray-et-Lû dans le réseau seigneurial vexinois lié à Gommecourt. L'ancienne demeure seigneuriale de Bray, démolie au XIXᵉ siècle, servit de refuge aux religieuses de Villarceaux pendant la Révolution ; la dernière prieure, Charlotte-Henriette de Mars, est enterrée dans le cimetière du village (†7 mars 1816).

Le Chateau de Bray-et-Lû.
Le Chateau de Bray-et-Lû - Wikipédia.

Une continuité industrielle de deux siècles : les moulins, le zinc et VMZINC

L'élément le plus singulier du patrimoine local est sans doute l'extraordinaire continuité industrielle des moulins de Bray sur l'Epte, qui existaient « de temps immémorial » et appartinrent pendant des siècles aux barons de la voisine seigneurie de Baudemont. En 1773, ils furent vendus aux frères Ouy, famille de meuniers qui les conservèrent durant trois générations. Le 8 janvier 1835, Jean-Baptiste Ouy fils, négociant en farines, les céda pour 60 000 francs à un industriel parisien nommé Armand Adeline, spécialisé dans le laminage du zinc. L'idée de transformer des moulins à blé en laminoirs hydrauliques était encore très novatrice à cette date. C'est à partir de cette reconversion que naquit l'usine de la « Vieille-Montagne » (rachetée en 1837 par la société belge du même nom), à cheval sur les territoires de Bray-et-Lû et de Bus-Saint-Rémy.

L'activité du laminoir a été arrêtée en 1982, mais le site, devenu VMZINC en 1994 puis cédé par Umicore au groupe belge Fedrus International en 2017, fonctionne toujours dans la confection de produits façonnés en zinc (tuyaux, gouttières, accessoires d'ornement) — il transforme encore aujourd'hui environ 24 000 tonnes de zinc par an et représente l'un des rares témoins vivants d'une continuité industrielle de près de deux siècles dans la vallée, héritière directe de moulins fondés au Moyen Âge.

L'expérience eut une postérité locale : quelques kilomètres en aval, à Gommecourt, un laminoir à zinc fut établi en 1876 sur un bras de l'Epte, voisinant avec la minoterie modernisée de Pierre Malgrain. Cette reprise ne dépendait pas de la Vieille-Montagne — qui ne possédait alors en France que les sites de Bray et de Viviez (Aveyron) — mais témoigne de la diffusion, dans la vallée, du modèle technique inauguré à Bray en 1835.

L'église Notre-Dame et le patrimoine archéologique

L'église paroissiale Notre-Dame, en pierre de taille des carrières de Saint-Gervais, fut reconstruite entre 1877 et 1881 sur les plans de l'architecte diocésain Blondel, à l'emplacement d'un édifice plus ancien remontant au XIIᵉ siècle, qui menaçait ruine. Sur le plan archéologique, le territoire communal a livré plusieurs sites gallo-romains, notamment au lieu-dit La Pierre-Fiche, prospecté régulièrement depuis 1968 (mobilier du Iᵉʳ au Vᵉ siècle, monnaie d'un fils de Constantin de 320-324).

Personnalités modernes

Plus près de nous, le poète Paul Éluard et le peintre abstrait Pierre Tal Coat y séjournèrent régulièrement. Bray-et-Lû est aujourd'hui un point de passage de l'Avenue Verte London-Paris et de la voie verte de la vallée de l'Epte qui relie Gasny à Gisors.

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Blason de Bus-Saint-Rémy

Bus-Saint-Rémy commune déléguée

D'azur à la croix d'or cantonnée de quatre besants du même.

Portail de l'ancienne abbaye Notre-Dame-du-Trésor à Bus-Saint-Rémy
L'ancienne abbaye Notre-Dame-du-Trésor, fondée vers 1220, dernière implantation cistercienne en Normandie — portail monumental élevé en 1735. CC BY-SA, via Wikimedia Commons
Carte de situation de Bus-Saint-Rémy dans le département de l'Eure
Situation de Bus-Saint-Rémy dans le département de l'Eure Wikimedia Commons (CC BY-SA)
Département
Eure (27)
Communauté de communes
Commune nouvelle de Vexin-sur-Epte
Position
Rive droite de l'Epte, en Vexin normand, face à Bray-et-Lû sur l'autre rive — ancienne commune intégrée en 2016 à la commune nouvelle de Vexin-sur-Epte, célèbre pour son abbaye cistercienne Notre-Dame-du-Trésor.

Carte d'identité

Située dans l'Eure sur la rive droite de l'Epte, face à Bray-et-Lû dont elle est séparée par la rivière, Bus-Saint-Rémy est une ancienne commune devenue, depuis le 1ᵉʳ janvier 2016, commune déléguée au sein de la commune nouvelle de Vexin-sur-Epte, qui réunit quatorze anciennes communes du nord-ouest de l'Eure. Avec environ 334 habitants (Bussiens, Bussiennes) et 7,8 km², elle se compose du village de Bus et de quatre hameaux : Saint-Rémy, Baudemont, La Villeneuve et La Grenouillière. Le hameau de Baudemont, jadis commune indépendante, fut absorbé en 1842.

Le château de Baudemont et la frontière de 911

Le toponyme est attesté pour la première fois sous la forme Busco en 1195, dans une charte de Richard Cœur de Lion — le même qui faisait alors construire Château-Gaillard à quelques dizaines de kilomètres en aval, aux Andelys. La frontière médiévale de l'Epte, ici matérialisée par la rivière elle-même, structurait tout le paysage politique. Cette frontière a son origine la plus célèbre dans le traité de Saint-Clair-sur-Epte de 911, conclu entre le roi de France Charles III le Simple et le chef viking Rollon, par lequel le futur duché de Normandie reçut ses contours initiaux.

Selon l'érudit local Charpillon, le château fort de Baudemont serait une « émanation directe » de ce traité, censé matérialiser la frontière du roi de France : il en subsiste les restes d'un donjon dressé sur une motte artificielle et les ruines d'un mur d'enceinte flanqué de tours rondes, vestiges d'une reconstruction du XIIᵉ siècle. Le château de Baudemont est l'un des trois maillons de la même chaîne de forteresses des marais de l'Epte, avec ceux de et de Bray (sur l'autre rive).

L'abbaye royale Notre-Dame-du-Trésor

La grande gloire patrimoniale de Bus-Saint-Rémy est l'ancienne abbaye royale Notre-Dame-du-Trésor, fondée vers 1220-1225 par Raoul de Bus dans la filiation de Clairvaux. Cette abbaye cistercienne de femmes, l'une des dernières implantations cisterciennes de Normandie, fit l'objet d'une riche dotation de la part de Blanche de Castille et de son fils le roi Saint Louis, qui y séjournèrent plusieurs fois. L'église abbatiale fut consacrée en 1232 par Maurice, archevêque de Rouen, et l'ensemble de l'édifice semble avoir été achevé avant 1250.

L'abbaye prospère jusqu'au XVIIIᵉ siècle — comme en témoignent la reconstruction du logis de l'abbesse au XVIIᵉ siècle et l'élévation du portail d'entrée monumental en 1735 — avant d'être supprimée à la Révolution. Inscrite à l'Inventaire des Monuments Historiques en 1989 puis classée en 1992, elle conserve aujourd'hui des éléments remarquables des XIIIᵉ, XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles.

Le manoir du Bus et l'archéologie

Le manoir du Bus, dit manoir de la Dame Blanche, des XVIᵉ et XVIIᵉ siècles, classé MH le 2 mars 1933, complète ce patrimoine seigneurial : la tradition locale en attribue les séjours à Blanche de Castille, mais le manoir est postérieur à la mort de la reine — la « Dame Blanche » du surnom est sans doute autre.

L'archéologie révèle une occupation très ancienne du territoire. Au lieu-dit La Mare des Champs, la prospection aérienne a mis en évidence en 2011 un sanctuaire gallo-romain comprenant un fanum et probablement un second temple. Au triège de la Ville-du-Coq-Sauvage, près du Cimetière-aux-Anglais, un site gallo-romain à tegulae a livré céramique sigillée et restes de cendres. Dans les fondations de la nouvelle église en 1868, on a mis au jour une dizaine de sarcophages mérovingiens contenant un mobilier funéraire remarquable : francisques, scramasaxes, lances en fer, fibule de bronze à décor de palmettes et de têtes de serpent, et une plaque d'or décorée de grenats.

Le Manoir de Bus.
Le Manoir de Bus - Wikipédia.

Une continuité industrielle partagée avec Bray-et-Lû

Aujourd'hui, le territoire de Bus-Saint-Rémy abrite, à cheval avec Bray-et-Lû, l'usine VMZINC issue de la Vieille-Montagne, témoin vivant d'une activité métallurgique presque deux fois centenaire dans la vallée — héritière directe des moulins médiévaux de l'Epte.

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