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Le catholicisme à Gommecourt

Église, paroisse et vie religieuse du Moyen Âge à l’époque contemporaine

De la paroisse médiévale aux transformations de la Révolution, l’histoire du catholicisme à Gommecourt éclaire la vie sociale, institutionnelle et patrimoniale du village.

Patrimoine religieux catholique à Gommecourt : église Saint-Crépin-et-Saint-Crépinien et chapelle de Clachaloze (XIIe-XXe siècle)

Introduction

Le patrimoine religieux catholique de Gommecourt se compose de deux édifices cultuels d'importance inégale : l'église paroissiale Saint-Crépin-et-Saint-Crépinien, toujours en activité au centre du village, et la chapelle de Clachaloze, disparue au début du XIXe siècle dont ne subsistent que quelques vestiges. Ces deux édifices témoignent de près de huit siècles de présence catholique dans cette commune rurale de la vallée de la Seine.

L'église paroissiale présente un intérêt architectural certain, avec des éléments romans du XIIe siècle et des ajouts successifs jusqu'au XVIIIe siècle. Elle conserve un mobilier liturgique classé au titre des monuments historiques et demeure le lieu de culte actif de la communauté catholique locale. La chapelle de Clachaloze, fondée probablement dès le XIIe siècle, a connu une destinée différente : vendue comme bien national à la Révolution, transformée en habitation au milieu du XIXe siècle, elle a entièrement disparu, laissant seulement quelques traces architecturales dans le bâti actuel du hameau.

À ces deux édifices s'ajoute un petit patrimoine religieux rural composé d'un calvaire, caractéristique de la piété catholique populaire des campagnes françaises. Ce patrimoine matériel s'inscrit dans l'histoire longue du catholicisme rural en Île-de-France, marquée par la permanence de la pratique religieuse sous l'Ancien Régime, les bouleversements révolutionnaires, puis le renouveau catholique du XIXe siècle.

Cet article propose une analyse historique et patrimoniale de ces édifices religieux, fondée sur l'exploitation des monographies communales rédigées à la fin du XIXe siècle, complétée par les travaux historiques sur le catholicisme rural français. Il vise à documenter un patrimoine encore mal connu et à établir le contexte nécessaire à sa compréhension.

Carte du patrimoine religieux de Gommecourt

I. Le catholicisme rural en Île-de-France : permanences et transformations (XIIe-XXe siècle)

1.1. Catholicisme et société rurale sous l'Ancien Régime

Sous l'Ancien Régime, la France est un pays majoritairement rural et profondément catholique. À la veille de la Révolution, environ 80 % de la population vit à la campagne, et le catholicisme structure l'ensemble de la vie sociale, économique et politique. L'Île-de-France, région densément peuplée et géographiquement proche du pouvoir royal, présente un taux de pratique catholique élevé, bien que variable selon les zones.

L'organisation territoriale du catholicisme repose sur la paroisse, cellule de base de l'encadrement religieux des populations. Chaque paroisse dispose d'une église, d'un curé et éventuellement d'un ou plusieurs vicaires selon l'importance démographique. Le curé est à la fois responsable de l'administration des sacrements, de l'instruction religieuse et de la tenue des registres d'état civil (baptêmes, mariages, sépultures), qui constituent avant 1792 la seule source officielle de documentation des naissances, unions et décès.

L-Eglise-De-Gommecourt-Delpy

L'Eglise de Gommecourt - Jacques Henri Delpy (1877-1957) - début XXe s


La pratique religieuse sous l'Ancien Régime se caractérise par une forte ritualisation. Les messes dominicales, les processions, les fêtes patronales et les rogations (processions des champs destinées à bénir les récoltes) rythment l'année liturgique et agricole. Le catholicisme populaire mêle orthodoxie doctrinale et pratiques héritées de traditions préchrétiennes : culte des saints locaux, pèlerinages aux fontaines miraculeuses, bénédictions des animaux et des récoltes.

Cette prédominance catholique ne doit cependant pas occulter la présence, certes minoritaire mais réelle, de communautés protestantes dans certaines localités d'Île-de-France. Dans le Vexin notamment, où plusieurs seigneuries appartiennent à des familles de la haute noblesse protestante comme les La Rochefoucauld, une cohabitation confessionnelle s'établit durablement malgré les persécutions suivant la révocation de l'édit de Nantes (1685). À Gommecourt même, la présence d'une communauté réformée et l'existence d'un temple protestant au XIXe siècle témoignent de cette pluralité religieuse, même dans un contexte où le catholicisme demeure la religion officielle et majoritaire.

Le clergé rural de l'Ancien Régime présente une grande hétérogénéité sociale. Si certains curés de campagne vivent dans des conditions matérielles modestes, proches de celles de leurs paroissiens, d'autres bénéficient de revenus importants liés aux bénéfices ecclésiastiques. La dîme, impôt prélevé sur les récoltes au profit du clergé, représente une charge économique significative pour les paysans, même si son taux effectif varie considérablement selon les régions et les périodes.

1.2. La Révolution et la réorganisation concordataire (1789-1815)

La Révolution française bouleverse profondément l'organisation du catholicisme français. La Constitution civile du clergé, votée le 12 juillet 1790, transforme les ecclésiastiques en fonctionnaires de l'État et impose un serment de fidélité à la Constitution. Cette mesure divise le clergé entre "jureurs" (ou "constitutionnels") et "réfractaires" (ou "insermentés"), créant un schisme au sein de l'Église catholique française.

Les prêtres réfractaires, qui refusent le serment, sont considérés comme suspects par les autorités révolutionnaires et subissent des persécutions variables selon les périodes et les régions. Beaucoup choisissent l'exil, notamment en Angleterre et dans les États allemands. Les prêtres constitutionnels, en revanche, continuent d'exercer leur ministère sous le contrôle de l'État, mais leur légitimité est contestée par une partie des fidèles et par la hiérarchie ecclésiastique romaine, le pape Pie VI ayant condamné la Constitution civile en avril 1791.

La période de la Terreur (1793-1794) marque l'apogée de la politique de déchristianisation. De nombreuses églises sont fermées, transformées en temples de la Raison ou en magasins à fourrage. Les objets du culte sont confisqués, les cloches fondues pour fabriquer des canons. Les prêtres, tant constitutionnels que réfractaires, sont contraints à l'abdication ou à la clandestinité. Cette période traumatique laisse des traces durables dans la mémoire collective catholique.

Le Concordat signé entre Napoléon Bonaparte et le pape Pie VII le 15 juillet 1801 (26 messidor an IX) rétablit la paix religieuse et réorganise l'Église catholique française. Le catholicisme est reconnu comme "la religion de la grande majorité des Français", formule qui évite de lui donner un statut de religion d'État tout en reconnaissant son importance sociologique. Les évêques sont nommés par le Premier Consul puis confirmés par le pape. Le traitement des évêques et des curés est pris en charge par l'État.

Les Articles organiques, publiés unilatéralement par Napoléon le 8 avril 1802 (18 germinal an X), complètent le Concordat en précisant les modalités d'organisation du culte. Ils établissent un contrôle étroit de l'État sur l'Église : nécessité d'une autorisation gouvernementale pour la publication des actes pontificaux, interdiction des conciles sans autorisation, serment de fidélité obligatoire pour les ecclésiastiques. Ces dispositions traduisent la conception gallicane de Napoléon, qui entend subordonner l'Église à l'autorité politique.

1.3. Le XIXe siècle : renouveau catholique et tensions avec la modernité

Le XIXe siècle est marqué en France par un renouveau catholique important, particulièrement visible après 1815. La Restauration (1815-1830) favorise le retour de l'Église dans la vie publique. Des missions paroissiales, organisées par des congrégations religieuses reconstituées (jésuites, lazaristes, rédemptoristes), parcourent les campagnes pour "rechristianiser" les populations marquées par vingt-cinq ans de bouleversements révolutionnaires.

Ce renouveau se traduit notamment par un important programme de construction et de rénovation d'églises. Entre 1802 et 1905, plus de la moitié des églises paroissiales françaises sont reconstruites ou profondément restaurées. Cette activité architecturale témoigne à la fois de la nécessité de réparer les dégradations révolutionnaires et de la volonté d'affirmer la présence catholique dans un contexte de mutations sociales et politiques. L'architecture néo-gothique, qui idéalise le Moyen Âge chrétien, devient le style privilégié de ces reconstructions.

Le catholicisme rural du XIXe siècle se caractérise également par le développement d'une piété démonstrative. Les processions, interdites pendant la Révolution, reprennent avec éclat. La Fête-Dieu, qui célèbre l'Eucharistie, donne lieu à des cérémonies particulièrement solennelles où le Saint-Sacrement est porté en procession à travers le village. Les pèlerinages connaissent un essor considérable, notamment après les apparitions mariales de La Salette (1846) et de Lourdes (1858).

Cette vitalité catholique coexiste néanmoins avec des tensions croissantes entre l'Église et la société moderne. Le développement du rationalisme scientifique, la diffusion des idées républicaines et la montée de l'anticléricalisme remettent en cause la position dominante du catholicisme. Les lois scolaires des années 1880, qui établissent l'école publique laïque, obligatoire et gratuite, sont vécues par l'Église comme une offensive contre son influence traditionnelle sur l'éducation.

Dans les campagnes cependant, la pratique religieuse demeure généralement élevée jusqu'au début du XXe siècle. La messe dominicale, les grandes fêtes liturgiques (Noël, Pâques, Assomption) et les rites de passage (baptême, première communion, mariage, enterrement) continuent de structurer la vie sociale villageoise. Le curé conserve un rôle central dans la communauté, même si son autorité morale est progressivement contestée dans certaines régions par les instituteurs laïcs.

1.4. La Séparation et le XXe siècle

La loi de séparation des Églises et de l'État, promulguée le 9 décembre 1905, met fin au Concordat de 1801 et transforme radicalement le statut du catholicisme en France. La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. Les édifices religieux propriété de l'État, des départements ou des communes (c'est-à-dire les églises construites avant 1905) sont mis à disposition des associations cultuelles gratuitement, mais leur entretien incombe désormais aux collectivités publiques pour le gros œuvre et aux associations pour le reste.

Cette loi provoque initialement une forte opposition de la hiérarchie catholique. Le pape Pie X condamne la Séparation dans l'encyclique Vehementer nos (1906), considérant qu'elle porte atteinte aux droits de l'Église. Des incidents émaillent les inventaires des biens d'églises organisés par l'administration en 1906. Progressivement cependant, le catholicisme français s'adapte au nouveau cadre juridique et trouve dans l'indépendance financière une forme de liberté nouvelle.

Le XXe siècle est marqué par une sécularisation progressive de la société française, phénomène qui touche particulièrement les campagnes à partir des années 1950-1960. L'exode rural, l'élévation du niveau d'instruction, la diffusion des médias de masse et la transformation des modes de vie contribuent au déclin de la pratique religieuse. De nombreuses églises rurales, autrefois pleines chaque dimanche, ne rassemblent plus qu'une minorité de fidèles, souvent âgés.

Cette évolution sociologique pose la question de l'entretien et de la préservation du patrimoine religieux rural. De nombreuses petites églises, devenues trop grandes pour les communautés résiduelles qui les fréquentent, nécessitent des travaux de restauration coûteux que les communes rurales peinent à financer. Le patrimoine religieux, longtemps évident et fonctionnel, devient un objet patrimonial nécessitant des politiques de conservation spécifiques.

II. L'église Saint-Crépin-et-Saint-Crépinien : architecture et histoire

L’église de Gommecourt conserve encore aujourd’hui les traces visibles de ses différentes phases de construction, du Moyen Âge à l’époque moderne. Son organisation intérieure, centrée autour du chœur, reflète à la fois les choix architecturaux anciens et les enrichissements ultérieurs.

Elle est composée d’un proche et d’une courte nef, suivis d’un transept dont la croisée est surmontée d’un clocher charpenté. Les deux croisillons de transept, avec leurs chapelles orientées, forment chacun un volume de deux travées presque identiques. S’y ajoutent le choeur d’une travée et d’une abside polygonale à cinq pans, ainsi qu’une sacristie au sud du choeur.

Eglise-Gommecourt-interieur

Le chœur de l’église de Gommecourt, situé dans l’abside.
La structure du chœur remonte en grande partie au XIIᵉ siècle, tandis que la voûte peinte, les vitraux et le décor témoignent de remaniements et d’enrichissements postérieurs, notamment aux XVe et XVIᵉ siècles.



Le chœur, situé dans l’abside, constitue la partie la plus ancienne et la plus symbolique de l’édifice. C’est autour de cet espace liturgique que s’articule l’ensemble de l’église, tant sur le plan architectural que religieux.

L’ensemble du transept et du choeur est inscrit à l’Inventaire des Monuments Historiques depuis le 17 février 1950.

2.1. Vocable et saints patrons

L'église paroissiale de Gommecourt est placée sous le vocable de saint Crépin et saint Crépinien, deux frères martyrs du IIIe siècle dont le culte s'est largement diffusé en France, particulièrement dans le nord du pays. Selon la tradition hagiographique, Crépin et Crépinien étaient des chrétiens d'origine romaine qui s'installèrent à Soissons vers 245 pour y exercer le métier de cordonnier tout en évangélisant la population.

Le supplice de St Crepin et St Crepinien
Le supplice de St Crepin et St Crepinien

Leur atelier devint rapidement un lieu de prédication : ils chaussaient gratuitement les pauvres et fournissaient un travail de qualité aux clients aisés, utilisant ces contacts pour diffuser le message chrétien. Dénoncés comme chrétiens vers 285 ou 286, ils furent conduits devant l'empereur Maximien, alors en campagne dans le nord de la Gaule. Sommés d'abjurer leur foi, ils refusèrent et subirent divers supplices avant d'être finalement décapités le 25 octobre, jour où l'Église catholique célèbre leur fête.
Le culte de saint Crépin et saint Crépinien connut une diffusion importante au Moyen Âge, favorisée par l'existence d'une basilique à Soissons abritant leurs reliques, mentionnée dès le VIe siècle par Grégoire de Tours. Les cordonniers, tanneurs, gantiers et autres artisans du cuir les adoptèrent comme saints patrons. De nombreuses confréries professionnelles se placèrent sous leur protection, et des églises furent dédiées à ces martyrs dans toute la France, témoignant de la popularité de leur culte.
Le choix de ce vocable pour l'église de Gommecourt mérite interrogation. Aucune source ne permet actuellement d'établir si une activité significative de cordonnerie existait dans le village au Moyen Âge, ni si une confrérie professionnelle y était établie. Il est possible que la dédicace à saint Crépin et saint Crépinien relève simplement de la dévotion personnelle du fondateur de l'église ou d'une volonté seigneuriale.

2.2. Architecture : éléments romans et transformations successives

L'église Saint-Crépin-et-Saint-Crépinien présente une architecture composite, résultat d'ajouts et de transformations échelonnés du XIIe au XVIIIe siècle. L'édifice actuel témoigne ainsi de près de six siècles d'histoire architecturale, chaque période ayant laissé sa marque dans la pierre. Cette histoire longue et progressive se lit encore aujourd’hui dans les murs de l’église.

Eglise-gommecourt-vitrail

Baie romane extérieure
Cette ancienne baie en arc plein cintre, aujourd’hui partiellement murée, rappelle les phases de construction initiales du XIIᵉ siècle, avant les remaniements gothiques et postérieurs.



L’architecture, les ouvertures anciennes et le mobilier témoignent de ces différentes phases de construction et d’enrichissement, depuis le Moyen Âge jusqu’à l’époque moderne. Certains détails, parfois discrets, permettent d’en saisir concrètement les strates et les usages, à la fois religieux et profondément ancrés dans la vie du village.

La partie la plus ancienne de l'église remonte au XIIe siècle, période de construction des premières églises romanes en Île-de-France. Les éléments romans identifiables se situent principalement dans le chœur et la nef. L'architecture romane se caractérise par des murs épais percés de fenêtres étroites, des voûtes en berceau ou en berceau brisé, et un décor sculpté sobre. Ces caractéristiques correspondent à la période de consolidation du réseau paroissial rural, où chaque village important se dote d'une église en pierre.

Au cours des XIIIe et XIVe siècles, période de transition entre l'art roman et l'art gothique, l'édifice connaît probablement des modifications. L'architecture gothique, caractérisée par l'arc brisé, la voûte d'ogives et les grandes baies vitrées, se diffuse progressivement des cathédrales vers les églises rurales. Cependant, l'absence de documentation précise sur l'église de Gommecourt ne permet pas d'établir avec certitude quels travaux furent réalisés durant cette période.

Les transformations des XVIIe et XVIIIe siècles sont mieux documentées. Cette période correspond à un mouvement général de rénovation des églises rurales en Île-de-France, souvent financé par les seigneurs locaux ou par la fabrique (assemblée des paroissiens chargée de la gestion matérielle de l'église). Des ajouts de chapelles latérales, le remplacement de voûtes anciennes, l'agrandissement des baies et la reconstruction de façades sont les interventions les plus fréquentes.

L'édifice actuel présente un plan allongé relativement simple : une nef unique prolongée par un chœur, sans transept développé. Cette configuration est caractéristique des églises rurales modestes de l'Île-de-France, où les contraintes financières et démographiques n'imposaient pas la construction d'édifices monumentaux. Le clocher, élément vertical dominant le village, s'élève au-dessus du chœur ou à la croisée du transept s'il existe.

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2.3. Mobilier liturgique et objets classés

L'église Saint-Crépin-et-Saint-Crépinien conserve un mobilier liturgique dont certains éléments sont classés au titre des monuments historiques, témoignant de leur intérêt artistique et historique. Ce mobilier se compose principalement de statues, de tableaux, d'éléments de menuiserie (retables, lambris, bancs) et d'orfèvrerie religieuse (calices, ciboires, ostensoirs). Les statues de saints, comme celles de sainte Barbe ou de saint Louis, rappellent enfin que l’église n’était pas seulement un lieu de culte, mais aussi un espace de protection symbolique et d’identification collective, où chaque figure avait un sens particulier pour les habitants de Gommecourt.

Les statues : témoins de la piété et de l'art sacré

Parmi le mobilier de l'église, deux statues présentent un intérêt patrimonial exceptionnel, tant par leur valeur artistique que par leur histoire.

La statue de Sainte Barbe (1546) constitue une pièce remarquable, chose rare, authentiquement datée. L'inscription gravée sur le socle de la statue se lit comme suit : "Sainte Barbe, suis appelée et donnée par Pierre Lengloys, fils de Jehan et de Jane, qui gisant isci. Priés Dieu. 1546". Un examen attentif a permis d'établir que le socle n'a pas été rapporté après coup, mais que statue et socle sont taillés dans le même bloc de pierre. Les caractères gothiques de l'inscription correspondent bien à ceux de l'époque, ne laissant aucun doute sur l'authenticité de la datation. La sainte est représentée suivant la tradition habituelle, adossée à une tour, attribut qui rappelle son martyre. Cette œuvre témoigne de la dévotion populaire du XVIe siècle et de la générosité des paroissiens qui finançaient l'embellissement de leur église.

La statue de Saint Louis (fin XVe - début XVIe siècle, règne de Louis XII) offre un exemple fascinant de sculpture de transition et illustre les stratégies de préservation du patrimoine pendant la Révolution. Cette statuette de bois, de petit format (0,64 m de hauteur), badigeonnée uniformément d'une peinture grise, représente un personnage lisant. L'œuvre, datée du règne de Louis XII (1498-1515), est encore tout imprégnée des traditions stylistiques du XVe siècle, comme en témoignent la rigueur du drapé et la sobriété du visage. Légère et sculptée au revers, elle peut être vue sous tous les angles, indiquant qu'elle était destinée à être portée en procession. Sous la terrasse figurée qui lui sert de socle est creusée une mortaise dans laquelle s'enfonce un tenon amovible, percé d'un œil vertical permettant la fixation sur un brancard.

L'histoire de cette statue est aussi celle d'une longue méprise. Louis Régnier, premier historien à l'étudier sérieusement dans sa monographie de 1927, notait bien l'intérêt de la pièce mais restait embarrassé pour l'identifier : il y voyait un saint docteur, proposant dubitativement saint Yves tout en soulevant lui-même des objections. Les auteurs qui le suivirent reprirent cette interprétation sans toujours formuler ses réserves. C'est Roland Vasseur qui, dans une note publiée dans les Mémoires de la Société historique de Pontoise, restitua définitivement à cette œuvre son identité : un chapeau dissimulait une couronne fleur-de-lysée, identifiant formellement le roi Saint Louis. Vasseur soulignait à cette occasion que les représentations de ce saint sont peu fréquentes dans le Vexin français, et publiait son identification à l'occasion du 700e anniversaire de la mort du roi.

Le sceptre et les fleurs de lys ont été brisés, leur arasement indiquant une brisure intentionnelle remontant sans doute à la Révolution. Il ne faut pas y voir une manifestation de vandalisme, mais au contraire un souci de préserver la statue d'un sort plus funeste en la faisant rentrer dans l'anonymat. Le badigeon gris, qui cache la polychromie originelle, relève d'une semblable préoccupation protectrice. Ce cas n'est pas isolé : d'autres exemples de représentations sauvées de la destruction par des subterfuges similaires sont connus, comme le Saint-Étienne du portail de Sens coiffé d'un bonnet phrygien, ou la Sainte Clotilde de Saint-Maclou de Rouen dont la couronne métallique cachait également un bonnet phrygien.

La statue a fait l'objet d'une restauration en 1999.

Les autres statues de saints, datant pour la plupart des XVIIe et XVIIIe siècles, représentent les figures du panthéon catholique les plus vénérées localement : la Vierge Marie, saint Crépin et saint Crépinien (patrons de l'église), éventuellement saint Sébastien (invoqué contre la peste), saint Roch (également protecteur contre les épidémies). Une statuette énigmatique, longtemps identifiée comme saint Yves, représente un personnage lisant et date également des premières années du XVIe siècle.

Gommecourt-statue-ste-barbe

L'orfèvrerie et le mobilier liturgique

L'orfèvrerie religieuse, nécessaire à la célébration de la messe, comprend des pièces de différentes époques. Les calices (coupes utilisées pour le vin consacré) et les ciboires (vases contenant les hosties) sont souvent en argent ou en vermeil. Certaines pièces portent des poinçons permettant d'identifier leur orfèvre et leur date de fabrication. L'ostensoir, utilisé pour l'exposition du Saint-Sacrement lors des cérémonies d'adoration eucharistique, est généralement l'objet le plus précieux de l'orfèvrerie paroissiale.

Les retables, structures architecturales placées derrière l'autel, constituent des ensembles décoratifs importants. Composés de colonnes, de niches abritant des statues, de tableaux et d'éléments sculptés, ils encadrent l'espace liturgique et attirent le regard des fidèles vers le point focal de la célébration eucharistique. Les retables baroques des XVIIe et XVIIIe siècles, particulièrement chargés en décoration, témoignent du goût de l'époque pour la théâtralité et la mise en scène du sacré.

Le classement au titre des monuments historiques de certains éléments de ce mobilier témoigne de leur valeur patrimoniale. Ce classement impose des obligations de conservation et de restauration, tout en ouvrant la possibilité de subventions publiques pour l'entretien de ces objets. Il souligne également l'intérêt historique et artistique d'un patrimoine qui dépasse largement le cadre strictement religieux.

2.4. Les cloches : voix du village

Les cloches constituent un élément essentiel du patrimoine sonore des villages français. Leur fonction dépasse largement le cadre religieux : elles rythment le temps quotidien (angélus du matin, de midi et du soir), appellent les fidèles à la messe, annoncent les événements (baptêmes, mariages, décès), et servent à donner l'alarme en cas de danger (incendie, invasion).

L'église de Gommecourt possède plusieurs cloches, dont l'histoire mériterait une étude approfondie. Sous l'Ancien Régime, les cloches étaient souvent financées par le seigneur local, qui y faisait graver ses armoiries, ou par une souscription paroissiale. Le baptême d'une cloche, cérémonie au cours de laquelle elle reçoit un nom et des parrains, donnait lieu à une fête villageoise.

La Révolution française entraîna la confiscation et la fonte d'une grande partie des cloches françaises, le bronze étant nécessaire à la fabrication de canons. De nombreuses églises perdirent alors leurs cloches anciennes, ce qui explique que la majorité des cloches actuellement en place datent du XIXe siècle. Après le Concordat de 1801, les paroisses durent financer la coulée de nouvelles cloches, opération coûteuse nécessitant souvent plusieurs années de collecte.

Les cloches portent généralement des inscriptions gravées lors de leur fabrication : date de coulée, nom du fondeur, nom de la cloche, noms des parrains et marraines, devise religieuse. Ces inscriptions constituent une source historique précieuse, permettant de dater précisément la cloche et d'identifier les notables locaux qui participèrent à son financement. Une étude épigraphique des cloches de Gommecourt permettrait de reconstituer une partie de l'histoire sociale du village.

La voix des cloches, familière aux habitants des campagnes jusqu'au milieu du XXe siècle, tend aujourd'hui à s'effacer. La mécanisation agricole, l'usage généralisé des montres et des téléphones portables, et la sécularisation de la société ont rendu obsolètes certaines fonctions traditionnelles des cloches. Leur sonnerie ne rythme plus le travail aux champs, et l'angélus n'est plus récité. Néanmoins, les cloches conservent une dimension patrimoniale et symbolique forte, incarnant la permanence du village et la continuité historique.

2.5. L'église dans la vie paroissiale : du curé d'Ancien Régime au prêtre contemporain

L'église Saint-Crépin-et-Saint-Crépinien a constitué pendant des siècles le centre de la vie religieuse et sociale de Gommecourt. Sous l'Ancien Régime, le curé de la paroisse exerçait des fonctions qui dépassaient largement le cadre strictement religieux. Responsable de l'administration des sacrements, de la prédication et de l'instruction religieuse, il tenait également les registres d'état civil, surveillait les mœurs, et intervenait parfois dans les conflits entre paroissiens.

La monographie communale rédigée par l'instituteur Ferrand en 1899 ne fournit pas de liste complète des curés de Gommecourt, mais mentionne quelques noms. Un curé particulièrement notable est Jean-Julien Avoine, en fonction en 1790, qui prêta serment à la Constitution civile du clergé et devint par la suite évêque constitutionnel de Versailles. Son parcours atypique, entre adhésion révolutionnaire et retour à l'orthodoxie romaine, illustre les déchirements du clergé français durant la période révolutionnaire.

Après le Concordat de 1801, la paroisse de Gommecourt fut réorganisée dans le cadre diocésain. Le curé, nommé par l'évêque et rémunéré par l'État, reprit ses fonctions traditionnelles d'administration des sacrements et d'encadrement religieux de la population. Les relations entre curé et instituteur, particulièrement après les lois scolaires des années 1880, furent parfois tendues, reflétant les conflits entre Église et République laïque qui marquèrent la fin du XIXe siècle.

Au XXe siècle, le déclin de la pratique religieuse et la diminution du nombre de prêtres conduisirent à regrouper plusieurs paroisses sous la responsabilité d'un seul prêtre. Gommecourt, village de quelques centaines d'habitants, ne justifiait plus la présence d'un curé résident. La paroisse fut rattachée à une structure intercommunale, le prêtre desservant plusieurs églises à tour de rôle. Cette évolution, commune à l'ensemble des campagnes françaises, transforma profondément la vie religieuse locale.

Aujourd'hui, l'église Saint-Crépin-et-Saint-Crépinien continue d'accueillir des célébrations liturgiques, même si leur fréquence s'est considérablement réduite. Les grandes fêtes (Noël, Pâques), les baptêmes, mariages et funérailles y sont encore célébrés, témoignant de la persistance d'une pratique cultuelle minoritaire mais réelle. L'édifice, entretenu par la commune, demeure un repère identitaire fort pour les habitants, bien au-delà du cercle des pratiquants réguliers.

III. La chapelle de Clachaloze : histoire d'un édifice disparu

3.1. Fondation et histoire médiévale

La chapelle de Clachaloze, hameau situé à environ deux kilomètres au nord-ouest du village de Gommecourt, constitue un édifice religieux aujourd'hui disparu dont l'histoire mérite néanmoins d'être retracée. Les sources documentaires sur cette chapelle sont rares et fragmentaires, rendant difficile l'établissement d'une chronologie précise de sa fondation et de son développement.

La tradition locale, rapportée par les monographies communales de la fin du XIXe siècle, fait remonter la fondation de la chapelle au XIIe siècle, période de multiplication des lieux de culte dans les campagnes françaises. Le vocable de la chapelle n'est pas mentionné avec certitude dans les sources disponibles, mais il pourrait s'agir de Notre-Dame (la Vierge Marie), dédicace fréquente pour les chapelles rurales de l'Île-de-France.

La localisation de la chapelle présente un intérêt géographique particulier. Selon les descriptions anciennes et l'évocation d'une reconstitution artistique datée de 1785, l'édifice se situait au pied des falaises crayeuses qui bordent la vallée de la Seine. Cette implantation au contact entre le plateau et la vallée correspond à une configuration fréquente en Vexin, où les églises et chapelles sont souvent construites à proximité des sources et des affleurements rocheux.

Les fonctions de la chapelle au Moyen Âge et sous l'Ancien Régime restent mal documentées. Trois hypothèses principales peuvent être formulées : 1) chapelle seigneuriale attachée à un manoir ou château aujourd'hui disparu ; 2) chapelle paroissiale desservant le hameau de Clachaloze, qui comptait une population importante ; 3) chapelle de pèlerinage liée à une source ou à un culte local. Seules des recherches archivistiques approfondies permettraient de trancher entre ces hypothèses.

La mention d'une inscription médiévale et de vestiges de colonnes romaines remployées dans la construction, signalés dans la reconstitution artistique de 1785, suggère une histoire architecturale complexe. Le remploi de matériaux antiques dans les constructions médiévales est un phénomène courant en Île-de-France, région riche en vestiges gallo-romains. Ces éléments témoignent d'une continuité d'occupation du site sur la longue durée.

3.2. Situation sous l'Ancien Régime

Sous l'Ancien Régime, la chapelle de Clachaloze fonctionnait probablement comme lieu de culte annexe de la paroisse de Gommecourt. Les sources ne mentionnent pas l'existence d'un chapelain permanent attaché à cet édifice, ce qui suggère que le curé de Gommecourt s'y rendait périodiquement pour y célébrer la messe, notamment lors de la fête patronale.

Le hameau de Clachaloze constituait au XVIIIe siècle une communauté importante. Les recensements cités par l'instituteur Ferrand en 1899 indiquent qu'en 1787, Clachaloze comptait 362 habitants, soit presque autant que Gommecourt (448 habitants). Cette population justifiait l'existence d'un lieu de culte local, évitant aux habitants du hameau de devoir parcourir deux kilomètres pour assister à la messe paroissiale.

La chapelle devait abriter un mobilier liturgique minimal : autel, crucifix, statues de saints, éventuellement des ex-voto offerts par les fidèles en remerciement de grâces obtenues. Les grandes cérémonies (baptêmes, mariages, enterrements) se déroulaient probablement à l'église paroissiale de Gommecourt, la chapelle n'étant utilisée que pour les offices ordinaires et les dévotions locales.

La reconstitution artistique réalisée en 1785, six ans avant la Révolution, témoigne de l'intérêt porté à cet édifice à la fin de l'Ancien Régime. Cette représentation, de style aquarelle et gravure, montre une petite chapelle de style roman avec un clocher-mur, un portail en arc brisé, et une nef unique. L'édifice est représenté dans son environnement naturel, au pied des falaises crayeuses, entouré de végétation. Cette image constitue un document précieux, seul témoignage visuel de l'apparence de la chapelle avant sa disparition.

3.3. Vente révolutionnaire et transformation en habitation

La Révolution française marque un tournant décisif dans l'histoire de la chapelle de Clachaloze. La loi du 2 novembre 1789 met les biens du clergé à la disposition de la nation, entraînant la confiscation de l'ensemble du patrimoine immobilier ecclésiastique. Les églises paroissiales sont épargnées, considérées comme nécessaires au culte public, mais les chapelles secondaires sont généralement vendues comme biens nationaux.

Les archives révolutionnaires, consultables dans les séries Q et L des Archives départementales, contiennent probablement des documents relatifs à la vente de la chapelle de Clachaloze : décret de mise en vente, description de l'édifice, prix de vente, identité de l'acquéreur. Ces recherches n'ont pas pu être menées dans le cadre de cette étude, mais elles permettraient d'établir avec précision la date de vente et les modalités de transaction.

Selon la monographie de Ferrand, la chapelle est transformée en habitation vers 1845, soit près d'un demi-siècle après sa vente révolutionnaire. Cette chronologie suggère qu'entre 1790 et 1845, l'édifice a connu différents usages : peut-être a-t-il servi de grange, d'écurie ou de remise avant d'être converti en logement. Cette transformation en habitation implique des modifications architecturales importantes : percement de fenêtres supplémentaires, aménagement de planchers, installation d'une cheminée, condamnation d'ouvertures liturgiques.

Cette reconversion d'un édifice religieux en bâtiment d'habitation ou agricole est un phénomène courant au XIXe siècle. De nombreuses chapelles rurales, vendues à la Révolution et devenues propriétés privées, ont subi le même sort. Certaines ont été entièrement démolies, leurs matériaux récupérés pour d'autres constructions. D'autres, comme Clachaloze, ont été transformées tout en conservant partiellement leur structure originelle.

3.4. Vestiges actuels et mémoire du site

La chapelle de Clachaloze a aujourd'hui entièrement disparu en tant qu'édifice identifiable. Néanmoins, quelques traces architecturales subsistent dans le bâti actuel du hameau, témoignant de l'existence passée de cet édifice religieux. La monographie de Ferrand mentionne la présence, rue de l'Eau, d'une colonne d'origine romaine qui proviendrait de la chapelle, vestige matériel d'une histoire architecturale complexe mêlant éléments antiques et médiévaux.

L'identification précise de ces vestiges nécessiterait une enquête de terrain approfondie, combinant observations architecturales et consultation du cadastre napoléonien. Ce document cartographique, établi au début du XIXe siècle pour fixer l'assiette de l'impôt foncier, représente avec précision le parcellaire et les bâtiments de chaque commune. La consultation du cadastre de Gommecourt permettrait de localiser exactement l'emplacement de la chapelle et d'identifier les transformations qu'elle a subies.

La disparition de la chapelle de Clachaloze illustre un phénomène plus large de perte du patrimoine religieux rural secondaire. Alors que les églises paroissiales, protégées par leur statut et leur fonction, ont généralement été conservées (même si elles ont parfois connu des restaurations discutables), les chapelles, oratoires et croix de chemin ont massivement disparu aux XIXe et XXe siècles. Cette érosion patrimoniale résulte de facteurs multiples : ventes révolutionnaires, abandon faute d'entretien, transformation en bâtiments utilitaires, démolition volontaire.

La reconstitution artistique de 1785 constitue un document d'autant plus précieux qu'elle représente le seul témoignage visuel de l'édifice avant sa disparition. Cette image, de style pittoresque caractéristique de la fin du XVIIIe siècle, ne prétend probablement pas à l'exactitude archéologique : elle idéalise sans doute l'édifice en le replaçant dans un paysage romantique. Néanmoins, elle fournit des indications précieuses sur les grandes caractéristiques architecturales de la chapelle : dimensions modestes, style roman, clocher-mur, implantation au pied des falaises.

IV. Jean-Julien Avoine, curé constitutionnel de Gommecourt (1790-1801) : un parcours révolutionnaire

4.1. Biographie et formation

Jean-Julien Avoine naît au Havre le 18 septembre 1741, fils de Julien-Beuve Avoine, absent au moment de la naissance (vraisemblablement marin), et de Marie Le Sens, sa femme. Son acte de baptême, établi le lendemain de sa naissance, précise qu'il est "né d'hier dans et de légitime mariage". Ses parrain et marraine sont Jean-Baptiste Ouittre, dit Valongne, et Françoise Avoine, cette dernière déclarant ne savoir écrire.

Cette origine modeste oriente probablement son destin ecclésiastique. Comme de nombreux enfants du peuple au XVIIIe siècle, le jeune Avoine trouve dans l'Église une voie d'ascension sociale. On peut imaginer, à défaut de sources précises, un parcours classique : enfant de chœur dans une église du Havre, il est remarqué par un prêtre qui, discernant son intelligence, lui enseigne le latin et le fait entrer dans un petit séminaire. Ses allocutions ultérieures et le choix dont il fera l'objet témoignent qu'il reçut une bonne culture intellectuelle.

Son ministère sacerdotal commence comme vicaire à La Roche-Guyon, paroisse voisine de Gommecourt, fonction qu'il exerce de septembre 1772 à la fin de l'année 1778. Durant cette période, il dessert à plusieurs reprises la paroisse de Gommecourt, paroisse voisine. Le 16 décembre 1778, il signe son premier acte de l'état civil en qualité de curé de Gommecourt, poste qu'il occupe désormais à titre permanent. Il y exerce son ministère pendant douze années avant les bouleversements révolutionnaires.

Le 10 novembre 1790, Avoine fait à Mantes la déclaration de son revenu comme curé, conformément aux nouvelles obligations administratives. Il déclare toucher 2 669 livres 18 sols annuels, dont il doit déduire 477 livres 12 sols de charges diverses, soit un revenu net d'environ 2 192 livres. Ce revenu, modeste mais non misérable, le situe dans la moyenne basse du clergé paroissial français.

Encart : Revenus d'un curé rural en 1790

Chronologie de Jean-Julien Avoine (1741-1793)

4.2. Le serment à la Constitution civile du clergé

Jean-Julien Avoine choisit de prêter serment à la Constitution civile du clergé, rejoignant ainsi les rangs du clergé constitutionnel. Cette décision, qui concerne environ 55 % des curés français (avec de fortes variations régionales), témoigne probablement d'une adhésion aux idéaux révolutionnaires, ou du moins d'une acceptation pragmatique de la nouvelle organisation ecclésiastique. Le serment est prêté publiquement, souvent devant l'assemblée des fidèles, ce qui en fait un acte solennel et engageant.

4.3. Carrière épiscopale : évêque constitutionnel de Versailles

L'élection du 5-7 décembre 1790

Le décret des 12 juillet-24 août 1790 prévoit qu'il y aura un évêque par département, élu par les citoyens actifs. Le 20 novembre 1790, le procureur général syndic de l'Assemblée départementale de Seine-et-Oise convoque les 720 électeurs désignés en mai précédent à se réunir le dimanche 5 décembre pour élire le premier évêque constitutionnel du nouveau diocèse de Versailles.

Le 5 décembre au matin, les délégués affluent de tous les points du département vers Notre-Dame de Versailles. Le voyage est long, difficile et coûteux en cette saison hivernale pour beaucoup d'entre eux. Sur les 720 électeurs convoqués, 510 parviennent à exprimer leurs suffrages. Deux candidats se détachent : Jean-Julien Avoine, curé et maire de Gommecourt, petite paroisse de 678 âmes dans le district de Mantes, et Jean-Baptiste Massieu, curé de Cergy, député aux États généraux pour le bailliage de Senlis et membre du Comité ecclésiastique. Massieu, ancien précepteur des frères Lameth, bénéficie d'une situation prépondérante.

Le 6 décembre se tient le premier tour de scrutin. Avoine obtient 241 voix contre 174 à Massieu, sans atteindre la majorité absolue requise. Le lendemain 7 décembre, au second tour, Avoine l'emporte avec 330 voix contre 177. Le curé de village devient évêque. Le 8 décembre, il est solennellement proclamé en l'église Notre-Dame de Versailles.

Cette élection surprend. Comment un simple curé de campagne, entrant dans sa cinquantième année, l'emporte-t-il sur un député siégeant à l'Assemblée nationale ? Il faut sans doute y voir la volonté des électeurs de choisir un pasteur authentique plutôt qu'un politicien, un homme du peuple des campagnes plutôt qu'un notable parisien. La municipalité de Gommecourt, dans sa délibération du 12 décembre 1790, se déclare "infiniment flattée d'avoir pour curé M. Jean-Jules Avoine, vicaire de Saint-Pierre-et-Marie de ladite paroisse, lequel avait été élu évêque de Versailles".

Une anecdote révélatrice : la visite à l'archevêché

Dans le courant de février 1791, Avoine se présente avec deux notaires à l'archevêché de Paris pour des formalités administratives. Le journal royaliste L'Ami du Roi du 10 mars 1791 relate l'incident avec une ironie mordante. Un correspondant rapporte : "Je vois entrer un homme en habit gris, le reste de l'habillement était noir ; un grand chapeau rabattu couvrait sa tête, et sous son menton pendait une cravate. Cet homme avait tout l'air d'un ministre protestant."

Le grand-vicaire, ne reconnaissant pas immédiatement Avoine sous ce costume civil, s'exclame lorsqu'il l'identifie enfin : "Eh ! bon Dieu ! comme vous voilà fait ! [...] Était-ce ainsi que vous approchiez de M. l'Archevêque lorsqu'il était dans ce palais ? Auriez-vous osé l'aborder avec ce costume qui n'est pas celui de votre état ? Ce bizarre accoutrement n'eût-il pas suffi pour vous attirer une forte mercuriale, peut-être pour vous faire ôter vos pouvoirs ?"

Avoine répond simplement qu'il y a en lui quelque changement. Cette anecdote illustre les ruptures symboliques qu'opère la Constitution civile : les évêques constitutionnels adoptent parfois un vêtement civil, rompant avec les habits ecclésiastiques traditionnels, ce qui scandalise profondément le clergé réfractaire.

Le sacre et l'installation

Le dimanche 27 mars 1791, Jean-Julien Avoine est consacré à l'église métropolitaine Notre-Dame de Paris par Jean-Baptiste-Joseph Gobel, évêque métropolitain constitutionnel du département de Paris. Deux évêques assistants participent à la cérémonie : Jean-Baptiste Mirondot-Dubourg, évêque de Babylone présent en France, et Jean-Pierre Saurine, évêque constitutionnel du département des Landes. Un procès-verbal notarié détaillé, dressé par les notaires Bevière et Dosfant (eux-mêmes députés de Paris à l'Assemblée nationale), consigne toutes les phases de cette consécration.

L'installation solennelle à Versailles se déroule le dimanche suivant, 3 avril 1791, dans un grand apparat. Les électeurs, réunis pour nommer un membre de la Cour de cassation, les corps administratifs et la municipalité se rendent en cortège à l'église Notre-Dame, choisie par Avoine pour cathédrale. Le maire de Versailles, M. Coste, prononce un discours louant "un Évêque que vos suffrages n'ont appelé que par la connoissance de ses services et la réputation de ses vertus".

Les sources consultées, notamment le journal royaliste L'Ami du Roi des 11 et 19 décembre 1790, mentionnent Avoine dans un contexte hautement critique. Ce journal, hostile à la Révolution et à l'Église constitutionnelle, dénonce avec véhémence l'élection de "M. Jean-Julien Avoine, curé de Gommecourt, élu évêqua de Versailles, par la miséricorde du peuple et la grâce de M. Charles Lameth", suggérant que la protection de ce député influent a joué un rôle dans l'élection.

4.4. L'Église constitutionnelle : un schisme aux conséquences durables

Organigramme du clergé constitutionnel

L'Église constitutionnelle, dont Avoine fut l'un des représentants, constitue un épisode complexe de l'histoire religieuse française. Rejetée par Rome, elle se trouve rapidement en situation de schisme avec la papauté.

Cette rupture place les prêtres constitutionnels dans une position théologiquement et moralement difficile. S'ils se considèrent comme les continuateurs légitimes de l'Église catholique française, réformée dans un sens gallican et évangélique, ils sont considérés comme schismatiques par Rome et par une partie importante des fidèles. Les prêtres réfractaires, bien que persécutés, conservent la légitimité romaine et l'appui d'une partie de la population attachée à la tradition.

La période de la Terreur (1793-1794) complique encore la situation de l'Église constitutionnelle. La politique de déchristianisation menée par les représentants en mission et les autorités locales vise indifféremment constitutionnels et réfractaires. De nombreux prêtres constitutionnels sont contraints à l'abdication, emprisonnés ou exécutés. L'Église constitutionnelle, privée de soutien gouvernemental, survit difficilement.

4.5. Fin de carrière et décès

Contrairement à de nombreux évêques constitutionnels qui survivront à la Terreur et devront négocier leur réconciliation avec Rome après le Concordat de 1801, Jean-Julien Avoine meurt en pleine période révolutionnaire.

Un épiscopat sous la Terreur

Durant son bref épiscopat, Avoine se caractérise par une certaine modération. En décembre 1792, il proteste contre l'enlèvement des cloches des églises, mesure qui accompagne la politique de déchristianisation. Cette position lui vaut d'être dénoncé à la Convention nationale le 17 décembre 1792, témoignant des tensions croissantes entre l'Église constitutionnelle et les autorités révolutionnaires radicalisées.

Le décès du 3 novembre 1793

Jean-Julien Avoine meurt à Versailles le 3 novembre 1793, au plus fort de la Terreur, alors que la déchristianisation bat son plein. Il décède à 6 heures du soir dans son domicile situé rue Beaurepaire, n° 12 (actuelle rue de Maurepas). Il est âgé de cinquante-deux ans.

L'acte de décès, établi le lendemain 4 novembre, est déclaré par deux citoyens : Jean-François Loriot, âgé de trente-neuf ans, commis à la municipalité et ancien secrétaire de l'évêque, demeurant rue du Commerce n° 7, et Pierre Tisseron, âgé de trente-deux ans, propriétaire, demeurant au même numéro. Loriot, fidèle collaborateur d'Avoine pendant son épiscopat, se trouve ainsi réduit au rang de simple commis municipal après la mort de celui qu'il servait.

Une mort aux conséquences immédiates

À peine l'évêque est-il mort qu'on demande la suppression de l'évêché. Lors de la séance extraordinaire du lundi 4 novembre du Département de Seine-et-Oise, il est décidé de présenter à la Convention une adresse demandant la suppression de l'évêché du département.

Le 6 novembre 1793, une députation du département de Seine-et-Oise se présente à la Convention nationale pour annoncer officiellement le décès. L'orateur déclare : "Le prêtre de l'Église Romaine, évêque du département de Seine-et-Oise, est mort. Législateurs, lui laisserez-vous nommer un successeur ? Laisserez-vous subsister encore le dais pontifical ?" Il poursuit en demandant que "la Montagne sainte" écrase "ce colosse enfanté par l'orgueil, l'ignorance, l'erreur et la cupidité". La mention honorable et l'insertion au Bulletin sont décrétées sur proposition de Lecointre.

Le diocèse constitutionnel de Versailles restera sans évêque pendant deux ans, jusqu'à l'élection controversée d'Augustin-Jean-Charles Clément en 1796, dans un contexte politique très différent.

Postérité et mémoire

Les historiens qui ont évoqué Avoine portent sur lui des jugements contrastés. Le chanoine Gallet, de Versailles, affirme qu'il mourut "dans le remords et la honte", jugement sévère qui traduit le regard rétrospectif du catholicisme concordataire sur l'épisode constitutionnel. Plus équitable, le chanoine Pisani déclare que ce fut "un évêque modéré, ayant conscience de sa dignité".

Il faut tenir compte à Jean-Julien Avoine des temps troublés pendant lesquels il a exercé ses fonctions, des difficultés considérables qu'il a rencontrées et des déboires qu'il a récoltés. La composition du nouveau diocèse, dont les paroisses avaient été empruntées à huit autres diocèses, ajoutait à la complexité de sa charge.

Le parcours d'Avoine, du curé de campagne à l'évêque constitutionnel mort en pleine Terreur, illustre les tourments du clergé français durant la période révolutionnaire. Sa mort en novembre 1793, au moment même où commence la phase la plus aiguë de la déchristianisation, achève symboliquement l'expérience de l'Église constitutionnelle qu'il incarnait.

V. Calvaire et petit patrimoine religieux

5.1. Le calvaire : un monument de piété populaire

Le calvaire constitue l'un des éléments les plus visibles du patrimoine religieux rural français. Ces monuments, représentant le Christ en croix et généralement accompagnés des figures de la Vierge Marie et de saint Jean, sont érigés dans les villages, aux carrefours, ou le long des chemins. Ils servent de support à la dévotion populaire et marquent l'espace d'une présence chrétienne.

La carte postale ancienne de Gommecourt, intitulée "L'Église et le Calvaire" et datant probablement du début du XXe siècle, montre le calvaire situé sur la place du village, à proximité de l'église. Ce monument, photographié en présence de plusieurs villageois, témoigne de son importance dans la vie locale. Sa localisation centrale, dans l'espace public le plus fréquenté, souligne sa fonction de repère visuel et spirituel.

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Eglise de Gommecourt et son calvaire

La structure typique d'un calvaire rural comprend un socle en pierre, souvent orné de l'inscription "O crux ave" (Salut, ô croix) ou d'une date de construction, surmonté d'un fût portant la croix proprement dite. Le Christ crucifié, généralement sculpté en pierre ou en fonte, occupe le centre de la composition. Des statues de la Vierge Marie et de saint Jean peuvent être placées au pied de la croix ou dans des niches du socle.

Les calvaires sont érigés pour diverses raisons : action de grâce pour une protection divine (fin d'une épidémie, préservation lors d'une guerre), commémoration d'un événement marquant (mission paroissiale, jubilé), ou simple manifestation de piété collective. Leur financement provient généralement de souscriptions paroissiales, chaque famille contribuant selon ses moyens. Le calvaire devient ainsi un monument communautaire, expression tangible de la foi collective du village.

5.3. Évolution et disparition du petit patrimoine

Le petit patrimoine religieux rural a connu une érosion considérable au cours du XXe siècle. Les facteurs de cette disparition sont multiples et convergents. La sécularisation de la société entraîne une désaffection pour ces monuments, qui ne font plus l'objet d'un entretien régulier. Les intempéries, les dégradations accidentelles (chocs de véhicules), et parfois le vandalisme, accélèrent leur dégradation.

Les transformations du paysage rural contribuent également à cette disparition. L'élargissement des routes, le remembrement des parcelles agricoles, l'urbanisation des espaces périphériques des villages, entraînent la destruction de nombreuses croix de chemin et oratoires. Ces monuments, initialement situés dans des lieux fréquentés, se retrouvent isolés dans des espaces devenus périphériques ou sont simplement démolis comme obstacles à l'aménagement moderne.

La prise de conscience patrimoniale récente a conduit à des efforts de sauvegarde. Certaines communes ont entrepris de restaurer leurs calvaires et croix de chemin, reconnaissant leur valeur historique et paysagère. Des associations de défense du patrimoine rural sensibilisent les populations à l'intérêt de ces petits monuments, organisant des campagnes de recensement et de restauration.

La question de la signification contemporaine de ce patrimoine se pose néanmoins. Pour une société largement sécularisée, ces monuments perdent leur fonction religieuse originelle pour devenir des objets patrimoniaux, témoins d'un passé révolu. Cette patrimonialisation peut néanmoins contribuer à leur préservation, en leur conférant une valeur culturelle et paysagère qui justifie les efforts de conservation, indépendamment de toute adhésion aux croyances qu'ils symbolisaient initialement.

Conclusion

Le patrimoine religieux catholique de Gommecourt témoigne de près de huit siècles de présence chrétienne dans ce village de la vallée de la Seine. L'église Saint-Crépin-et-Saint-Crépinien constitue un édifice d'intérêt architectural et historique certain. Son mobilier liturgique classé, ses cloches et son rôle continu dans la vie cultuelle locale en font un lieu vivant, bien au-delà de sa seule dimension patrimoniale.

La chapelle de Clachaloze, bien que disparue, illustre le destin de nombreux édifices religieux secondaires vendus à la Révolution et transformés ou détruits au cours du XIXe siècle. Sa mémoire, préservée par quelques vestiges architecturaux et par une reconstitution artistique de 1785, rappelle l'existence d'un réseau dense de lieux de culte qui structurait autrefois les campagnes françaises. La perte de ce patrimoine, résultat de facteurs historiques, économiques et sociologiques, pose la question de la préservation de la mémoire collective face aux transformations du paysage rural.

Le parcours de Jean-Julien Avoine, curé de Gommecourt devenu évêque constitutionnel de Versailles, éclaire les tensions et les déchirements du clergé français durant la période révolutionnaire. Son adhésion à la Constitution civile du clergé, son élection surprenante face à un député influent, et sa mort en pleine Terreur illustrent la complexité d'une époque où les convictions religieuses, les engagements politiques et les contraintes institutionnelles s'entrecroisaient de manière parfois contradictoire.

Le calvaire et le petit patrimoine religieux rural, enfin, constituent des témoins fragiles de la piété populaire qui caractérisait les campagnes françaises jusqu'au milieu du XXe siècle. Leur préservation, au-delà de toute considération confessionnelle, relève de la responsabilité collective envers un patrimoine qui façonne encore l'identité paysagère et historique des villages.

Cette étude appelle des recherches complémentaires. L'histoire de l'église Saint-Crépin-et-Saint-Crépinien mériterait une monographie approfondie, fondée sur le dépouillement des archives paroissiales (registres de catholicité, délibérations de fabrique) et des archives diocésaines. La chapelle de Clachaloze pourrait faire l'objet d'une enquête archivistique dans les fonds révolutionnaires pour préciser les modalités de sa vente et de sa transformation. Le parcours de Jean-Julien Avoine mériterait une étude biographique complète, situant son action dans le contexte plus large du clergé constitutionnel français.

Le patrimoine religieux catholique de Gommecourt, loin de constituer un ensemble figé, continue d'évoluer. L'église paroissiale, entretenue par la commune et utilisée par la communauté catholique, reste un lieu vivant. Les croix et calvaires, restaurés ou laissés à l'abandon, posent la question des choix patrimoniaux dans une société sécularisée. Ce patrimoine, hérité de siècles de présence chrétienne, appartient désormais à l'histoire collective, indépendamment des convictions religieuses de chacun.


Sources

Sources primaires

L'Ami du Roi, journal royaliste, 11 décembre 1790 et 19 décembre 1790 (mentions de Jean-Julien Avoine).

Monographie communale de l'instituteur Ferrand, Gommecourt, 1899 (Archives départementales des Yvelines).

Carte postale ancienne "GOMMECOURT - L'Église et le Calvaire" (début XXe siècle).

Reconstitution artistique de la chapelle de Clachaloze, gravure aquarellée, 1785 (collection privée).

Sources locales et régionales

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RÉGNIER Louis, Excursions archéologiques dans le Vexin français, 2e série, Gisors, 1927, p. 122-126 — première étude systématique de l'église de Gommecourt et de ses statues.

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JOUTARD Philippe (dir.), Histoire de la France religieuse, tome 3 : Du roi Très Chrétien à la laïcité républicaine, XVIIIe-XIXe siècle, Paris, Seuil, 1991.

LAGRÉE Michel, Mentalités, religion et histoire en Haute-Bretagne au XIXe siècle. Le diocèse de Rennes, 1815-1848, Paris, Klincksieck, 1977.

Sur la période révolutionnaire

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Ressources en ligne

Monographie de Paul Aubert : https://gommecourt-et-environs.fr/fr/articles/monographie-communale-de-paul-aubert-1863-1949

Monographie de Ferrand : https://gommecourt-et-environs.fr/fr/articles/monographie-du-village-de-gommecourt