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Les noms de lieux racontent : toponymie de Gommecourt et de ses environs

Ce que les noms de nos villages, hameaux et lieux-dits révèlent de 2 000 ans d'histoire

Gommecourt, Clachaloze, Bennecourt, Gloton, Tripleval, La Roche-Guyon… Chaque nom de lieu que nous prononçons au quotidien est un fossile linguistique, le souvenir pétrifié d''un homme, d''un paysage ou d''un événement disparu. En déchiffrant ces noms, c''est toute l''histoire du confluent Seine-Epte qui se révèle, strate après strate, du domaine gallo-romain à la ferme franque, de la falaise crayeuse au carrefour de voies antiques.

Introduction : quand les noms de lieux deviennent des documents d'histoire

Ouvrez une carte de notre région — celle de Cassini au XVIIIe siècle, le cadastre napoléonien, ou même un simple panneau routier d'aujourd'hui — et vous tenez entre les mains un document historique aussi riche qu'un parchemin médiéval. Les noms inscrits sur cette carte ne sont pas de simples étiquettes posées au hasard. Ce sont des mots-témoins, des fossiles linguistiques qui conservent, dans leurs syllabes usées par les siècles, la mémoire de ceux qui ont nommé ces lieux : Gaulois, Gallo-Romains, Francs, paysans du Moyen Âge.

La toponymie — du grec topos (lieu) et onoma (nom) — est la discipline qui les étudie. Son principe est simple : les noms de lieux changent bien plus lentement que les langues parlées. Quand le latin vulgaire s'est transformé en ancien français, quand les dialectes ont cédé devant la langue du roi, les noms de villages, eux, ont résisté. Ils se sont déformés, usés, raccourcis par la bouche des générations successives, mais leur noyau étymologique a survécu. Ainsi, derrière le mot « Gommecourt » que nous prononçons chaque jour se cache encore, à peine voilé, le nom d'un propriétaire franc du haut Moyen Âge.

Dans notre secteur du confluent Seine-Epte, la toponymie est particulièrement riche parce que le territoire a été habité, nommé et renommé sans interruption depuis la Préhistoire. Chaque époque a laissé sa couche de noms, comme les sédiments géologiques que l'on observe dans les falaises de Clachaloze. On distingue ainsi plusieurs grandes strates linguistiques, que l'on retrouve sur la carte comme autant de couches superposées.

La plus ancienne strate encore lisible est celle des hydronymes — les noms de cours d'eau. La Seine, l'Epte : ces noms sont si anciens qu'ils remontent probablement à des langues pré-celtiques, parlées avant même l'arrivée des Gaulois. La strate suivante est gauloise puis gallo-romaine : on la reconnaît au suffixe -acum, devenu -y ou en français moderne, qui signalait un domaine agricole portant le nom de son propriétaire. Puis vient la puissante vague germanique des Francs, reconnaissable aux suffixes -court, -ville, -mesnil, qui désignaient les exploitations rurales fondées entre le Ve et le IXe siècle. Enfin, une strate romane médiévale, en français ancien, a produit des noms descriptifs liés au paysage : la Roche, la Falaise, le Val, le Chemin Ferré.

Partons à la découverte de ces noms, en commençant par les plus proches de nous : ceux de notre propre village.

Extrait de la carte de Cassini (vers 1756-1789) montrant Gommecourt, Clachaloze et les villages voisins La carte de Cassini (XVIIIe siècle) : on y lit « Gomecourt », « Clachalosse », « Limetz », « Villez », « Gloton », « Tripleval », « Jocourt »… Autant de noms à déchiffrer.

Gommecourt et Clachaloze : décrypter les noms du village

Gommecourt : « le domaine de Gomer »

De toutes les étymologies locales, celle de Gommecourt est la mieux documentée. Le Pouillé du diocèse de Versailles, rédigé par l'abbé Gautier, donne la forme latine médiévale : Gomericuria. La Bédollière, dans son Histoire des environs du nouveau Paris au XIXe siècle, est plus explicite encore : le village, écrit-il, « devrait s'appeler Gomercourt, du nom de Gomer, qui fonda ce village, entre l'Epte et la Seine ». Le site des Amis du Vexin français précise une attestation de Gomericuria en 1337, avec un anthroponyme germanique Gomeno. L'article Wikipédia consacré à la commune mentionne également les formes Comitis Castrum et Comitis villa, qui pourraient relever de latinisations savantes ultérieures.

Le mécanisme de formation est limpide et parfaitement classique dans le nord de la France. Le nom se décompose en deux éléments :

Gomer- (ou Gomeri-) est un nom de personne d'origine germanique. Il appartient à la famille des anthroponymes francs composés sur la racine gôd- ou gund- (combat), très courants dans le monde mérovingien et carolingien. Ce Gomer — ou Gomerius, dans sa latinisation — était vraisemblablement le propriétaire ou le fondateur du domaine.

-court est issu du bas latin cortem (accusatif de cors/cortis), qui désignait à l'origine l'enclos d'une ferme, puis par extension le domaine agricole tout entier. Ce suffixe, extrêmement fréquent dans le bassin parisien, le Vexin et la Picardie, est le marqueur par excellence de la colonisation rurale franque entre le Ve et le IXe siècle. On le retrouve dans des dizaines de communes voisines : Bennecourt, Guitrancourt, Guyancourt, Hardricourt…

Gommecourt signifie donc, littéralement : « le domaine agricole de Gomer ». Le village porte ainsi, dans son nom même, le souvenir d'un homme du haut Moyen Âge qui a défriché, cultivé et organisé une exploitation sur cette terre, il y a probablement entre 1 200 et 1 500 ans. C'est à cette époque que la plupart des noms en -court du Vexin ont été fixés, lorsque les Francs réorganisaient les campagnes de l'ancienne Gaule romaine.

Reconstitution d'un domaine franc (curtis) du VIIe siècle dans le Vexin À quoi pouvait ressembler la « cour de Gomer » : un ensemble de bâtiments en bois et torchis autour d'un enclos, sur le plateau entre Epte et Seine. Reconstitution illustrée.

Mais comment un tel nom a-t-il pu traverser treize siècles ? La question mérite d'être posée, car entre l'installation des Francs au Ve-VIe siècle et la première attestation écrite de Gomericuria en 1337, il y a 700 à 800 ans de trou documentaire — plusieurs dizaines de générations sans aucun texte conservé. Le domaine a certainement changé de mains à de nombreuses reprises pendant cette période. Pourquoi le nom de Gomer a-t-il survécu à tous ces transferts de propriété ?

La réponse tient au mécanisme par lequel un nom de personne devient un nom de lieu. Au départ, les voisins disent « je vais à la cour de Gomer » — c'est une adresse, pas encore un toponyme. Quand le fils de Gomer hérite du domaine, les alentours continuent à dire « la cour de Gomer » par simple habitude, exactement comme on dit encore aujourd'hui « la maison Dupont » pour une ferme qui a changé trois fois de propriétaire. Puis vient le basculement décisif : entre le VIIIe et le Xe siècle, le latin parlé se transforme en ancien français, le mot curtis perd son sens de « domaine » dans la langue courante, et « Gomercourt » cesse d'être compris littéralement. Le nom n'est plus une description (le domaine de Gomer) — il est devenu un son opaque, une simple étiquette désignant un lieu. Plus personne ne pense à un homme nommé Gomer en le prononçant. À ce stade, le toponyme est fossilisé : aucun nouveau propriétaire ne songerait à rebaptiser le village, pas plus qu'on ne rebaptiserait Paris.

Il faut d'ailleurs être honnête : rien ne garantit que Gomer soit le fondateur du domaine. Il peut tout aussi bien être le troisième, le cinquième ou le dixième propriétaire franc — simplement celui dont le nom était en usage au moment où le toponyme s'est figé. Le domaine a pu s'appeler successivement « la cour de Chlodwig », puis « la cour de Hartbert », puis « la cour de Gomer » — et c'est ce dernier nom qui a cristallisé, parce que c'est à cette époque que la langue a cessé de le comprendre comme une adresse vivante. Ce que le toponyme conserve, ce n'est donc pas forcément le souvenir du fondateur, mais celui du dernier propriétaire avant que le nom ne devienne opaque. On observe d'ailleurs exactement le même processus en accéléré sur notre cadastre : en 1830, « Val Dalou » désigne le vallon d'un certain Dalou ; en 1954, le géomètre écrit « Val Dahu » — le sens est déjà perdu en à peine 124 ans.

Les variations graphiques au fil des siècles sont instructives : de Gomericuria (forme latine médiévale) à Gomercourt (forme intermédiaire, citée par La Bédollière), puis Gomecourt (carte de Cassini, XVIIIe siècle) et enfin Gommecourt (forme actuelle, avec doublement du m). On observe la contraction progressive du nom et la perte du r de « Gomer » dans la prononciation courante — un phénomène phonétique banal.

Anatomie d'un toponyme en -court : décomposition de Gommecourt et de ses voisins Tous les noms en -court du confluent obéissent au même mécanisme : un nom de personne franc suivi du mot latin cortis (domaine).

Clachaloze : un nom plus mystérieux

Si l'étymologie de Gommecourt est transparente, celle de son hameau Clachaloze est nettement plus obscure et invite à la prudence. Les formes historiques attestées ajoutent à l'énigme plus qu'elles ne la résolvent : La Bédollière au XIXe siècle écrit « Clachalose », la carte de Cassini (vers 1756-1789) porte « Clachalosse » avec un double s, tandis que l'orthographe actuelle a fixé un z final. Ces variations — -ose, -osse, -oze — montrent une hésitation graphique prolongée, signe que le nom n'était plus compris depuis longtemps au moment où on l'a mis par écrit.

Plusieurs hypothèses peuvent être avancées, sans qu'aucune ne s'impose avec certitude.

La première piste est topographique. Clachaloze est bâti au pied de falaises crayeuses spectaculaires, dans un site d'habitat troglodytique. Or, dans les parlers régionaux du nord de la France, le mot clache ou claque désigne parfois un caillou plat, une pierre, un éclat de roche. Le radical pourrait donc renvoyer au paysage minéral caractéristique du lieu. La terminaison -ose / -osse reste cependant difficile à rattacher à un suffixe connu dans la région.

Une deuxième piste, plus spéculative, lierait le nom à un anthroponyme pré-normand ou germanique suivi d'un déterminant de lieu, mais aucune forme ancienne ne permet de l'étayer solidement.

Ce qui est certain, c'est que la tradition locale a associé très tôt Clachaloze à son paysage de falaises et de grottes. La légende rapporte que saint Clair, disciple de saint Nicaise, se serait abrité dans les cavernes du hameau — une tradition qui, bien qu'anachronique (les deux saints ne sont pas contemporains), témoigne de l'ancienneté de la fréquentation de ces abris rocheux. Clachaloze possédait aussi une chapelle, peut-être construite pendant la guerre de Cent Ans, dont les ruines étaient encore visibles au XIXe siècle.

Le cas de Clachaloze illustre parfaitement les limites de la méthode toponymique : quand les attestations anciennes manquent ou sont trop tardives, quand le nom n'appartient à aucune série connue (pas de suffixe -court, -ville ou -acum), il est plus honnête de reconnaître l'incertitude que de forcer une explication. Ce hameau garde son secret — et c'est aussi ce qui fait son charme.

Les lieux-dits de Gommecourt et Clachaloze : ce que le cadastre de 1830 raconte

Si les noms de « Gommecourt » et « Clachaloze » sont les toponymes majeurs de la commune, ils ne sont que la partie émergée de l'iceberg. En ouvrant le cadastre napoléonien de 1830 — quatorze planches manuscrites d'une précision remarquable, conservées aux Archives départementales des Yvelines — on découvre un réseau dense de plus de cent vingt lieux-dits et microtoponymes qui couvrent chaque parcelle, chaque chemin, chaque recoin du territoire communal. Ces noms, pour la plupart inchangés lorsqu'on les retrouve sur le cadastre rénové de 1954, forment un véritable dictionnaire du paysage ancien. Ils racontent la vigne et les marais, les falaises et les ports, les chemins de la dîme et ceux de la Révolution.

Un géomètre arpenteur vers 1830 sur le plateau de Gommecourt Le géomètre et le paysan : en 1830, l'arpenteur du cadastre napoléonien note les noms de lieux-dits dictés par les habitants. C'est grâce à ce travail méticuleux que plus de cent vingt toponymes de Gommecourt ont été conservés. Reconstitution illustrée.

Tableau d'assemblage du cadastre napoléonien de Gommecourt (1830) Le tableau d'assemblage du cadastre de 1830 : les sept sections de la commune, de la lettre A (le Village) à la lettre G (les Sections des marais). Archives départementales des Yvelines, 3P2/141.

Le cadastre de 1830 divise la commune en sept sections, dont les noms sont déjà évocateurs : A. du Village (le bourg de Gommecourt et ses abords), B. des Rayons (le plateau vers La Roche-Guyon), C. des Vaux (les vallons des coteaux entre plateau et Seine), D. de Clachaloze (le hameau et ses environs), E. des Petits Huts (les cabanes de vignerons sur les pentes), F. des Bosses (le relief bosselé vers Limetz), et G. des Sections (les marais de l'Epte, partagés à la Révolution). Parcourons-les.

Plan schématique des sept sections du cadastre de Gommecourt en 1830 Les sept sections du cadastre napoléonien, avec les principaux chemins anciens et le tracé supposé de la voie romaine (La Chaussée).

Le village et ses marais : la section A

Autour du bourg de Gommecourt, le cadastre dessine un paysage d'eau et de jardins. Le Grand Marais et le Petit Marais encadrent le village côté Epte, avec entre les deux tout un réseau de prairies humides : Les Rigoles (fossés de drainage), La Prairie, Les Petits Prés, Le Petit Pâtis (pâturage communal). Les îles de l'Epte portent des noms de familles locales : Île Bauche, Île Mantois — les Mantois étant un patronyme encore répandu dans les vieilles familles du village il y a quelques années — même si, comme dans beaucoup de communes rurales du Vexin, les anciens disparaissent peu à peu et la population se renouvelle.

Le bourg lui-même est cerné de clos et de closeaux (petits enclos, jardins potagers), toponymes caractéristiques de l'habitat villageois groupé : Le Clos, Le Closet, Les Closeaux. On trouve Le Jardin Bisson (du nom d'une famille locale), La Cure (la maison du curé, à côté de l'église), et le lieu-dit Sous l'Église qui dit exactement ce qu'il veut dire. Les Troënes rappelle les haies d'arbustes qui délimitaient les parcelles. Les Frocs, plus mystérieux, pourrait désigner des terres en friche (du francique frokk) ou d'anciennes terres ecclésiastiques (le « froc » du moine). Le Bosquet et La Vignette (un petit vignoble en plein bourg) complètent le tableau.

Les noms de rues confirment la vocation du village : la Rue de l'Eau descend vers le lavoir et les marais, le Chemin du Moulin mène au moulin sur l'Epte, la Grande Rue traverse le bourg, et La Vignette longe les dernières vignes proches des maisons.

Mais le toponyme le plus important de cette section est sans doute La Chaussée, attesté à la fois comme nom de parcelle et comme nom de chemin. On le retrouve sur trois planches distinctes du cadastre, traversant toute la commune du sud au nord. Ce nom, qui désigne presque systématiquement une voie empierrée antique, confirme le passage de la voie romaine n°17 à travers Gommecourt, sur l'axe Gisors–Évreux identifié par Barat dans la Carte archéologique de la Gaule des Yvelines.

Au sud du village, vers Gasny, le cadastre enregistre La Glacière (un lieu de conservation de la glace, probablement lié au château de La Roche-Guyon), La Vallée des Deux Arpents (un arpent étant une mesure de surface agraire — rien à voir avec des serpents !), Les Graviers, La Demi-Lune (une parcelle en demi-cercle, ou un ouvrage défensif avancé) et Les Curolles, dont le sens reste incertain.

Un chemin traverse toute cette section d'est en ouest : le Chemin des Bâtards, c'est-à-dire un chemin secondaire, ni vraiment route ni simple sentier, qui reliait Gommecourt à Gasny en traversant le village entre les marais de l'Epte en contrebas et le plateau qui remonte vers la crête des falaises. On le retrouve sur presque toutes les planches du cadastre — c'était manifestement un axe de circulation majeur de la vie quotidienne.

Section A du Village, 1re feuille

Section A, 1re feuille

Section A du Village, 2e feuille

Section A, 2e feuille

Section A du Village, 3e feuille

Section A, 3e feuille

Le plateau des Rayons : la section B

Sur le plateau qui s'étend entre le village et La Roche-Guyon, le cadastre révèle un tout autre paysage. Les Seigneuries désigne des terres relevant directement du seigneur — en l'occurrence la famille de La Rochefoucauld, propriétaire du duché de La Roche-Guyon jusqu'à la Révolution. Les Fauconniers évoque la chasse au faucon, privilège seigneurial. Le Paradis, toponyme fréquent, désigne souvent un jardin d'agrément ou un verger clos.

Les noms agraires dominent : Les Journées (la superficie qu'un homme laboure en un jour), Les Maillières, Les Sablonnières (terrain sablonneux). On trouve aussi des toponymes botaniques : Les Framboises — avec un double nom alternatif, les Alouettes, qui montre que les habitants hésitaient entre deux appellations pour le même lieu.

La Croix de Pierre signale un calvaire ou une croix de carrefour en pierre, marqueur de croisement de chemins. Les Folies, loin de toute extravagance, désignent des défrichements tardifs ou des cabanes de feuillage isolées (du mot feuillée). La Côte aux Bibets — un terme dialectal local dont le sens précis reste à élucider — et Les Buttes ou les 3 Cornets (encore un double nom) complètent un vocabulaire riche et varié.

La Sente des Dîmages, qui longe la limite avec La Roche-Guyon, est particulièrement éloquente : c'est le chemin par lequel on transportait la dîme, l'impôt ecclésiastique sur les récoltes. On retrouve cette même sente sur plusieurs sections du cadastre, ce qui montre que le circuit de collecte de la dîme traversait une grande partie du territoire communal. Ce chemin est encore attesté sous ce nom sur le cadastre rénové de 1954 — plus d'un siècle et demi après l'abolition de la dîme en 1789.

cadastre-1830-sectionB

Section B - Les Rayons

Les vallons de Clachaloze : les sections C et D

geometre_cadastre_1830_coteaux Le géomètre sur les coteaux en 1830. Reconstitution illustrée.

C'est sur les coteaux qui plongent du plateau vers la Seine que la toponymie est la plus spectaculaire. La section C, dite des Vaux (les vallons), égrène une collection de noms en « Val » qui décrivent chaque repli du terrain : Le Val Étourdi (un vallon exposé aux vents tourbillonnants, ou dans lequel on se perd), Le Val Dalou (du nom d'un ancien propriétaire), Le Val de la Dame (une propriétaire noble), Le Val Raut — qui n'est autre que le Val Raux actuel, le belvédère de la Réserve naturelle des Coteaux de la Seine, dont on découvre ici la forme ancienne. Les cartes actuelles indiquent d'ailleurs un « chemin du Val Roux », troisième avatar d'un nom qui n'a cessé d'évoluer : Raut en 1830, Raux en 1954, Roux aujourd'hui — un bel exemple de déformation progressive par réinterprétation populaire. Et Le Val Marie, dont le cadastre nomme séparément la crête et le fond, avec une précision qui force l'admiration.

Les Chopinettes — diminutif de « chopine », une mesure de liquide — désigne de toutes petites parcelles. Les Grandes Vignes et Les 3 Noyers parlent d'eux-mêmes. Le Beauforties et La Pierre Fourchée sont plus intrigants. La Pierre Fourchée est un spectaculaire piton de craie naturel, dressé comme une proue à l'entrée du Val de la Dame, à la limite entre Clachaloze et La Roche-Guyon. Une carte postale ancienne la montre dans toute sa majesté, dominant le chemin qui descend vers la Seine avec le donjon de La Roche-Guyon en arrière-plan. Son sommet, érodé en deux pointes par les intempéries, lui a valu ce nom de pierre « fourchée » — fendue en fourche. Le Rivier Cosson désigne un petit cours d'eau portant un nom de famille locale.

La Pierre Fourchée du Val de la Dame à Clachaloze

La Pierre Fourchée du Val de la Dame, à la frontière entre Clachaloze et La Roche-Guyon. Au fond, le donjon médiéval. Cette roche naturelle servait aussi de borne pour la perception des péages seigneuriaux. Carte postale ancienne, éd. A. Lavergne, Vernon.

Le Val Raut sur le cadastre de 1830 et le Val Roux sur la carte actuelle Val Raut en 1830, Val Raux en 1954, Val Roux aujourd'hui : trois formes en moins de deux siècles pour un même vallon. Le sens originel (probablement un patronyme) est définitivement perdu au profit d'un mot familier.

Mais ce sont les ports de Clachaloze qui frappent le plus. Le cadastre de 1830 en recense cinq sur quelques centaines de mètres de rive : Port Saint-Fiacre (saint Fiacre est le patron des jardiniers — un port lié au commerce maraîcher ?), Port des Îlots, Port de la Croix, Port au Rey (le port du roi ou du seigneur) et Port à la Cauchaise (le port de la chaux, d'où l'on embarquait la chaux extraite des falaises crayeuses). Cette densité portuaire confirme l'intense activité fluviale de Clachaloze et son rôle d'interface entre le plateau agricole et le commerce par la Seine.

Les cinq ports de Clachaloze sur le cadastre de 1830 Cinq embarcadères sur quelques centaines de mètres de rive : Clachaloze vivait de la Seine.

Le port à la Cauchaise au pied des falaises de Clachaloze Le port à la Cauchaise : au pied des falaises crayeuses, on embarquait la chaux sur des barques à fond plat pour la transporter par la Seine. Reconstitution illustrée.

La section D, qui couvre Clachaloze même et ses coteaux, est la plus riche de toutes. Le lieu-dit Sur les Boves est un témoignage direct de l'habitat troglodytique — les boves étant les cavités creusées dans la falaise crayeuse, visibles encore aujourd'hui. Crébante (du verbe « crever » au sens ancien de se fissurer) évoque un terrain qui s'éboule, qui se crevasse — description parfaite de la falaise friable. La Bellevue correspond à l'emplacement de la tour féodale de 1118, dont la motte est encore repérable sur le cadastre sous la forme d'une parcelle circulaire caractéristique.

Les Rouges Vignes confirme la présence ancienne de vignoble sur les coteaux exposés plein sud — les « rouges vignes » désignent les parcelles de cépages à raisin rouge qui faisaient la richesse viticole de Clachaloze avant la crise du phylloxéra. Les Fourneaux signale des fours, probablement des fours à chaux exploitant la craie de la falaise. Le Gord des Eaux est un terme médiéval spécialisé désignant un barrage de pêche construit en travers d'un bras de Seine — un piège à poissons.

Parmi les toponymes plus obscurs, Les Malmouches (mauvaises mouches ? terrain infesté d'insectes ?), Les Gouêches (terre détrempée, boueuse ?), Les Gates (terres gâtées, improductives), Le Régina et La Réconvale conservent des sens dialectaux qui échappent pour partie à l'analyse. La Folie, comme sur le plateau, désigne un lieu isolé, un défrichement tardif.

Le cadastre enregistre aussi deux chemins parallèles, un de chaque côté de l'arête rocheuse qui sépare les deux versants de la commune : le Chemin des Bâtards côté Gommecourt (traversant le village entre marais et plateau, axe Gasny–Limetz) et le Chemin des Balards côté Clachaloze (longeant les coteaux parallèlement à la Seine, axe La Roche-Guyon–Bennecourt). Deux noms distincts, deux tracés distincts, pour deux versants d'une même commune — la dualité fondamentale de Gommecourt-Clachaloze inscrite dans la géographie et dans les mots.

Le CV3 et la Vieille charrière'
La "superbe route" de l'instituteur (CV3) et la Vieille Charrière

Un autre chemin mérite une mention particulière : La Charrière, l'ancien chemin qui reliait Gommecourt à son hameau de Clachaloze en descendant les coteaux par un tracé sinueux à travers les vallons. Le cadastre de 1830 l'enregistre sous le double nom « La Charrière ou chemin de Gommecourt à Clachaloze » — une charrière étant un chemin assez large pour le passage des charrettes. C'était le lien vital entre le village et son hameau, mais un lien difficile : la pente était si raide qu'elle se rendait « impraticable aux fortes charges » selon la monographie de l'instituteur de 1899, obligeant les cultivateurs à faire un détour par La Roche-Guyon pour le transport des récoltes et des engrais. En 1892-1893, une rectification du chemin vicinal n°3 fut percée à travers les coteaux, offrant enfin une route praticable. L'instituteur la décrit avec enthousiasme comme « une superbe route qui dessert de longs intervalles dans les vallons ». L'ancien parcours fut relégué au rang de voie secondaire — mais pas oublié. Les habitants de Clachaloze le nomment encore aujourd'hui Rue de la Vieille Charrière, prolongée par la Rue des Boves qui rappelle les habitations troglodytiques qu'elle desservait. Curieusement, la mémoire locale attribue souvent la création de la nouvelle route à la disparition des chevaux pendant la guerre de 1914 — un décalage de vingt ans qui montre comment les souvenirs se recomposent au fil des générations.

Section C des Vaux 1re feuille

Section C des Vaux, 1re feuille

Section C des Vaux, 2e feuille

Section C des Vaux, 2e feuille

Section D - Clachaloze, 3e feuille

Section D, Clachaloze

Les pentes et le plateau : sections E et F

La section E, dite des Petits Huts, porte un nom qui évoque de petites huttes ou cabanes — probablement des abris de vignerons sur les pentes cultivées en vigne. On y trouve La Côte aux Chiens, un toponyme intrigant qui désigne un bon coteau agricole à proximité du bourg, dont l'origine reste inexpliquée. Les Prunières (pruniers), Les Vieilles Vignes (un vignoble abandonné — la mémoire d'un paysage disparu), Le Caillouest (terrain pierreux), Les Contrôleuses (parcelles soumises à un contrôle fiscal ?) composent un paysage de transition entre les coteaux et le plateau.

Sur la section E voisine, la deuxième feuille révèle un plateau rude : Les Maigres Monts (buttes de terre pauvre), Les Hauts Vents (parcelles exposées au vent, sans abri), Les Péraudes (terrain pierreux), Le Clos Gautier (l'enclos d'un certain Gautier) et Les Belles Faisselles — un toponyme rare et savoureux, la faisselle étant le moule à fromage percé de trous, appliqué ici à un terrain criblé de petites cavités karstiques.

Section E des Petits Huts, cadastre 1830

Section E des Petits Huts, 1re feuille

Section E des Petits Huts, cadastre 1830

Section E des Petits Huts, 2e feuille

La section F, des Bosses, confirme le relief tourmenté avec ses Basses Bosses, Bosses et Hautes Bosses — trois niveaux d'élévation distingués par le cadastre. Les Longues Raies désigne les parcelles en bandes étroites typiques du parcellaire médiéval en champs ouverts. La Voie aux Vaches est un chemin de pâturage, le parcours quotidien du troupeau villageois. Les Vaux Perreux (vallons pierreux) et Les Déserts (terres désertées, abandonnées — un possible indice de déprise agricole ancienne) complètent un tableau de plateau calcaire ingrat, bien différent de la richesse des coteaux de Clachaloze.

cadastre-1830-sectionF

Section F - Des Bosses

Les marais de la Révolution : la section G

La dernière section du cadastre est sans doute la plus surprenante. La section G, dite des Sections, couvre les marais de l'Epte entre Gommecourt et Sainte-Geneviève. Les parcelles y sont désignées non par des noms de lieux-dits mais par de simples lettres : Section A, Section B… jusqu'à Section P. Cette anomalie s'explique par l'histoire : ces marais étaient des biens communaux indivis, exploités collectivement par les habitants pour la fauche du foin et le pâturage. À la Révolution, ils ont été partagés en lots géométriques attribués aux familles — d'où les lettres, qui remplacent les noms de lieux devenus sans objet.

Seules quelques parcelles portent un nom propre : Grand Champ, Le Pré du But (le pré du bout, à l'extrémité du marais — à moins que le jeu de mots révolutionnaire ne soit intentionnel), Île Marionnette (une île de l'Epte portant un patronyme). Le Moulin de Gommecourt est bien visible en bordure de la rivière.

Mais ce sont les noms de chemins qui saisissent le plus. Le cadastre enregistre ici un ensemble complet de voies baptisées à la Révolution : Chemin du Serment Civique, Chemin des Vertus, Chemin de la Fortune, Chemin du Commerce, Chemin du Travail, Chemin du District, Chemin de la Municipalité, Chemin de la Société, Sente de la Providence, et même un Chemin National. C'est un catalogue des valeurs républicaines inscrit dans le paysage, au moment même où l'on renommait les mois du calendrier et les rues de Paris. Le Chemin de la Grenouillère, seul rescapé de la toponymie d'usage, doit sa survie à son réalisme prosaïque : c'est le chemin près duquel on chassait les grenouilles, au bord de l'Epte.

La section G du cadastre de 1830 : les marais partagés à la Révolution La section G « des Sections » : les parcelles de marais désignées par de simples lettres (A à P), et les chemins aux noms révolutionnaires — Serment Civique, Vertus, Fortune, Commerce… Archives départementales des Yvelines, 3P2/141.

Ces noms figurent encore sur le cadastre rénové de 1954. Mais ils n'étaient sans doute plus prononcés par personne à cette date : le grand marais s'était progressivement couvert de peupleraies au cours du XIXe siècle — une reconversion économique documentée par la monographie de l'instituteur de 1899 — et les chemins de traverse avaient perdu leur fonction avec la disparition des parcelles cultivées. Aujourd'hui, ce sont des sentiers anonymes dans un sous-bois que plus personne ne nomme. Les toponymes révolutionnaires ont survécu dans les archives cadastrales — ils ont eu une vie administrative bien plus longue que leur vie orale.

Ce que le remembrement a effacé

La comparaison entre les deux cadastres — 1830 et 1954 — révèle un autre phénomène : le remembrement. Sur le cadastre de 1954, de vastes zones portent la mention « Remembrée » (sections ZA, ZB, ZC, ZD, ZE, ZF, ZG, ZH), signalant que les petites parcelles d'autrefois ont été fusionnées en grands ensembles. Les Framboises, les Alouettes, les Chopinettes, les Journées — ces noms qui désignaient chacun quelques ares de terrain, un framboisier par-ci, un champ de la taille d'une journée de labour par-là — ont perdu leur raison d'être quand les parcelles qu'ils nommaient ont été absorbées dans des exploitations plus vastes. Le cadastre de 1954 les conserve encore, inscrits à l'encre pâle sous les nouvelles délimitations, mais ils ne correspondent plus à rien sur le terrain. Le paysage de mosaïque agricole qu'ils décrivaient — ce fin parcellaire en lanières que l'on voit si bien sur les planches de 1830 — a cédé la place à de grands champs remembrés où un seul propriétaire cultive ce que dix familles se partageaient autrefois. Avec les parcelles, ce sont les noms qui s'effacent : plus besoin de distinguer Les Maigres Monts des Hauts Vents quand les deux ne forment plus qu'un seul champ.

Section G des Sections, cadastre 1830

Section G des Sections, 1re feuille

Section G des Sections, cadastre 1830

Section G des Sections, 2e feuille

Les noms en -court : la colonisation franque au confluent

Le suffixe -court est si fréquent dans notre secteur qu'il dessine, à lui seul, une carte de la colonisation franque du Vexin. En parcourant les quelques kilomètres qui séparent Gommecourt de Mantes-la-Jolie, on traverse Bennecourt, on croise Guitrancourt, Hardricourt, Guyancourt… Chacun de ces noms raconte la même histoire : à un moment du haut Moyen Âge, le nom d'un propriétaire franc — fondateur du domaine ou l'un de ses successeurs — s'est attaché à la terre au point de lui survivre.

Bennecourt en est un excellent exemple. Perrier du Carne, dans une communication à la Commission des Antiquités et des Arts du département de Seine-et-Oise, rattache le nom à la forme latinisée Bannecuria, qu'il décompose en Bann- (du tudesque bann, bannière, étendard) et -curia. L'article Wikipédia de Bennecourt propose plus sobrement l'anthroponyme germanique Berno, ce qui donnerait « le domaine de Berno ». La commune est effectivement installée dans une position dominante, entre deux voies romaines, sur une colline qui porte encore les traces d'une importante occupation gallo-romaine puis médiévale.

Guitrancourt, un peu plus au sud vers Mantes, porte dans la première partie de son nom un anthroponyme germanique (Guitran- ou Wistran-), suivi du même -court. Hardricourt garde le souvenir d'un Halderic ou Hardric. Guyancourt, plus lointain, est « le domaine de Guido ».

Ce qui frappe, c'est la densité de ces noms en -court dans un périmètre restreint. Ce n'est pas un hasard : le Vexin français, en tant que territoire fertile et bien desservi par les voies de communication héritées de l'époque romaine, a été intensivement colonisé par les Francs après la chute de l'Empire romain. Les grandes villae gallo-romaines, souvent abandonnées ou dégradées au Ve siècle, ont été morcelées en domaines plus petits, confiés à des colons qui les ont rebaptisés de leur nom. C'est ce processus que l'article sur la fin du monde romain décrit en détail pour notre secteur.

Jocourt
Jocourt, entre Gloton et Tripleval

Il est frappant de constater que le hameau de Jocourt, visible sur la carte de Cassini entre Gloton et Tripleval, sur la commune de Bennecourt, appartient à la même famille : un anthroponyme (Jo-, peut-être forme abrégée de Jocundus ou d'un nom germanique en Jod-) suivi de -court. Mais Jocourt illustre aussi la fragilité des toponymes. Aujourd'hui, Bennecourt ne reconnaît officiellement que deux hameaux — Gloton et Tripleval — et son blason ne porte que trois étoiles, une pour chacun d'eux. Jocourt a disparu de toute référence administrative. Son nom subsiste peut-être encore sur quelques cartes, mais il n'est plus prononcé par personne. Le nom d'un propriétaire franc du VIIe siècle, qui a traversé treize siècles, est en train de s'éteindre au XXIe — non pas parce que la langue l'a déformé au point de le rendre méconnaissable, mais simplement parce qu'il n'y a plus personne pour le dire.

🔍 FOCUS : Le suffixe -court, marqueur de la colonisation franque

Dans le nord de la France, les noms de communes en -court se comptent par centaines. Ils forment une des familles toponymiques les plus homogènes et les mieux étudiées par les linguistes. Leur mécanisme de formation est toujours le même : un nom de personne germanique (franc, burgonde ou autre) suivi du mot curtis (bas latin), qui désigne un domaine agricole clos.

Le mot curtis (ou cortis) a donné en français le mot « cour » — et son dérivé « courtois », car c'est dans la cour du seigneur que l'on apprenait les bonnes manières. En toponymie, le -court final a parfois évolué en -cour (Vaucouleurs Vallis Coloris) ou en -curt dans certains dialectes.

La répartition géographique de ces noms est éloquente. Ils sont massivement concentrés dans un arc qui va de la Picardie au Bassin parisien, en passant par le Vexin, la Beauce et le pays chartrain — c'est-à-dire dans le cœur du royaume franc mérovingien. Leur densité diminue nettement au sud de la Loire et à l'ouest de la Normandie, régions où d'autres modes de colonisation ont prévalu.

Autour de Gommecourt, on peut dresser une liste impressionnante de communes et de lieux-dits en -court : Gommecourt, Bennecourt, Guitrancourt, Hardricourt, Guyancourt, Jocourt, Follainville-Dennemont (l'ancien Follainville), et de l'autre côté de l'Epte, dans le Vexin normand, des séries équivalentes. Ces noms nous disent que le confluent Seine-Epte a été densément peuplé et mis en valeur par les Francs dès le haut Moyen Âge — ce qui n'est guère surprenant pour un territoire aussi fertile, aussi bien irrigué et aussi bien desservi par les voies de communication héritées de [l'Antiquité](/periodes/lantiquite-la-romanisation).

Il faut noter que le suffixe -court ne signifie pas nécessairement une fondation ex nihilo. Dans bien des cas, le colon franc a repris un domaine existant — parfois une ancienne villa gallo-romaine — et l'a simplement rebaptisé de son nom. C'est le domaine qui a changé de nom, pas forcément le paysage.

Noms en -ville : l'autre marqueur franc

À côté des -court, le suffixe -ville (du latin villa, domaine rural) forme la deuxième grande famille de toponymes d'origine franque dans le Vexin. La différence entre les deux est subtile : curtis désignait plutôt une exploitation modeste, un enclos, tandis que villa renvoyait à un domaine plus vaste, souvent héritier d'une propriété romaine. Avec le temps, cette distinction s'est estompée.

On la retrouve tout autour de Gommecourt. Limetz-Villez, la commune voisine, est un cas intéressant : elle réunit deux hameaux aux noms d'origine différente. Sur la carte de Cassini, on voit très clairement que Limetz et Villez sont deux noyaux habités distincts, séparés de quelques centaines de mètres. Villez est un simple pluriel de ville au sens médiéval (« les domaines »), tandis que Limetz pourrait dériver d'un anthroponyme suivi d'un suffixe. Le registre de paroisse de 1784 montre d'ailleurs que les deux communautés fonctionnaient de manière autonome avant d'être réunies administrativement.

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Limetz et environs - Carte de Cassini - XVIIIè siècle

Plus au nord dans le Vexin, Genainville est un cas passionnant. La Bédollière rapporte que le village s'appela d'abord Genetville ou Geneth-ville — c'est-à-dire « le domaine de Genet » ou de Geneth, un anthroponyme. Genainville est surtout connue pour son grand sanctuaire gallo-romain, un des plus importants du Vexin, mais son nom, lui, est nettement postérieur : il date de l'époque franque, quand un nouveau propriétaire a pris possession du lieu et l'a rebaptisé.

Follainville (aujourd'hui Follainville-Dennemont), Gironville, Guibeville : la liste est longue dans le diocèse de Versailles. Le Pouillé de l'abbé Gautier en fournit un inventaire méthodique, avec les formes latines médiévales en regard.

Les noms en -acum : l'héritage gallo-romain

Sous la couche franque se devine une strate plus ancienne : celle des noms gallo-romains en -acum. Ce suffixe, d'origine gauloise (-ācon), désignait un domaine ou une propriété en l'associant au nom de son propriétaire. Le mécanisme est identique à celui des -court, mais il est antérieur de plusieurs siècles : les toponymes en -acum ont été formés à l'époque gallo-romaine, entre le Ier siècle av. J.-C. et le Ve siècle apr. J.-C.

Le suffixe -acum a subi des transformations phonétiques différentes selon les régions. En Île-de-France et dans le nord de la France, il est généralement devenu -y (comme dans Passy, Clichy, Neuilly). Dans le Vexin et les régions normandes, on trouve plutôt des formes en -y, ou -ny.

Giverny en est le représentant le plus célèbre dans notre secteur. Le village, mondialement connu pour Claude Monet, est nommé en latin médiéval Giverniacum ou Gwernacum — c'est-à-dire le domaine d'un certain Givernius ou Gwernus. Ce nom n'est pas germanique : il pourrait avoir une racine celtique (gwern, l'aulne, arbre très commun dans les zones humides), ce qui ferait de Giverny un toponyme gallo-romain formé sur un terme botanique plutôt que sur un nom de personne. Le village est en effet situé dans une zone marécageuse au confluent de l'Epte et de la Seine, où les aulnes devaient prospérer.

Gasny, l'autre commune voisine de Gommecourt de l'autre côté de l'Epte, dans l'Eure, est un cas plus délicat. Certains auteurs anciens pensent que le village tirerait son nom du passage de saint Nicaise, apôtre du Vexin, qui y aurait trouvé la mort — mais cette étymologie hagiographique est très probablement une construction tardive. La forme du nom évoque plutôt un toponyme gallo-romain en -acum transformé en -y par l'évolution phonétique normale, ce qui donnerait un anthroponyme Gasnius ou Wasnius.

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Gasny - Carte d'état major - 1820 -1866

La différence entre la couche -acum et la couche -court est chronologique, mais elle a aussi une signification sociale. Les noms en -acum renvoient à la période où les propriétaires fonciers étaient encore des notables gallo-romains, romanisés, qui portaient des gentilices latins ou latinisés. Les noms en -court, eux, marquent le moment où ces domaines ont changé de mains, passant à des propriétaires francs portant des noms germaniques. C'est toute la transition de l'Antiquité au Moyen Âge qui se lit dans ces deux couches de noms.

Toponymes de relief, d'eau et de végétation

Tous les noms de lieux ne sont pas des noms de propriétaires. Une part importante de la toponymie locale est descriptive : elle nomme le paysage, le relief, le cours d'eau, la végétation. Ces noms, souvent en ancien français, sont généralement plus transparents que les précédents.

Le relief : falaises, roches et vallons

La Roche-Guyon est le plus spectaculaire de ces toponymes descriptifs. « La Roche » désigne évidemment la falaise de craie monumentale qui domine le village et le méandre de la Seine. « Guyon » est un nom de personne (forme diminutive de Guy), celui du seigneur qui a construit le premier donjon au sommet de cette roche. Le nom signifie donc « la falaise fortifiée de Guyon » — une description parfaitement fidèle du site que l'on peut encore observer aujourd'hui depuis le château et son donjon médiéval.

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Château de la Roche-Guyon - Louis Nicolas de Lépinasse

Haute-Isle, le village voisin blotti au pied de sa falaise troglodytique, porte un nom tout aussi parlant. Isle désignait au Moyen Âge non pas une île au sens moderne, mais un terrain isolé, une zone enclavée — ce que le village est effectivement, coincé entre la Seine et la muraille de craie. L'adjectif haute renvoie à la position élevée des habitations, creusées dans la falaise jusqu'à 80 mètres au-dessus de la plaine alluviale.

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Église de l'Annonciation - Haute-Isle

Tripleval, hameau de Bennecourt visible sur la carte de Cassini, se décompose naturellement en « triple val » — le lieu où convergent trois vallons. Le site correspond effectivement à un petit cirque topographique, au pied de la falaise, entaillé par plusieurs thalwegs qui descendent du plateau vers la Seine. C'est dans le vallon de Tripleval que le sanctuaire gallo-romain de Bennecourt dressait sa silhouette face aux collines de la rive gauche.

Chantemesle, hameau de Haute-Isle, porte un de ces noms poétiques que le Moyen Âge aimait donner aux sites agréables : « chante-merle », le lieu où chante le merle. D'autres interprétations sont possibles (mesle peut renvoyer au néflier ou mêle), mais le sens bucolique reste le plus vraisemblable.

Sur la carte de Cassini, on repère aussi Falaise, un lieu-dit situé entre Giverny et Gommecourt, qui désigne simplement… une falaise. Cocriomont, écart disparu près de Chérence, associe cocri- (peut-être une déformation de « coquerel », lié au coq) et -mont (colline).

L'eau : rivières, marais et moulins

Les hydronymes — les noms de cours d'eau — forment la couche la plus ancienne et la plus résistante de la toponymie. La Seine (Sequana en latin) et l'Epte portent des noms dont l'origine remonte à des langues pré-celtiques, peut-être indo-européennes anciennes, dont la signification exacte est perdue. Pour la Seine, l'étymologie la plus courante la rattache à une racine squan- liée à l'idée de sinuosité ou de serpentement. Pour l'Epte, les hypothèses restent très ouvertes.

Dans le paysage local, l'eau est omniprésente dans la toponymie. Le moulin Malgrain à Gommecourt porte tout simplement le nom d'un de ses propriétaires — un rappel que le toponymiste doit toujours envisager le patronyme avant l'étymologie pittoresque. Les marais de Gommecourt, mentionnés dans les délibérations paroissiales de Limetz dès le XVIIIe siècle, étaient un enjeu vital pour les communautés riveraines qui y récoltaient du foin et y faisaient paître leurs bêtes.

Freneuse, la commune qui fait face à Clachaloze de l'autre côté de la Seine, tire probablement son nom du frêne (fraxinus en latin, fraisne en ancien français), arbre caractéristique des ripisylves de la vallée.

La Vacherie, la Lombardie… et d'autres microtoponymes parlants

La carte de Cassini recèle d'autres pépites. La Vacherie, lieu-dit près de La Roche-Guyon, est limpide : un pâturage pour les vaches. La Lombardie, entre Gloton et Bennecourt, est plus intrigant. Dans la toponymie française, « Lombardie » désigne souvent un terrain acquis ou exploité par des Lombards — ces banquiers et marchands italiens du Moyen Âge qui prêtaient de l'argent et possédaient des biens fonciers à travers toute la France. La présence de ce toponyme près de Bennecourt pourrait témoigner d'une transaction foncière médiévale avec des financiers italiens.

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Les microtonymes

Le Colombier, visible sur Cassini près de Tripleval, rappelle le droit seigneurial d'élever des pigeons — un privilège féodal qui a profondément marqué la toponymie française.

🔍 FOCUS : La méthode toponymique — entre science et fausses étymologies

La toponymie est une discipline fascinante mais piégée. La première tentation du curieux est de rapprocher un nom de lieu du mot français moderne qui lui ressemble le plus — et c'est presque toujours une erreur. C'est ce que les linguistes appellent l'étymologie populaire : une explication séduisante mais fausse, construite sur une ressemblance superficielle.

Prenons un exemple célèbre dans notre région : l'ancien nom de Saint-Clair-sur-Epte. Avant de recevoir le nom du saint martyr au IXe siècle, le village s'appelait Vulcassum — un nom que certains auteurs ont rapproché du dieu romain Vulcain, imaginant des forges antiques sur les rives de l'Epte. En réalité, Vulcassum dérive bien plus probablement du nom des Véliocasses, le peuple gaulois dont le territoire englobait le Vexin. Le rapprochement avec Vulcain est un bel exemple de « romantisme étymologique ».

Pour éviter ces pièges, le toponymiste sérieux suit quelques règles strictes. Première règle : remonter aux formes les plus anciennes. Un nom de lieu ne s'explique jamais à partir de sa forme actuelle, toujours déformée par des siècles d'évolution phonétique. Il faut chercher dans les chartes médiévales, les pouillés, les cartulaires les attestations les plus anciennes possibles. Pour Gommecourt, c'est la forme Gomericuria de 1337 qui éclaire tout.

Deuxième règle : comparer avec les séries. Un toponyme isolé est presque ininterprétable. Mais s'il appartient à une série connue (les -court, les -ville, les -acum), le travail est considérablement facilité. Quand on sait que -court = anthroponyme germanique + curtis, décomposer Bennecourt, Guitrancourt ou Gommecourt devient un exercice presque mécanique.

Troisième règle : admettre l'incertitude. Beaucoup de noms restent inexpliqués, et c'est normal. Clachaloze, Gloton, bien d'autres microtoponymes ne se laissent pas facilement décoder. Plutôt que d'inventer une étymologie flatteuse, le bon toponymiste note les hypothèses, les pèse, et n'hésite pas à écrire : « origine incertaine ».

En pratique, la toponymie est un outil précieux pour l'archéologue et l'historien. Un lieu-dit « la Chaussée » signale le passage d'une voie romaine — on l'a vu à Gommecourt. « Le Chemin Ferré » aussi. « La Haute Borne » peut indiquer une ancienne borne milliaire. « La Pierre Levée » évoque un mégalithe. Ces indices, croisés avec les données archéologiques, ont souvent conduit à de véritables découvertes.

Gloton : un hameau qui garde son mystère

Parmi les toponymes des environs immédiats de Gommecourt, Gloton — hameau de Bennecourt, célèbre pour avoir accueilli Zola et Cézanne dans les années 1860-1870 — résiste particulièrement à l'analyse. Le nom apparaît sur la carte de Cassini sous la même forme qu'aujourd'hui, sans variante significative.

Faut-il y voir un rapport avec l'adjectif français « glouton » (du latin gluttonem, gourmand) ? C'est l'hypothèse la plus intuitive, mais les toponymistes se méfient à juste titre des rapprochements trop évidents. Le nom pourrait aussi dériver d'un anthroponyme germanique (Glotto, Glodo) ou d'un terme dialectal désignant un type de terrain (terre argileuse, boueuse ?). En l'absence de formes anciennes bien documentées, la prudence est de mise.

Ce qui est certain, c'est que Gloton occupait une position remarquable au bord de la Seine, sur le passage de l'ancienne voie romaine n°18 qui reliait Vernonnet à Bonnières-les-Guinets en longeant la rive droite du fleuve. Ce n'était pas un lieu isolé mais un point de passage, avec un ancien bac qui assurait la traversée. Le hameau est également mentionné dans la monographie de l'instituteur de Bennecourt en 1899 comme un noyau habité distinct, avec sa propre sociabilité villageoise.

CPA-Gloton

Carte postale ancienne - Le Port de Gloton - Lavergne

Les toponymes révélateurs : routes, bornes et carrefours

Pour le randonneur ou l'historien attentif, certains microtoponymes sont de véritables indices archéologiques. Ils signalent le passage d'une voie ancienne, l'emplacement d'un édifice disparu ou la trace d'une ancienne limite.

« La Chaussée » et « le Chemin Ferré » : les fantômes des voies romaines

Le lieu-dit la Chaussée à Bonnières-sur-Seine est un autre exemple. La Carte archéologique de la Gaule (Barat) identifie formellement ce lieu comme un point de passage de la voie romaine n°1, l'itinéraire Paris-Rouen par la rive sud de la Seine. On retrouve le même terme dans le lieu-dit « Charlevanne, la Chaussée », où une pêcherie est attestée dès l'époque carolingienne. À Gommecourt même, on l'a vu, La Chaussée traverse toute la commune sur le cadastre de 1830.

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La Chaussée à Gommecourt

Le Chemin Ferré, que l'on retrouve sur les cadastres anciens de plusieurs communes entre Maulette et Houdan, désigne une voie dont le revêtement de pierre ou de mâchefer produisait un son « ferraillant » sous les roues des charrettes. C'est un indice quasi certain d'une voie antique.

« Le Carrouge » : un carrefour antique

À Limetz-Villez, le lieu-dit le Carrouge est particulièrement significatif. Le mot dérive de quadruvium (carrefour à quatre branches), passé en ancien français sous la forme carrouge ou quarruge. La Carte archéologique des Yvelines y situe effectivement le croisement de la voie romaine n°17 (axe Gisors–Évreux, passant par Gommecourt) et de la voie n°18 (Vernonnet–Bonnières). Ce toponyme, à lui seul, confirme la position de Gommecourt comme carrefour — le fil rouge de ce site.

« La Haute Borne », « la Pierre Levée » : bornes et mégalithes

Les toponymes la Haute Borne, la Grosse Borne, la Borne Percée et la Pierre Levée, que l'on retrouve sur les voies romaines inventoriées par Barat dans toutes les Yvelines, signalent tantôt d'anciennes bornes milliaires romaines, tantôt des menhirs préhistoriques réutilisés comme repères. À Fontenay-Saint-Père, la Borne Percée est explicitement mentionnée sur le tracé de la voie Dreux–Gisors.

À Bonnières, le lieu-dit le Caillou « pourrait rappeler l'existence d'un menhir ou d'une borne milliaire », note la Carte archéologique. Ces toponymes modestes, que l'on croiserait sans y penser, sont autant de balises archéologiques à ciel ouvert.

Un dernier regard sur la carte : les noms saints et les noms normands

Avant de refermer cette exploration, signalons deux dernières couches présentes dans notre région.

Les noms de saints (hagiotoponymie) sont nombreux dans le Vexin : Saint-Clair-sur-Epte doit son nom au moine anglais Clair, décapité en 884 sur les bords de l'Epte. Sainte-Geneviève-lès-Gasny honore la patronne de Paris. Le hameau de Saint-Eustache, enclave euroise sur la commune de Gommecourt, correspondrait à un ancien ermitage associé à saint Nicaise. Ces noms de saints, généralement fixés entre le VIIIe et le XIIe siècle, témoignent de la christianisation profonde du territoire.

Les apports scandinaves sont en revanche très discrets dans notre secteur, ce qui peut surprendre pour un territoire frontalier de la Normandie. En rive normande, on ne trouve guère de toponymes en -beuf (du vieux norrois bóð, habitation), -tot (toft, enclos), -fleur (flóð, estuaire) ou -bec (bekkr, ruisseau) qui sont caractéristiques de la toponymie viking de Haute-Normandie. Cela confirme que la vallée de l'Epte a bien fonctionné comme une frontière effective : les colons scandinaves se sont installés à l'ouest de la rivière, laissant la rive francilienne à sa toponymie franque.

Conclusion : le paysage comme palimpseste

Au terme de cette promenade linguistique, une évidence s'impose. Les noms de nos villages, hameaux et lieux-dits forment un palimpseste — ce parchemin médiéval que l'on grattait pour écrire par-dessus, mais dont les textes antérieurs restent partiellement lisibles en transparence.

Sur le territoire de Gommecourt et de ses environs, on peut lire ainsi au moins quatre couches successives : les hydronymes pré-celtiques (Seine, Epte), les noms gallo-romains en -acum (Giverny, Gasny), les noms francs en -court et -ville (Gommecourt, Bennecourt, Limetz-Villez), et les noms descriptifs médiévaux en français ancien (La Roche-Guyon, Haute-Isle, Tripleval). À ces couches s'ajoutent les noms de saints, les microtoponymes routiers, et quelques mystères irrésolus — comme Clachaloze ou Gloton.

Les strates toponymiques au confluent Seine-Epte Six couches de noms superposées sur le même territoire : le palimpseste toponymique du confluent.

Cette superposition est fidèle à l'histoire même du territoire. Depuis au moins la Préhistoire, le confluent Seine-Epte a été un lieu de passage, d'échange et d'installation humaine. Chaque civilisation a laissé sa marque dans le paysage — et dans les mots qui le désignent. Le laboureur gallo-romain qui donnait son gentilice à son domaine, le guerrier franc qui rebaptisait la ferme conquise, le moine qui consacrait un village au saint de sa dévotion : tous ont contribué à écrire, syllabe après syllabe, la carte que nous lisons aujourd'hui.

Et c'est peut-être là le plus beau cadeau de la toponymie. Elle nous rappelle que le paysage n'est jamais neutre, jamais « naturel » : il est construit, nommé, approprié par les hommes depuis des millénaires. Chaque fois que nous disons « Gommecourt », nous prononçons, sans le savoir, le nom d'un homme du VIIe siècle. Chaque fois que nous empruntons « la Chaussée », nous marchons, à notre insu, sur une voie romaine. Le territoire est un livre ouvert — il suffit d'apprendre à le lire.

Sources et pour aller plus loin

Sources principales consultées :

  • Barat, Yvan, Carte archéologique de la Gaule — Les Yvelines (78), Paris, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 2007. Notamment le chapitre sur le réseau de voies antiques et les notices communales.
  • Gautier, Vital (abbé), Pouillé du diocèse de Versailles, avec les formes latines anciennes des paroisses.
  • La Bédollière, Émile de, Histoire des environs du nouveau Paris, Paris, 1860. Notice sur Gommecourt (Gomericuria), Genainville, Giverny et d'autres communes.
  • Perrier du Carne, « Note sur Bennecourt », in Commission des Antiquités et des Arts du département de Seine-et-Oise, Pontoise.
  • Bourgeois, Luc (dir.), Le sanctuaire rural de Bennecourt (Yvelines), DAF n°77, Éditions de la MSH, 1999. Contexte archéologique du sanctuaire et de son environnement (mention de Tripleval, Gloton, voies romaines).
  • >Amis du Vexin français, fiche « Gommecourt » (étymologie, hameau de Clachaloze, église).
  • Poulain, Alphonse-Georges, « Découvertes archéologiques à Sainte-Geneviève-lès-Gasny et à Gommecourt », Bulletin de la Société normande d'études préhistoriques, 1922.

Pour approfondir la toponymie en Île-de-France :

  • Roblin, Michel, Le terroir de Paris aux époques gallo-romaine et franque, Paris, 1951.
  • Dauzat, Albert et Rostaing, Charles, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Paris, Larousse, 1963 (rééditions).
  • Nègre, Ernest, Toponymie générale de la France, Genève, Droz, 1990-1998 (4 volumes).