Blason de Cahaignes

Cahaignes commune déléguée

écartelé au 1) d'or au rencontre de cerf de sable surmonté d'une moucheture d'hermine du même entre les bois, au 2) de gueules aux deux léopards d'or armés et lampassés d'azur passant l'un sur l'autre, au 3) de gueules au tilleul d'or, au 4) d'or au sautoir alésé d'azur.

Le château de Cahaignes (XVIIᵉ siècle)
Le château de Cahaignes (XVIIᵉ siècle), site classé depuis 1953, restauré depuis 2022. CC BY-SA, via Wikimedia Commons
Carte de situation de Cahaignes dans le département de l'Eure
Situation de Cahaignes dans le département de l'Eure Wikimedia Commons (CC BY-SA)
Département
Eure (27)
Communauté de communes
Commune nouvelle de Vexin-sur-Epte
Position
Petit village du Vexin normand sur le plateau, à environ 15 km au nord-est de Vernon — commune déléguée de Vexin-sur-Epte depuis 2016, dotée d'un château du XVIIᵉ siècle classé site en 1953.

Carte d'identité

Petit village du Vexin normand (~375 habitants, Cahaignois) sur le plateau, Cahaignes est, depuis le 1ᵉʳ janvier 2016, commune déléguée au sein de la commune nouvelle de Vexin-sur-Epte, qui réunit quatorze anciens villages du nord-ouest de l'Eure autour du chef-lieu d'Écos. Le territoire s'étend sur 9,5 km² entre 87 et 141 mètres d'altitude, à 15 km au nord-est de Vernon. En 1808, la commune a absorbé l'ancienne paroisse de Requiécourt, qui en constitue aujourd'hui un hameau.

Toponymie

Le toponyme est attesté très tôt, sous des formes variées et instables : Cahagnes en 1141, Cahonnie au XIIᵉ siècle (cartulaire de Mortemer), Chaagnes en 1181, Kahagnes en 1189, Cahaniæ en 1199 (bulle d'Innocent III), Quahannes et Koannes en 1293, Quehagnes au XIVᵉ siècle, Saint Julien de Chehaignes en 1411 (aveu de l'abbé de la Croix-Saint-Leufroi). La variabilité orthographique reflète l'incertitude des scribes médiévaux face à un nom de racine peut-être pré-celtique.

Patrimoine bâti

Le château de Cahaignes (XVIIᵉ siècle) est l'élément patrimonial le plus remarquable du village. En calcaire, pierre de taille et enduit, il est inscrit à l'inventaire général du patrimoine culturel depuis 1977 et le site est classé depuis 1953. Laissé à l'abandon au milieu du XXᵉ siècle, il a été racheté en juin 2022 par Taïg Khris, champion international de rollerblade, qui a engagé sa restauration.

Le chateau de Cahaignes - intérieur.
Le chateau de Cahaignes - intérieur

Le village conserve également le château de Requiécourt (XIXᵉ siècle), aujourd'hui transformé en chambres d'hôtes et inscrit à l'inventaire général en 1987, ainsi que deux églises reconstruites au XIXᵉ siècle : Saint-André (1868-1869) au bourg et Notre-Dame (1867) au hameau de Requiécourt.

Personnalités

Cahaignes a vu naître deux écrivains : Charlemagne Ischir Defontenay (1819-1856), chirurgien et écrivain, auteur du roman de science-fiction utopique Star ou Psi de Cassiopée (1854) — l'un des tout premiers romans de SF en langue française — et Guillemette de Beauvillé (1900-1989), femme de lettres dont l'œuvre a été redécouverte ces dernières années.

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Chaussy

Le manoir Renaissance du domaine de Villarceaux à Chaussy
Le manoir de Villarceaux, dit « manoir de Ninon », et la tour Saint-Nicolas au bord du grand étang. CC BY-SA, via Wikimedia Commons
Carte de situation de Chaussy dans le département du Val-d'Oise
Situation de Chaussy dans le département du Val-d'Oise Wikimedia Commons (CC BY-SA)
Département
Val-d'Oise (95)
Communauté de communes
CC du Vexin-Val de Seine
Position
Commune rurale du plateau du Vexin français, sur les coteaux nord des Buttes d'Arthies, à une dizaine de kilomètres au nord-est de Gommecourt — patrie de saint Ansbert et siège du domaine de Villarceaux, l'un des grands fiefs Mornay du Vexin.

Carte d'identité

Commune rurale du plateau du Vexin français, Chaussy étend ses 1 482 hectares sur les coteaux nord des Buttes d'Arthies, un terrain vallonné entaillé par le ru de Chaussy — émissaire de l'Epte — et ses vallons affluents. L'abondance de l'eau, avec une trentaine de sources recensées, a favorisé l'installation d'un habitat dispersé en hameaux et écarts : Méré, Cul-Froid, La Comté, Haute-Souris, Boucagny, auxquels s'ajoutaient les hameaux aujourd'hui disparus de La Boissière et du Chesnay. La commune appartient à la communauté de communes du Vexin-Val de Seine.

Aux origines : saint Ansbert et le « papyrus d'Arthies »

Chaussy entre dans l'histoire écrite vers 690, lorsqu'un testament — le célèbre « papyrus d'Arthies » — demande l'inhumation dans l'église Saint-Martin de Chrausobaco villa (ou Calciacus). Or l'église actuelle, dédiée aux saints Crépin et Crépinien (inscrite à l'Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques le 10 décembre 1927), est un édifice des XIᵉ-XIIᵉ siècles pour ses parties les plus anciennes — clocher et nef romane —, enrichi d'un chœur gothique au XIIIᵉ siècle et de chapelles Renaissance au XVIᵉ. Le sanctuaire Saint-Martin mentionné en 690 devait donc se situer ailleurs — peut-être à l'emplacement du hameau abandonné de La Boissière, où la tradition conserve le souvenir d'une « Église-à-Paillet ».

La même tradition rapporte la naissance à Chaussy, vers 629, du futur saint Ansbert : fils d'un riche propriétaire local nommé Sigwin, élevé à la cour du roi Clotaire III où il devint référendaire (chancelier), il rejoignit ensuite l'abbaye de Fontenelle (aujourd'hui Saint-Wandrille) sous la direction de saint Wandrille, devint abbé de Fontenelle en 679, puis archevêque de Rouen en 683. Exilé à l'abbaye d'Hautmont en Hainaut par Pépin de Herstal en 689-690, il y mourut le 9 février 693. Une fontaine et une chapelle disparue gardaient à Chaussy la mémoire de ce saint, fêté le 9 février.

Archéologie et premiers occupants

L'archéologie confirme l'ancienneté de l'occupation : un vaste site gallo-romain de 25 hectares a été reconnu aux lieux-dits le Bois-de-Villers et la Pointe-des-Pâtis. Terrasses soutenues par des murs, pierriers masquant des constructions en ruine, tegulae et céramique sigillée témoignent d'une occupation qui remonte au Haut-Empire et se prolonge, d'après la céramique recueillie, du Xᵉ au XVIᵉ siècle. Au hameau de La Comté, une monnaie romaine en or fut découverte en 1898. Des sépultures du haut Moyen Âge — « des cercueils de pierre avec haches et piques, et des monnaies » — ont également été signalées.

Le domaine de Villarceaux

C'est toutefois le domaine de Villarceaux qui fait la renommée de Chaussy. Le site est mentionné dès 758, quand Pépin le Bref donne à l'abbaye de Saint-Denis un manse in Villarcellum. Un prieuré bénédictin de femmes (Sainte-Madeleine) s'y implante, puis une fortification médiévale intégrée à la ligne de défense du royaume face à la Normandie voisine, en appui de La Roche-Guyon et d'Ambleville.

Au XVIᵉ siècle, le domaine passe aux mains de la famille de Mornay — la même lignée qui possède alors la seigneurie de Gommecourt (jusqu'en 1615), Ambleville et le château de Lû à Bray-et-Lû. Les deux branches descendent de l'alliance entre Jeanne de Trie et Charles de Mornay (1449), eux-mêmes héritiers de la maison de La Roche-Guyon. François de Mornay transforme la vieille forteresse en un élégant manoir Renaissance, agrémenté de jardins en terrasses et de bassins alimentés par les sources du vallon. À Omerville, commune limitrophe, le « Manoir de Mornay-Villarceaux » porte encore le nom de la famille.

Un épisode fameux rattache aussi le domaine à l'histoire protestante du Vexin : lors de la Saint-Barthélemy (1572), Philippe Duplessis-Mornay (1549-1623), cousin de François et surnommé le « Pape des Huguenots », trouva refuge dans une cachette à double fond du manoir que l'on peut encore voir aujourd'hui — épisode développé dans notre article sur le protestantisme à Gommecourt.

Domaine de Villarceaux - Le grand étang, le Vertugadin et le château du haut.
Domaine de Villarceaux - Le grand étang, le Vertugadin et le château du haut - Wikipédia
    ## Ninon, Mme de Maintenon et le château Louis XV

Au milieu du XVIIᵉ siècle, Louis de Mornay, marquis de Villarceaux, y accueille pendant trois ans la célèbre courtisane Ninon de Lenclos (1620-1705). Le manoir conserve de cette époque ses cabinets peints et boiseries du XVIIᵉ siècle, ouverts au public certains dimanches. Françoise d'Aubigné (1635-1719), future marquise de Maintenon et épouse secrète de Louis XIV, y séjourna également ; le marquis, peintre à ses heures, réalisa d'elle un portrait nu resté célèbre, toujours exposé dans le château du haut.

Ce château Louis XV, bâti entre 1755 et 1759 par l'architecte Jean-Baptiste Courtonne pour le marquis du Tillet de La Bussière — héritier des Mornay —, domine le vallon depuis le rebord du plateau. Un « vertugadin » (talus sculpté en pente douce) relie les deux niveaux du domaine. L'ensemble, classé Monument historique depuis 1941 et labellisé Jardin remarquable en 2004, est aujourd'hui géré par la Région Île-de-France ; la visite des jardins est gratuite d'avril à octobre.

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Blason de Chérence

Chérence

Parti : écartelé : au premier et au quatrième de gueules semé de fleurs de lys d'argent, au deuxième et au troisième d'argent à la tour crènelée de cinq pièces de gueules, maçonnée de sable, ouverte et ajourée du champ.

Le village de Chérence et son église Saint-Denis
Chérence et son église romane Saint-Denis (XIᵉ-XVIᵉ siècles), classée monument historique en 1962. CC BY-SA, via Wikimedia Commons
Carte de situation de Chérence dans le département du Val-d'Oise
Situation de Chérence dans le département du Val-d'Oise Wikimedia Commons (CC BY-SA)
Département
Val-d'Oise (95)
Communauté de communes
CC du Vexin-Val de Seine
Position
Village du plateau du Vexin français en bordure de plateau, dominant les falaises crayeuses de la rive nord-est de la Seine — à environ 5 km à l'est de La Roche-Guyon ; foyer d'artistes et d'intellectuels au XXᵉ siècle.

Carte d'identité

Petit village du plateau du Vexin français (~125-140 habitants, Chérençais et Chérençaises) installé en bordure du plateau, sur la route des Crêtes qui relie le village à La Roche-Guyon en offrant un spectaculaire panorama sur les vallées de la Seine et de l'Epte. Le territoire de 8,47 km² s'élève entre 60 et 195 mètres d'altitude, dominant les falaises crayeuses qui bordent la Seine au-dessus de la réserve naturelle nationale des coteaux de la Seine. Très peu urbanisée, la commune appartient à la communauté de communes du Vexin-Val de Seine. Son cadastre napoléonien de 1819 distinguait cinq quartiers historiques : le Village (autour de l'église), Le Passoir, La Coursoupe, le Fief-Saint-Denis, et le hameau aujourd'hui disparu de Bézu dont quelques ruines subsistent dans les bois.

Toponymie et premières mentions

Le toponyme dérive probablement du gallo-romain Carantia villa (de l'anthroponyme Carantius ou Carentius), ou d'une racine pré-celtique kar désignant les lieux pierreux et les buttes rocheuses — hypothèse cohérente avec la richesse en carrières de calcaire qui a fait la réputation du village. Chérence est attestée dans les documents écrits dès le IXᵉ siècle, mais le hameau de Bézu est mentionné encore plus tôt : dès 716, il est placé sous l'égide de l'abbaye bénédictine du Bec-Hellouin (Eure), qui possédera ensuite à Chérence de nombreux biens à partir d'1083 au moins. Un prieuré dépendant du Bec, près de l'église Saint-Denis, est attesté au XIIIᵉ siècle. Au XVIᵉ siècle, Chérence sera rattachée aux terres du seigneur de La Roche-Guyon — un lien que rappelle aussi le captage des sources de l'Aulnaye au XVIIIᵉ siècle pour alimenter le château de La Roche-Guyon.

L'église Saint-Denis

L'église Saint-Denis (classée monument historique le 9 juillet 1962) conserve des parties romanes du XIᵉ-XIIᵉ siècle — clocher et nef —, un chœur gothique du XIIIᵉ siècle et des chapelles Renaissance du XVIᵉ siècle, témoignant de huit siècles de construction. La commune fait l'objet d'un projet de restauration en cours, financé en partie par la Fondation du Patrimoine.

Les carrières et la pierre de Chérence

La grande spécificité économique de Chérence fut l'exploitation de la pierre calcaire. Les carrières furent ouvertes dès le Moyen Âge, mais c'est sous Napoléon Iᵉʳ qu'elles connurent leur âge d'or : la pierre de Chérence, réputée pour sa résistance, fut utilisée pour le socle de l'Arc de Triomphe, les chevaux du Pont d'Iéna, l'église de la Madeleine à Paris, ainsi que pour les remparts et le pont de Mantes, parmi de nombreux autres édifices entre Paris et Rouen. L'une des fermes du village fut transformée en villa cossue connue sous le nom de Château Maigret, illustrant la prospérité que la pierre apporta au village.

Un riche patrimoine archéologique

Le territoire communal se distingue aussi par la richesse exceptionnelle de son patrimoine archéologique. Au lieu-dit La Remise-des-Côtes, en bordure de la falaise dominant la Seine, fut fouillée entre 1958 et 1964 une vaste enceinte rectangulaire (environ 300 × 90 m), enfermant une seconde enceinte plus petite et un ensemble de onze tertres. Le mobilier céramique recueilli atteste une fréquentation continue depuis le premier âge du Fer jusqu'à la période gallo-romaine — plus de mille ans d'occupation. Le site fut malheureusement arasé en 1965. De nombreux autres sites gallo-romains (Les Cornouillets, Les Sauts-Grains, Les Groux, Les Picardies, Les Bourbiers…) parsèment le territoire communal. Au début du XIXᵉ siècle, l'érudit local Armand Cassan signalait également la découverte de sarcophages mérovingiens à La Terre-à-Bières, contenant ossements, vases et agrafes.

Un foyer d'artistes et d'intellectuels au XXᵉ siècle

Au XXᵉ siècle, Chérence est devenue un foyer d'artistes et d'intellectuels. Le peintre Eugène Galien-Laloue (1854-1941) y mourut et y est inhumé ; Marie-Thérèse Dethan-Roullet (1870-1945) y posséda le prieuré. L'écrivaine Nathalie Sarraute (1900-1999), figure majeure du Nouveau Roman, y posséda une maison de 1949 à 1999 où elle écrivit une partie de son œuvre, et où elle est aujourd'hui enterrée. La compositrice Betsy Jolas, née en 1926, fille du poète et journaliste Eugène Jolas (fondateur de la revue transition) et de la traductrice Maria Jolas, habite toujours dans la maison familiale acquise par ses parents dans les années 1950. Un aérodrome de plaisance (vol à voile), fondé en 1947 pour le Jamboree de la paix du mouvement scout, complète l'identité contemporaine de ce village paisible, classé parmi les plus beaux villages du Vexin français.

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Blason de Civières

Civières commune déléguée

De gueules au chevron d'hermine, accompagné en chef de deux alérions d'or, et en pointe d'un lion couronné du même.

L'église Saint-Martin de Civières
L'église Saint-Martin, dont la nef remonte à la charnière des Xᵉ et XIᵉ siècles — l'une des plus anciennes du Vexin normand. CC BY-SA, via Wikimedia Commons
Carte de situation de Civières dans le département de l'Eure
Situation de Civières dans le département de l'Eure Wikimedia Commons (CC BY-SA)
Département
Eure (27)
Communauté de communes
Commune nouvelle de Vexin-sur-Epte
Position
Petit village du plateau du Vexin normand, limitrophe de Bray-et-Lû sur l'autre rive de l'Epte — abrite l'une des plus anciennes églises connues du Vexin normand (charnière Xᵉ-XIᵉ siècle).

Carte d'identité

Petit village du Vexin normand (~226 habitants, Civiérois et Civiéroises) situé sur le plateau, à 122 mètres d'altitude, à 12 km au nord-est de Vernon. Limitrophe de Bray-et-Lû sur l'autre rive de l'Epte, Civières est une ancienne commune devenue, depuis le 1ᵉʳ janvier 2016, commune déléguée au sein de la commune nouvelle de Vexin-sur-Epte qui réunit quatorze anciennes communes. Le toponyme est attesté vers 1210 sous la forme Cyveriis : « lieu planté de cives » (du latin caepa, la ciboule).

L'église Saint-Martin, témoin pré-roman

Le patrimoine remarquable de Civières tient en un édifice discret mais d'une grande importance archéologique : l'église paroissiale Saint-Martin, longtemps datée approximativement des XIᵉ-XIIᵉ siècles, a fait l'objet en 2022 d'une étude approfondie par l'Unité départementale de l'architecture et du patrimoine de l'Eure (Nicolas Wasylyszyn). Le mur nord de la nef présente tous les caractères des édifices les plus anciens connus en Normandie : un appareillage en épi (opus spicatum), l'absence de contrefort à l'origine, et une baie à linteau monolithe sans pierre d'appui — autant d'indices qui font remonter la nef à la charnière des Xᵉ et XIᵉ siècles, par comparaison avec les églises préromanes de Pierre-Ronde et Calleville. Cela place l'église Saint-Martin de Civières parmi les plus anciens édifices cultuels du Vexin normand, contemporains des cadres politiques qui suivent immédiatement le traité de Saint-Clair-sur-Epte de 911.

La façade occidentale et le contrefort d'angle furent ajoutés après la guerre de Cent Ans, au XVIᵉ siècle. L'église et le cimetière qui l'entoure ont été inscrits au titre des sites en 1943.

Le calvaire d'Aubigny

La commune compte également le calvaire d'Aubigny, restauré au XIXᵉ siècle par Félix-Augustin Leclerc de Pulligny (1820-1893), érudit, archéologue et maire d'Écos qui rayonna sur tout ce secteur du Vexin normand.

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Blason de Clachaloze

Clachaloze hameau de Gommecourt

Parti, au premier d'argent et au second d'or au chef d'azur, aux deux fasces ondées du même brochant sur la partition, surmontées d'un fer de moulin parti de sable et d'or, adextré d'une grappe de raisin d'azur feuillée d'une pièce de sinople à demi-couverte par la grappe et senestré d'une autre grappe de raisin d'or, soutenues d'un bouquet de trois roseaux-massues de sable, en pal et en chevron renversé, feuillés de deux pièces de sinople, mouvant de la pointe, au chevronnel écimé parti de gueules et d'argent brochant sur le tout. (Blason commun à la commune et au hameau ; les deux grappes de raisin évoquent le passé viticole du village.)

Le hameau de Clachaloze au pied de sa falaise, en bord de Seine
Clachaloze, étiré au pied de la falaise crayeuse, sur la rive droite de la Seine. CC BY-SA, via Wikimedia Commons
Carte de situation de Clachaloze (commune de Gommecourt) dans le département des Yvelines
Situation de Clachaloze, hameau de la commune de Gommecourt, dans le département des Yvelines Wikimedia Commons (CC BY-SA)
Département
Yvelines (78)
Communauté de communes
CC Les Portes de l'Île-de-France (commune de Gommecourt)
Position
Hameau de Gommecourt, sur la rive droite de la Seine, au pied de la falaise crayeuse, étiré en village-rue le long de la rue du Général-Leclerc.

Carte d'identité

Clachaloze est un hameau de la commune de Gommecourt (Yvelines, 78), dont il forme la partie tournée vers la vallée de la Seine — le bourg de Gommecourt s'étendant lui vers la vallée de l'Epte. Construit en bord de Seine au pied d'une falaise crayeuse qui prolonge celle de La Roche-Guyon et de Haute-Isle, il occupe la mince bande de terre comprise entre la falaise et le fleuve, organisée en village-rue linéaire le long de la rue du Général-Leclerc. Comme l'ensemble communal, Clachaloze appartient à la communauté de communes Les Portes de l'Île-de-France (CCPIF) dont la ville-centre est Bonnières-sur-Seine. Sur la rive opposée de la Seine, Freneuse fait face à Clachaloze, dans la grande boucle de Moisson.

Repères historiques

Si la commune de Gommecourt a une chaîne seigneuriale clairement documentée — Bus (XIVᵉ), Mornay (1571), Silly (1615), du Plessis-Liancourt (1632), La Rochefoucauld (jusqu'à la Révolution) —, Clachaloze possède sa propre histoire féodale. Bien que « paroisse de Gommecourt » au plan ecclésiastique, Clachaloze est documentée dès 1399 comme un fief distinct, « mouvant de La Roche-Guyon ». Pierre de Saint-Clair, seigneur de Saint-Clair-sur-Epte, y détient alors un fief par sa femme Catherine de Douy, qui le cédera en 1427 à ses gendres Henri de Fours et Guillaume de Cantiers (acte passé devant le tabellion de La Roche-Guyon, fief évalué à 16 livres 10 sols de rente).

Cette double appartenance, ecclésiale à Gommecourt et féodale à La Roche-Guyon, est l'une des singularités historiques du hameau. La monographie de l'instituteur Ferrant (1899) précise que Clachaloze relevait de l'ancien domaine du duché de La Roche-Guyon, à l'exception de quelques petits fiefs aliénés au fil du temps : on trouve ainsi mentionné, dans la désignation des cantons du territoire, le « fief du Val Étourdi » — modeste rappel toponymique d'une parcellisation seigneuriale dont la mémoire s'est largement effacée. Une roche naturelle, dressée entre le hameau et le bourg de La Roche-Guyon, marque encore aujourd'hui l'ancienne limite des péages dus aux seigneurs de La Roche-Guyon.

Habitat troglodytique

L'une des particularités les plus remarquables de Clachaloze est son habitat troglodytique, creusé dans la falaise crayeuse qui domine le hameau. La rue des Boves — du nom donné aux caves et habitations creusées dans la roche tendre — porte aujourd'hui encore le souvenir de ces logements traditionnels, qui s'inscrivent dans la grande tradition troglodytique de la rive nord-est de la Seine. Cette pratique, attestée dans tout le secteur (de La Roche-Guyon à Haute-Isle et Vétheuil) au moins depuis le haut Moyen Âge, profite de la facilité avec laquelle la craie campanienne — tendre et homogène — peut être taillée à l'aide d'outils simples. À Clachaloze comme ailleurs sur ces falaises, les boves servaient traditionnellement de logements modestes, de réserves fraîches, de caves à vin, ou d'annexes des fermes installées en façade ; un panneau d'information au croisement de la rue des Boves et de la rue du Général-Leclerc retrace cette histoire pour le promeneur.

Clachaloze - Village au pied des falaises calcaires.
LClachaloze - Village au pied des falaises calcaires

Un passé viticole

Comme l'attestent les deux grappes de raisin qui figurent dans le blason commun à Gommecourt et Clachaloze, le hameau fut longtemps un village vigneron. Le coteau dominant Clachaloze, exposé plein sud et bénéficiant de la chaleur réverbérée par la falaise crayeuse, offrait au vignoble des conditions optimales — communes à toute la rive droite de la Seine entre Mantes et Vernon. La culture de la vigne en région parisienne remonte aux premiers siècles de notre ère (les Romains ont introduit les premières vignes dans le bassin parisien dès le IVᵉ siècle) ; elle connut une forte extension aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles, avant de s'effondrer au XIXᵉ siècle. Cette histoire est développée dans l'article La viticulture en vallée de Seine.

Géographie et cadre naturel

La géographie de Clachaloze est dominée par la falaise crayeuse qui prolonge celle de La Roche-Guyon, Haute-Isle et Vétheuil sur la rive droite de la Seine. Le hameau s'étire sur l'étroite bande de terre entre la falaise et le fleuve. Cette position singulière — adossée à la falaise, ouverte sur la Seine, séparée du bourg de Gommecourt par l'arête rocheuse qui marque la ligne de partage des eaux entre vallées de l'Epte et de la Seine — explique l'établissement humain permanent dès le Néolithique. Aux abords immédiats, la réserve naturelle nationale des Coteaux de la Seine (créée en 2009, 267 hectares) protège des coteaux calcaires d'exposition sud où prospère une flore thermophile d'affinité méditerranéenne ; on y observe notamment l'écaille chinée (Euplagia quadripunctaria), papillon protégé. Le territoire communal est par ailleurs traversé, plus au nord, par l'Epte, qui marque la frontière historique entre Vexin français et Vexin normand depuis le traité de Saint-Clair-sur-Epte de 911 — frontière dont la mémoire structure tout le paysage politique local.

Pour aller plus loin

Plusieurs articles thématiques du site explorent en profondeur l'histoire de Gommecourt et de Clachaloze, période par période ou thème par thème. Cette notice n'en est qu'une porte d'entrée : chacun des articles ci-dessous éclaire un pan particulier de cette histoire millénaire — préhistoire, protohistoire, antiquité, château de La Roche-Guyon, viticulture, toponymie, haut Moyen Âge, protestantisme… (Les articles correspondants sont accessibles via les liens internes ci-dessus.)

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Dampsmesnil commune déléguée

L'allée couverte néolithique de Dampsmesnil, au lieu-dit Cocagne
L'allée couverte de Dampsmesnil (~3000 av. J.-C.), classée monument historique en 1907 — l'un des rares mégalithes du Vexin à porter une sculpture de la déesse funéraire. CC BY-SA, via Wikimedia Commons
Carte de situation de Dampsmesnil dans le département de l'Eure
Situation de Dampsmesnil dans le département de l'Eure Wikimedia Commons (CC BY-SA)
Département
Eure (27)
Communauté de communes
Commune nouvelle de Vexin-sur-Epte
Position
Petit village de la rive droite de l'Epte en Vexin normand, devenu commune déléguée de Vexin-sur-Epte en 2016 — abrite l'allée couverte néolithique de Cocagne et le pont d'Aveny enjambant l'Epte vers le Vexin français.

Carte d'identité

Petit village de l'Eure (Vexin normand) devenu commune déléguée au sein de la commune nouvelle de Vexin-sur-Epte depuis le 1ᵉʳ janvier 2016, Dampsmesnil [se prononce dã-mè-nil, le « p » et le « s » muets] occupe la rive droite de l'Epte, qui marque ici la frontière historique entre les deux Vexins. Outre le bourg, la commune comprend le hameau d'Aveny, en bord de rivière. Le toponyme est attesté dès vers 1060 sous la forme Dom Maisnil (cartulaire de la Trinité-du-Mont), puis Dammesnil en 1266 — du latin mansionile (« petite ferme, exploitation rurale »).

L'allée couverte de Cocagne

Le territoire communal abrite l'un des plus remarquables mégalithes du Vexin : l'allée couverte de Dampsmesnil, au lieu-dit Cocagne, datée du Néolithique récent (vers 3000 av. J.-C.) et classée monument historique par arrêté du 28 janvier 1907. Longue de plus de dix mètres, elle se rattache à la civilisation Seine-Oise-Marne (SOM) qui a laissé dans tout le Vexin et le Bassin parisien d'autres allées couvertes comparables. Sa singularité tient à la sculpture d'une déesse funéraire taillée sur l'une des dalles — élément rare et précieux dans le corpus mégalithique régional. Le monument fait l'objet de visites guidées lors des Journées du Patrimoine.

Aveny : pont et château sur la frontière de l'Epte

Au hameau d'Aveny, deux autres monuments classés témoignent de l'histoire moderne et contemporaine du territoire. Le pont d'Aveny sur l'Epte, des XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles, classé monument historique en 1995, présente la particularité d'être partagé entre deux communes et deux départements : Dampsmesnil (Eure) sur la rive droite, Montreuil-sur-Epte (Val-d'Oise) sur la rive gauche. C'est un point de franchissement symbolique entre Vexin normand et Vexin français, héritier des ponts médiévaux de la frontière de l'Epte définie par le traité de Saint-Clair-sur-Epte de 911.

À deux pas du pont, le château d'Aveny est inscrit à l'Inventaire général du patrimoine culturel. L'édifice actuel, des XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles, est bâti sur les bases d'une maison forte du XIᵉ siècle, témoin du système défensif médiéval qui jalonnait la frontière de l'Epte. Il appartint successivement au marquis de Broglie, puis fut acheté en 1778 par J.-B.-C. Alain de Fayet, marquis de Fayet, qui y entreprit d'importants travaux de restauration entre 1779 et 1794, avant de passer à la famille de Robien.

L'église et le souvenir d'un acteur

L'église du village, remontant pour partie au XIIᵉ siècle, conserve quant à elle des éléments de l'ancien château fortifié sur l'emplacement duquel elle s'élève.

Au XXᵉ siècle, l'acteur Michel Serrault (1928-2007) a longtemps possédé une maison à Dampsmesnil, contribuant à la discrète notoriété du village au-delà du Vexin.

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Blason de Écos

Écos commune déléguée (chef-lieu)

D'or à deux fasces d'azur, accompagnées de neuf coquilles de gueules posées en orle 4, 2 et 3 (blason créé en 1876 par Félix-Augustin Leclerc de Pulligny).

L'église Saint-Denis d'Écos
L'église Saint-Denis, dont les parties les plus anciennes remontent au XIᵉ siècle, reconstruite au XIIIᵉ par Marie Cabot. CC BY-SA, via Wikimedia Commons
Carte de situation d'Écos dans le département de l'Eure
Situation d'Écos dans le département de l'Eure Wikimedia Commons (CC BY-SA)
Département
Eure (27)
Communauté de communes
Commune nouvelle de Vexin-sur-Epte (chef-lieu)
Position
Bourgade rurale du Vexin normand sur le plateau, à 12 km au nord-est de Vernon — chef-lieu administratif de la commune nouvelle de Vexin-sur-Epte créée en 2016, ancien chef-lieu de canton.

Carte d'identité

Bourgade rurale du Vexin normand (~1 037 habitants, Écosiens et Écosiennes), Écos s'étend sur le plateau à 12 km au nord-est de Vernon. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2016, la commune est devenue commune déléguée et chef-lieu de la commune nouvelle de Vexin-sur-Epte, qui réunit quatorze anciennes communes ; la mairie centrale de Vexin-sur-Epte se trouve toujours au 18 Grande Rue, à Écos. Le territoire communal a absorbé en 1842 l'ancienne commune de Valcorbon, dont il a conservé le nom comme lieu-dit. Le toponyme est attesté très tôt : Scoz vers 1063 (cartulaire de la Trinité-du-Mont), puis sous des formes variées au fil des siècles — Escoz (1180), Escod (1229), Escos (1258), curieusement « Saint-Denis-des-Coqs » en 1423 dans les comptes de l'archevêché, Écos-en-Vexin en 1828.

Une place forte des ducs de Normandie

Écos fut au Moyen Âge l'une des places fortes des ducs de Normandie : un château sur motte y défendait, dans un réseau de petits châteaux intermédiaires, la frontière du duché face au roi de France sur la ligne de l'Epte. Cette frontière héritée du traité de Saint-Clair-sur-Epte de 911 a structuré le territoire pendant tout le Moyen Âge — on en retrouve l'écho jusque dans les forteresses de à Bray-et-Lû et de Baudemont à Bus-Saint-Rémy.

Une tradition locale veut qu'Écos soit aussi le lieu de martyre de saint Nicaise, apôtre du Vexin et évêque de Rouen mort en 295, dont la vie est encore racontée par les deux vitraux du chœur de l'église, datés du XVIIᵉ siècle.

L'église Saint-Denis

L'église Saint-Denis d'Écos est l'un des édifices les plus anciens du secteur. Une église primitive existait déjà au XIᵉ siècle, comme l'attestent certaines parties des murs du chœur. L'édifice fut reconstruit au XIIIᵉ siècle par Marie Cabot, et régulièrement enrichi par la suite : fonts baptismaux du XIVᵉ siècle, sculpture en haut-relief du XVᵉ, vitraux et tableaux des XVIIᵉ et XVIIIᵉ.

En 1822, le marquis Armand Alain de Fayet, alors maire d'Écos, fit déplacer le cimetière pour aménager la place actuelle et ajouta un porche à l'édifice. La famille de Fayet, dont une autre branche possédait alors le château d'Aveny à Dampsmesnil, fit ainsi rayonner son influence sur plusieurs communes voisines. Un orgue construit par les frères Damiens en 1858 et un harmonium de la maison Dumont et Lelièvre complètent ce patrimoine religieux. Près de l'église, l'ancienne halle, en bois et en pierre, est l'un des éléments emblématiques du bourg.

Félix-Augustin Leclerc de Pulligny, érudit d'Écos

L'archéologie révèle une occupation très ancienne du territoire. La nouvelle halle a été bâtie, avant 1895, sur une importante nécropole mérovingienne : plusieurs rangées de sarcophages orientés ouest-est y avaient été mis au jour, livrant armes et vases.

C'est à l'érudit local Félix-Augustin Leclerc de Pulligny (1820-1893) que l'on doit le recensement systématique du patrimoine archéologique de la commune. Maire d'Écos de 1874 à 1893 après l'avoir été de Civières (1860-1872), il fut aussi explorateur, archéologue, botaniste et peintre. C'est lui qui dessina en 1876 le blason actuel d'Écos« D'or à deux fasces d'azur accompagnées de neuf coquilles de gueules » —, restaura les églises Saint-Denis d'Écos, Saint-Sauveur de Fours-en-Vexin, Saint-Martin de Civières et la collégiale Notre-Dame de Vernon (1871). Il recensa une vingtaine de sites de la commune : villas gallo-romaines aux Bosquets, à Grimonval, à Val-Corbon (sur les coteaux du Plix-Aubin), à la ferme de la Bourdonnière ; ainsi qu'un monument funéraire à proximité du château, qu'il interpréta initialement comme une structure d'incinération antique mais qui correspond plus probablement à une allée couverte néolithique mal identifiée. Né au château du Chesnay-Haguest à Écos (qu'il avait acheté en 1831), il y mourut le 24 juin 1893 et est inhumé au cimetière du Père-Lachaise à Paris.

Son fils Jean Leclerc de Pulligny (1859-1939), né dans le même château du Chesnay-Haguest, suivit une autre voie : polytechnicien (1878), diplômé de l'École des Ponts et Chaussées, ingénieur général des Ponts et Chaussées, il publia notamment dans les Cahiers de la Quinzaine de Charles Péguy et fut un pionnier de la photographie. Mort à Antibes en 1939, il reste, plus d'un siècle plus tard, l'autre figure marquante de cette dynastie écosienne dont les publications constituent une source précieuse pour l'archéologie de tout ce secteur du Vexin normand.

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Fourges commune déléguée

Le moulin de Fourges sur l'Epte
Le moulin de Fourges (XVIIIᵉ siècle), inspiré du hameau de Marie-Antoinette à Versailles, classé site avec son pont, ses vannes et ses 13 arbres dès 1933. CC BY-SA, via Wikimedia Commons
Carte de situation de Fourges dans le département de l'Eure
Situation de Fourges dans le département de l'Eure Wikimedia Commons (CC BY-SA)
Département
Eure (27)
Communauté de communes
Commune nouvelle de Vexin-sur-Epte
Position
Village de la rive droite de l'Epte, en Vexin normand, à un carrefour ancien de voies — étymologie même du nom — face au Vexin français sur la rive opposée ; célèbre pour son moulin XVIIIᵉ inspiré du hameau de la Reine.

Carte d'identité

Petit village de l'Eure (~816 habitants) au cœur du Vexin normand, Fourges occupe la rive droite de l'Epte, en limite du Val-d'Oise, à proximité de la confluence du Bosc-Roger. Devenue commune déléguée au sein de la commune nouvelle de Vexin-sur-Epte le 1ᵉʳ janvier 2016, la commune avait absorbé dès 1842 l'ancienne commune de Bosc-Roger-sous-Bacquet, dont elle a conservé le hameau.

Toponymie : le carrefour

Le toponyme, attesté très tôt — Furcas vers 1025, puis Furge dès 1027 dans une charte du duc de Normandie Richard II —, n'est pas, contrairement à ce qu'on a longtemps cru, une variante du mot « forge ». Il s'agit d'une variante du mot fourche, au sens d'embranchement de routes : Fourges se situe en effet à un carrefour de plusieurs voies anciennes. Cette inscription dans la trame routière du Vexin est encore soulignée par une mention médiévale de 1262 (cartulaire de Saint-Ouen) qui désigne le lieu Furges subtus Baudemont — « Fourges sous Baudemont » —, rappelant la dépendance ancienne du village vis-à-vis du château fort de Baudemont à Bus-Saint-Rémy, maillon de la chaîne de forteresses qui défendait la frontière de l'Epte au Moyen Âge.

Le moulin de Fourges

Le grand emblème patrimonial de Fourges est aujourd'hui le moulin de Fourges, classé site en 1933 avec son pont, ses vannes et les treize arbres remarquables qui l'accompagnent (un marronnier d'Inde et douze tilleuls). Construit à la fin du XVIIIᵉ siècle, le moulin présente une architecture délibérément inspirée du hameau de la Reine Marie-Antoinette à Versailles : façades blanches, charpente exposée, ambiance rurale aristocratique.

Devenu hôtel-restaurant, il est aussi un haut lieu du septième art : la roue du moulin apparaît dans le film La Grande Vadrouille (1966), et Pierre Richard y est venu pour le tournage de La Cavale des fous. Hillary Clinton elle-même y est venue déjeuner le 30 juin 1996.

L'église Saint-Pierre et le « tonneau du village »

L'église Saint-Pierre (inscrite à l'Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques par arrêté du 5 janvier 1962) date des XIIᵉ et XIVᵉ siècles, avec des ajouts XVIᵉ et XVIIᵉ. Son clocher en bâtière, peu fréquent dans l'Eure, lui donne une silhouette caractéristique. Une chapelle Saint-Germain, un curieux « tonneau du village » encore visible sur l'ancien lavoir, et plusieurs maisons aux façades colorées complètent le patrimoine bâti.

Archéologie : un sanctuaire gallo-romain et la monnaie de Justinien

L'archéologie a révélé une occupation très ancienne du territoire, conforme à la position de carrefour. La prospection aérienne a mis au jour, à partir de 2007, un sanctuaire gallo-romain au lieu-dit le Clarin 2, comprenant un fanum de plan centré ayant connu plusieurs phases de construction — l'un des nombreux sanctuaires ruraux qui jalonnent la vallée de l'Epte et la vallée de la Seine autour de Gommecourt, comme ceux de Bennecourt, des Guinets à Bonnières ou de la Mare des Champs à Bus-Saint-Rémy.

Au lieu-dit Clairville, sur un coteau de l'Epte, l'érudit Léon Coutil avait déjà signalé au début du XXᵉ siècle de nombreuses fondations romaines et des sépultures, ainsi qu'une monnaie de Justinien Iᵉʳ (empereur byzantin du VIᵉ siècle) — découverte exceptionnelle qui atteste la persistance d'échanges à longue distance jusqu'à la période mérovingienne.

Peintres et festivals

Aujourd'hui, Fourges accueille chaque année, depuis 2013, le Concours international de peinture grand format, l'une des manifestations du festival Normandie Impressionniste, placé sous l'égide de l'UNESCO depuis 2015. À Bosc-Roger, le peintre Camille Hilaire (1916-2004) avait élu domicile et y est mort en 2004, prolongeant la tradition picturale qui relie tout ce secteur de la vallée de l'Epte et de la Seine — de Giverny à Bray-et-Lû en passant par Vétheuil — à la grande aventure de la peinture moderne.

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Blason de Freneuse

Freneuse

D'hermine à une aigle au vol abaissé de gueules, mantelé d'azur chargé de quatre bandes d'or, à la bordure réduite de gueules.

L'église Saint-Martin de Freneuse
La nouvelle église Saint-Martin de Freneuse, inaugurée le 18 avril 1926. CC BY-SA, via Wikimedia Commons
Carte de situation de Freneuse dans le département des Yvelines
Situation de Freneuse dans le département des Yvelines Wikimedia Commons (CC BY-SA)
Département
Yvelines (78)
Communauté de communes
CC Les Portes de l'Île-de-France
Position
Rive gauche de la Seine, en presqu'île dans la grande boucle de Moisson, vis-à-vis bord-de-Seine de Clachaloze sur la rive opposée — théâtre en 946 de la paix conclue entre Louis IV d'Outremer et Richard Iᵉʳ de Normandie.

Carte d'identité

Petite ville des Yvelines (~4 300 habitants, Freneusiens) située sur la rive gauche de la Seine, face à Clachaloze sur la rive opposée, Freneuse occupe la pointe ouest de la grande boucle de Moisson, à 11 km au nord-ouest de Mantes-la-Jolie. Voisine immédiate de Gommecourt et de Bonnières-sur-Seine, la commune appartient à la même communauté de communes Les Portes de l'Île-de-France (CCPIF) et se trouve depuis 2024 classée comme ville-centre de l'unité urbaine de Bonnières-sur-Seine. Le toponyme dérive du latin fraxinus (« frêne »), en mémoire d'une essence forestière jadis abondante dans le secteur.

Géographie : les Belles-Côtes et la boucle de Moisson

La géographie de Freneuse est dominée par la Seine au nord, dans la concavité d'un méandre, et par les Belles-Côtes au sud, coteau de craie blanche du Coniacien et du Santonien : la même formation géologique que celle qui forme, sur la rive droite, la grande falaise crayeuse de La Roche-Guyon, Haute-Isle et Vétheuil — quoique sans les escarpements spectaculaires de la rive opposée. Les fonds de vallée, soumis au risque de crues, ont longtemps maintenu un habitat reculé sur les hauteurs ; c'est ce qu'illustre l'ancienne église Saint-Martin, située au milieu des champs à un demi-kilomètre du bourg, jadis dépendante du prieuré de La Roche-Guyon — rappel précieux des liens féodaux et ecclésiastiques qui unissaient les deux rives de la Seine au Moyen Âge. Construite en 1537, elle reçut son clocher en 1579 et fut profondément remaniée au XVIIᵉ siècle, avant d'être démolie vers 1910. La nouvelle église Saint-Martin, édifiée à l'entrée sud du village, fut inaugurée le 18 avril 1926.

946 : la paix de Freneuse et de Jeufosse

L'épisode le plus mémorable de l'histoire de Freneuse est rappelé par une inscription gravée en 1920, à la demande de Madame Lemarié, sur un monument en forme de croix au rond-point des Clédevilles : « Ici, en 946, Richard Iᵉʳ duc de Normandie remit au roi de France Louis IV d'Outremer les clefs des villes prises. »

Cet épisode s'inscrit dans le contexte des incursions vikings sur la Seine qui, depuis le milieu du IXᵉ siècle, avaient fait de la portion comprise entre Vernon et Mantes l'un des hauts lieux des bases scandinaves : c'est dans les îles voisines de Jeufosse — la Fossa Givaldi des chroniques médiévales, distantes de quelques centaines de mètres seulement du rivage de Freneuse — que les flottes vikings de Sigtrygg, Bjorn Côte de Fer et Hasting avaient hiverné de 852 à 861, rayonnant pour piller Paris, Chartres, Évreux et Beauvais.

Un siècle plus tard, en 946, c'est précisément dans les plaines de Bonnières, Bennecourt et Freneuse que se déroula la bataille opposant Louis IV d'Outremer au seigneur viking norvégien Harold, dont l'issue victorieuse permit au roi de France et au jeune Richard Iᵉʳ de Normandie de conclure la paix à Jeufosse — paix qui resserra le duché de Normandie dans ses limites antérieures et confirma la frontière de l'Epte définie en 911 par le traité de Saint-Clair-sur-Epte.

Archéologie : du Néolithique aux Mérovingiens

L'archéologie atteste une présence humaine très ancienne sur le territoire. Les sablières du lieu-dit les Noues / Bois de Freneuse, en bordure de Seine, ont livré dès la fin du XIXᵉ siècle des sépultures considérées comme gauloises par l'érudit local E. Moussard, et surtout, en 1979, lors de sondages d'urgence menés par P.-J. Trombetta sur une centaine de mètres carrés, quatorze sépultures mérovingiennes : sarcophages en plâtre, sépultures en fosse trapézoïdale enduite de plâtre, lame de scramasaxe, vases biconiques caractéristiques du VIᵉ-VIIᵉ siècle.

Aux lieux-dits le Bois Prévost et la Gargenville, à proximité du site préhistorique de Rolleboise-Freneuse, des vestiges gallo-romains et francs ont également été observés, attestant une continuité d'occupation du Néolithique jusqu'au haut Moyen Âge.

Aujourd'hui

Si Freneuse ne possède aujourd'hui aucun monument classé ou inscrit aux Monuments Historiques, plusieurs édifices des XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles — dont l'ancien bailliage, qui célèbre ses trois siècles d'existence — témoignent encore d'un passé de bourg fluvial actif. La commune accueille les fêtes traditionnelles, foires à tout et événements culturels du territoire de la CCPIF, dans la continuité d'une vie locale qui se déploie entre la Seine, les coteaux et la grande boucle de Moisson.

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