Ambleville
Fascé d'argent et de gueules de huit pièces au lion morné de sable, couronné d'or et brochant sur le tout.
- Département
- Val-d'Oise (95)
- Communauté de communes
- CC du Vexin-Val de Seine
- Position
- Petite commune du nord-ouest du Val-d'Oise, sur le plateau du Vexin français dominant la vallée de l'Aubette de Magny ; siège d'un château Renaissance lié à la famille de Mornay, seigneurs de Gommecourt aux XVIᵉ-XVIIᵉ siècles.
Carte d'identité
Petite commune du nord-ouest du Val-d'Oise, Ambleville se situe à environ 7 km de Magny-en-Vexin et 11 km de La Roche-Guyon. Son territoire de 8 km² s'étend sur le plateau du Vexin français, dominant la vallée de l'Aubette de Magny. Le toponyme est attesté dès le XIIIᵉ siècle sous la forme Amblevilla (1277). Membre de la communauté de communes du Vexin-Val de Seine, Ambleville a longtemps refusé son intégration au Parc naturel régional du Vexin français, créé en 1995, avant de finalement le rejoindre en 2008.
Le château Renaissance et ses jardins
Le château d'Ambleville, accolé à l'église du village, est un édifice Renaissance bâti au XVIᵉ siècle sur les bases d'une forteresse féodale médiévale. C'est Louis de Mornay qui confia les travaux de modification — le placage de la façade Renaissance encore visible sur la façade nord — à l'architecte Jean Grappin, de Gisors, à qui l'on doit également les sculptures de la cathédrale de cette ville voisine, ainsi que la façade Renaissance de l'église Saint-Pierre de Genainville. Le château est inscrit aux Monuments historiques le 4 juin 1926 puis classé le 20 juin 1945 ; ses jardins en terrasses d'inspiration italienne, restaurés en 1928 par la marquise de Villefranche d'après le modèle de la Villa Gamberaia de Florence, ont reçu le label Jardin remarquable. À la fin du XIXᵉ siècle, le marchand d'art Charles Sedelmeyer (1837-1925) le restaure à grands frais, y installe un théâtre et fait replacer cheminées et balcons vénitiens — c'est aussi lui qui ramène de la villa d'Este sur le lac de Côme les statues aujourd'hui conservées à Villarceaux.
L'église néo-romane Saint-Donatien-et-Saint-Rogatien
L'aspect roman de l'église Saint-Donatien-et-Saint-Rogatien est trompeur : elle ne fut édifiée qu'en 1856, en lieu et place d'un édifice dont les origines remontaient au haut Moyen Âge. Son plan, commandé par la présence du château auquel elle est accolée, contraignit l'architecte à traiter le flanc nord comme une façade, avec un clocher-porche central, ce qui constitue une disposition très originale dans la région. Elle conserve quelques statues des saints patrons de l'édifice précédent.
Ambleville, Mornay, Gommecourt — un même réseau seigneurial
La seigneurie d'Ambleville appartint à la famille des Essarts dès sa première mention au XIIIᵉ siècle, jusqu'à ce qu'elle passe par mariage en 1470 à la famille de Mornay — famille d'origine berrichonne qui constitua l'un des plus puissants réseaux seigneuriaux du Vexin français (La Chapelle-en-Vexin, Omerville, Buhy, Villarceaux à Chaussy, Boisemont, Le Mesnil…). Les Mornay conserveront Ambleville jusqu'en 1711. Or cette même famille de Mornay détenait également la seigneurie de Gommecourt jusqu'en 1615 — date à laquelle elle fut acquise par François de Silly, comte puis duc de La Roche-Guyon. Les deux territoires, distants d'une dizaine de kilomètres seulement à vol d'oiseau, ont ainsi partagé pendant plusieurs générations la même aristocratie seigneuriale ; on retrouve d'ailleurs les Mornay également au château de Lû à Bray-et-Lû.
La famille de Marolles succède aux Mornay de 1711 à 1737, puis la famille Labbé jusqu'en 1774, et Grégoire-Alexandre Dupuis de Gerville est le dernier propriétaire sous l'Ancien Régime, jusqu'en 1818. Le château est aujourd'hui restauré et habité par les Villefranche, descendants de la marquise de 1928.