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COMMUNE DE GOMMECOURT MONOGRAPHIE
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PLAN GÉNÉRAL DE LA COMMUNE

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Partie géographique.
Situation — Communes limitrophes. —
La commune de Gommecourt, composée de Gommecourt, chef-lieu, et de son hameau Clachaloze, est située au nord-ouest du département de Seine-et-Oise sur la lisière du département de l'Eure qui sert de limite nord-ouest. Elle touche à la Roche-Guyon, freneuse, Bennecourt, Miletz (Seine et Oise), Sainte-Geneviève-les-Gasny et Gasny (Eure). La Seine et l'Epte sont affluent la limitent à peu près parallèlement. La Seine la sépare de Freneuse au sud et l’Epte de Sainte-Geneviève-les-Gasny et Gasny au nord-est.
Population
Il n’existe aucune statistique sur laquelle on puisse s’appuyer pour évaluer le chiffre de la population avant 1806, à cette époque la commune de Gommecourt avait 732 habitants. D'après un état nominatif dressé le 25 janvier 1817, il y avait alors 742 habitants : Gommecourt en comptait 402 et Clachaloze 340. Ce chiffre de 742 a dû être le maximume auquel s'est élevé la population de cette commune?
Pour établir approximativement le chiffre de la population, antérieurement à 1806, il n’y a que les registres de l’État- civil dont le plus ancien remonte à 1668 qui puissent servir de base. De 1668 à 1678 il y a eu 343 baptêmes, 61 mariages et 246 inhumations; Le baptême l'emportaient de beaucoup sur les inhumations. Quarante ans plus tard les chiffres de baptêmes et des inhumations sont sensiblement égaux et dans la période de 1768 à 1778 la proportion se renverse, et sont les inhumations qui l’emportent de beaucoup sur les baptêmes: 237 baptêmes, 51 mariages et 283 inhumations.
Le chiffre de naissance ou plutôt des baptêmes ne peut guère servir de base pour l'évaluation de la population, car s'il est de 343 de 1668 à 1678, quarante ans plus tard pour une même période de dix ans, il y a plus que 242 naissances et de 1768 à 1778, 235 baptêmes seulement et ces chiffres ne sont ils pas tout à fait exacts, car beaucoup d’enfants étaient baptisés deux fois, d'abord à la maison pour nécessité c'est à dire pour cause de danger de mort, et plus tard
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à l'église lorsqu’ils étaient en bonne santé, et quoique j’aie pu faire des erreurs ont dû se glisser dans ces chiffres car l’écriture des actes ainsi que l’énumération des noms et de tous les renseignements qui pouvaient servir à établir l’identité laissant à désirer.
Le chiffre des inhumations ne peut non plus servir de base à une évaluation de la population ; en effet en relevant j’ai remarqué que beaucoup d’enfants en nourrice étaient inhumés, en marge de l’acte d’inhumation on portait l'indication suivante : "Inhumation d’un nourrisson de Paris". C’est ainsi que pour la seule année 1770, qui compte 58 (?) inhumations, il y en a 19 d’enfants en nourrice.
Restent les mariages. — De 1668 à 1778, époque où la population est à son maximum, la moyenne des mariages varie peu. De 1668 à 1678 il y a eu 61 mariages, de 1682 à 1792 il y en a 56, de 1706 à 1716 il y en a 58, de 1768 à 1778 il y en a 51, de 1778 à 1788 il y en a 53, de 1793 à 1803 il y en a 74, de 1803 à 1813 il y en a 65, de 1813 à 1823 il y en a 61, de 1823 à 1833 on en compte 66.
Ainsi donc de 1666 à 1833 la moyenne des mariages reste à peu près la même, sauf de 1793 à 1803 où elle se relève un peu, mais elle se rapproche de la moyenne de 1803 à 1813. Dans les périodes suivantes le chiffre des mariages suit une marche descendante comme celui de la population, sauf dans la période de 1843 à 1853 dont je parlerai plus tard. La dernière période décennale de 1883 à 1893 compte 30 mariages seulement.
On peut donc conclure avec presque certitude que la population était déjà d’environ 700 habitants en 1668 et que de cette époque husqu'en 1817 elle s'est maintenue aux environs de ce chiffre sans variation importante.
De 1817 à 1831 il n’existe à la mairie aucun état de recensement ; mais la moyenne des mariages se maintien de 1813 à 1823 il y en a 61, de 1823 à 1822, 66. partant de la popilation a dû rester à un niveau à peu rès égal jusqu’à cette époque. En 1831 déjà la dépopulation commence à se
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faire sentir. En 1817 Gommecourt avait 402 habitants et Clachaloze 340 ; en 1831 Gommecourt compte 358 habitants et Clachaloze 347. Le hameau est aussi peuplé que le chef-lieu. Mais à partir de cette époque la dimi- nution est constante et rapide, plus grande encore pour Cla- chaloze, ainsi qu’en témoignent les tableaux ci-dessous :
| Années de Recensement | Population de Gommecourt | Population de Clachaloze | Population Totale |
|---|---|---|---|
| 1831 | 358 | 347 | 708 |
| 1836 | 356 | 333 | 689 |
| 1841 | 346 | 322 | 668 |
| 1846 | 330 | 285 | 615 |
| 1851 | 340 | 241 | 581 |
| 1856 | 344 | 196 | 540 |
| 1861 | 338 | 214 | 552 |
| 1866 | 338 | 175 | 523 |
| 1872 | 325 | 186 | 511 |
| 1876 | 318 | 170 | 488 |
| 1881 | 298 | 153 | 454 |
| 1886 | 301 | 153 | 454 |
| 1891 | 298 | 149 | 447 |
| 1896 | 286 | 152 | 438 |
Ce n’est qu’à partir de 1817 qu’il existe un état nominatif des habitants de la commune et ce n’est donc qu’à partir de cette époque que l’on peut établir exactement la population distincte du chef-lieu et de son hameau et comparer leur marche. Gommecourt était à un apogée en 1817 et comptait alors 402 habitants et Clachaloze en 1831, il avait à cette date 347 habitants.
De 1817 à 1896, en 79 ans, Gommecourt perd 116 habitants, soit à peu près 1,5 par an. Si on prend à partir de 1831, où Clachaloze commence à diminuer, Gommecourt ne perd de 1831 à 1896, soit en 65 ans, que 72 habitants, environ 1,1 par an, diminution à peu près normale pour la campagne, et Clachaloze en perd 195 soit 3 par an;
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pendant que Gommecourt perd environ la tiers de sa population, Clachaloze en perd environ les trois cinquième. Si je recheche les causes de dépopulation, j’estime qu’il n’y en a qu’une pour Gommecourt : l’excédent des décès sur les naissances. Ainsi de 1823 à 1833, il y a dans toute la commune 182 naissances et 209 décès, soit une différence de 23 en faveur des décès. De 1783 à 1793 cette différence suit une marche ascendante, de 1883 à 1893 il y a en effet 69 naissances seulement et 151 décès, plus du double, et dans ce chiffre il n’y a pas lieu de s’inquiéter des décès de nourrissons comme en l’année 1770, car depuis dix-neuf ans je n'ai enregistré que neuf enfants mis en nourrice dans la commune, tandis que les naissances diminuent de 113, les décès ne dimi- nuent que de 54. On peut ajouter aussi pour causes de diminution de population à Gommecourt, l'année du célibat qui y est florissant. Pour Clachaloze les causes de dépopulation sont multiples; à l’excédent des décès sur les naissances n’y peut ajouter: 1° l'épidémie de choléra de 1849 qui fait 31 victimes à Clachaloze et 2 seulement à Gommecourt. 2° l'émigration causée surtout par le terraint trop accidenté et difficile d’accès que les jeunes gens abandonnent volontier pour une culture plus facile, ou pour chercher une place au chemin de fer ou ailleurs ; c’est en effet à partir de l’établissement des chemins de fer que la dépopulation est la plus sensible. Il est curieux de constater les départs qui eurent lieu de 1843 à 1853. Pendant cette période décennale il y eut 72 mariages pour toute la commune, chiffre qui ne fut surpassé que pour la période décennale de 1793 à 1803, et qui peut paraître extraordinaire eu égard à la période décennale précédente qui compte 52 mariages, et de la suivante qui en compta 40. Mais sur les 72 mariages conclus pendant cette période, 33 soit presque à moitié ont quittés la commune soit immé- diatement, soit dans l’espace de deux ou trois ans sans y laisser aucune trace. Quelques conjoints de cette époque sont bien revenus se fixer au village natal après avoir été retraités comme employés du chemins de fer, mais les enfants sont établis ailleurs et n’en reviendront jamais.
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grossir le contingent communal.
Superficie territoriale.
Le territoire de Gommecourt se compose de 567 hectares dont 525 hectares environ pour les terres en cultures, les vignes, les bois, les prés et les marais. Le reste est occupé par les propriétés bâties, les voies de communications, et les cours d’eau.
Altitude — Relief.
Limité d’un côté par la Seine et de l’autre par l’Epte, ce territoire se compose essentiellement d’une chaîne de collines parallèles à ces deux cours d’eau, en pentes abruptes, voire même en rochers à pic. La Pierre fourchée, la Pierre, au bas desquels se trouvent abritées les maisons du hameau du côté de la Seine. Les reoches s'abais- sent de place en place pour donner naissance à de vallons en entonnoits. Val à la Dame, Val d’ahu, Val étourdi, Val Rault, Val Marie, Val sur la Ville, Brinval. La pente, assez douce du côté de l’Epte, est coupée perpendiculairement d’ondulations qui rap- pellent les vallons en entonnoirs de côté de la Seine. L’altitude maximum entre les deux cours d'eau est de 123 mètres au point culminant appelé "La Belle Vue". Le point est à environ 650 mètres à vol d'oiseau de la Seine, 18 mètres d'alti- tude, à 350 mètres envrion du bas du coteau au pied duquel est Clachaloze dont la Seine vient battre les murs et envahir les cours des habitations lors des grandes crues, est à 2000 mètres environ de l’Epte, 23 mètres d’altitude. Ainsi s’explique la différence de pente des deux côtés du coteau.
Nature du sol et principales cultures.
Le sol est en grande partie formé de silice, mais il offre des différences sensibles. Complètement siliceux sur certains de l’Epte où l’on ne peut guère cultiver comme céréales que le seigle, l'orge et l’avoine, il est en mélange d'argile et de calcaire un peu plus haut et le blé y réussit assez bien. La pente du côté de la Seine, vers Clachaloze, est un sable calcaire très hâtif à cause de son exposition du sud-est. Dans les vallons en entonnoir la partie complètement exposée au soleil, orientée alors vers le sud, est appelée côte droite par les habitants ; c’est la partie la plus recherchée et la valeur vénale, quoique infome (de deux à huit francs
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l'are suivant la distance des habitations, y est supérieure à celle de la partie opposée appelée rebourse. Dans cette dernière, en effet, on trouve fréquemment des friches, ce qui n’existe plus que rare- ment en côte droite : celle-ci était surtout favorable à la culture de la vigne, mais les gelées printanières et la maladie para- sitaires l’ont fait disparaître presque complètement. La culture des petits pois en primeur remplace celle de la vigne, les céréales et particulièrement le blé réussissent bien dans ces coteaux. Du côté de l’Epte vers Gommecourt, l’exposition au nord-ouest en fait une partie plus froide ; on n’y voit presque plus de vignes, les céréales, les pommes de terre, les asperges cultivées en grande quantité dans la région la plus siliceuse, forment la base de l’agriculture de cette partie du territoire. Au bas de cette pente, en bordure des bois taillis, semés çà et là de baliveaux, dont l'essence principale est le chêne, on y voit aussi le coudrier et le bouleau. Dans les côteaux de Clachaloze, on avait planté des abricotiers en remplacement de la vigne, mais cette culture tend aussi à disparaître, le produit n'en est pas assez rémunérateur. On trouve des vergers bien plantés dans le voisinage des habitations de Gommecourt et particulièrement de Clachaloze La partie du territoire qui avoisine les deux cours d'eau est formée d’alluvions récentes. Très fertiles au bord de la Seine, ces terres étaient naguère encore, exclusivement exploitées en prairies naturelles, c'et la prairie dite de Clachaloze; elle fournit un foin d’excellente qualité. Depuis une trentaine d’années on en a défriché une partie dnas laquelle on cultive avec succès les céréales. Sur le bord de l’Epte le terrain est marécageux, couvert d'eau une partie de l'hiver; il ne fournit qu’un foin grossier dans la prairie dite de Gommecourt; dans la partie appelée plus particulièrement le marais, il a été planté depuis 50 à 60 ans de peupliers qui sont aujourd'hui une source de bien-être pour leurs propriétaires. Dans cette partie le terrain a été divisé ainsi que j'en parlerai plus tard, en lots très petits, 4 ares 10 centiares au plus, ayant jusqu'à trois cent mètres et même d'avantage de longueur, chaque lot a été planté de peupliers et de frênes, et aujourd’hui c'est une
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vraie forêt marécageuse dans laquelle poussent en même temps que les peupliers tous les arbisseaux et les herbes de ces espèces de terrains. Les peupliers, trouvant là sur lun terrain favorable ont poussé vigoureusement et depuis quinze à vingt ans on en abatt régulièrement plusieurs centaines par an, débités sur place pour une scierie mécanique ambulante. Les peupliers abattus sont remplacés par les frênes qui prennent leur place, car poussant moins vivement ils ne sont pas encore bons pour l’exploitation, ils fourniront à leur tour ample moisson lorsque les peupliers auront disparu.
Voies de communication.
Gommecourt est mis en communication avec les pays voisins par d’excellents chemins vicinaux et par la chemin de grande communication N° 200 qui le traverse. Les relations de Gommecourt avec son hameau n’étaient pas des plus faciles jusqu’à ces derniers temps, quoiqu'elles fussent assurées par un chemin vicinal, mais la pente trop rapide du côté de Clachaloze la rendait impraticable aux fortes charges et il fallait faire un détour par La Roche-Guyon pour le transport des récoltes et des engrais. En 1892 et 1893 une rectification du chemin vicinal N° 3, de Gommecourt à Clachaloze a été opérée, et maintenant cc'est une superbe route qui décrit de longs méandres dans les vallons, tantôt plongeant au fond de ces vallons par de superbes tranchées, tantôt s’élevant au-dessus du rocher pour une ramille hardi. Grâce à ce nouveau tracé du chemin les transports se font maintenant facilement. Les gares de chemins de fer les plus voisines sont : Bonnières à 7 kilomètres, sur la ligne de Paris au Havre, Gasny à 2 kilomètres sur la ligne de Vernon à Gisors, et Sainte-Geneviève-les-Gasny halte pour les voyageurs seulement à 1 kilomètres, sur la même ligne.
État de la propriété.
Le sol de Gommecourt est très divisé ; il comptait environ onze mille parcelles au moment de l’établissement du cadastre en 1829. Aujourd'hui il y en a moins car les cultivateurs, comprenant qu'avec des champs plus étendus ils
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gagnent du temps, font beaucoup d’échanges pour s’agrandir, quelques vieux hésitent encore à échanger, résistant au mouvement en avant, ne voulant pas céder telle parcelle de leur patrimoine contre une autre qui à leurs yeux, n’aurait plus la même valeur, mais les jeunes gens s'affranchissent de ces idées surannées, et y trouvent avantage; aussi ce mouvement s'accentue-t-il tous les ans. De 1894 à 1899, j'ai dû délivrer cent extraits de la matrice cadastrale en exécution de la loi du 3 novembre 1894, concernant les droits fiscaux à percevoir sur les échanges d'im- meubles ruraux. L'est surtout dans les parties abruptes des coteaux de Clachaloze, où le sol est très fertile mais où il est très difficile d’apporter les engrais, que les échanges seraient favorables, certains cultivateurs l'ont compris et ils cèdent volontier des terrains d'étendue plus grande que celui qu’on leur donne en échange pour pouvoir élargir leur domaine. Certaines parcelles qui comptent aujourd’hui de vingt à trente ares ne comprennent pas moins de 7 à 10 parcelles anciennes; un entre autre comptant environ soixante ares est composée de trente à trente cinq parcelles anciennes qui n’ont été réunies par le propriétaire actuel que depuis moins de dix ans, et lorsqu'il le peut il agrandit encore ce morceau qui parait consi- dérable et auquel chaque accroissement assure une grande valeur par sa situation dans une des parties les plus fertiles des coteaux. Tous les bons cultivateurs agissent ainsi, et on peut croire que dans quelques années les morceaux qui comptaient de un à cinq ares, et qui pouvaient en comprendre lorsque la vigne formait la base de la culture, auront presque disparu, sauf dans la forêt marécageuse des bords de l’Epte dont j'ai parlé plus haut où il n’y a rien à gagner de l’agrandissement.
Du bétail en général. Volailles.
Gommecourt n'est pas un pays d’élevage de bestiaux. Tous les cultivateurs achètent leurs bestiaux aux courtiers voisins ou sur les foires des environs ; ils poussent même des excursions en basse Normandie pour en acheter à meilleures compte. Cependant le cultivateur vraiment soucieux de l’avenir, ne voulant plus s’adresser aux courtiers
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qui l'exploitent, essaye d’élever lui-même ses vaches, c'est ainsi que depuis plusieurs années des pâturages ont été créés à Clachaloze, et même à Gommecourt malgré la mauvaise qualité des fourrages des bords de l’Epte. La trop grande division du sol et la diversité des récoltes ne permettent pas l’élevage du mouton auquel il faut de grandes espaces à parcourir. Chaque maison de culture possède une certaine quantité de volailles dont les poules forment la majeure partie, on y joint quelquefois des canards mais en très petite quantité.
Industries — Carrières.
Le sol étant en grande partie formé de silice, on y rencontre naturellement beaucoup de silex. Les silex ont été réunis en tas en divers endroits à la surface du sol où ils ont formé des Murgers qui ont été exploités pour l’entretien des routes. Les murgers sont aujourd’hui presque entièrement disparus. Pour avoir les cailloux nécessaires à l'entretien des chemins et routes on a ouvert de tous côtés auprès de Gommecourt des carrières qui fournissent en grande partie les pierres néces- saires aux pays voisins où manque le silex.
Minoterie.
Il existe à Gommecourt une importante minoterie, établie sur le bras principal de l’Epte qui fournit la force motrice à l'aide d'une roue hydraulique pouvant assurer une force et de trente chevaux-vapeurs, à laquelle le propriétaire actuel M. Malgrain, a donné une grande impulsion, par des aménagements tout à fait modernes. A l’ancien système de meules il a substitué, en 1892, les cylindres, qui lui permettent de produire une farine d’excellente qualité, pouvant rivaliser avec les meilleures marques. La production moyenne journalière de ce moulin et de cinquante quintaux de farine.
Laminerie de zinc et fabrique d’engrais
En 1876 une laminerie de zinc comprenant un laminoir a été établie sur un bras dérivé de l’Epte; La force motrice, trante chevaux-vaeurs, est assurée par une roue hydraulique.
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L’eau est retenue, comme au moulin établi sur le bras principal, par un système de vannage s'ouvrant et s'abaissant à volonté. En 1884, l’industrie du zinc étant languissante, le Directeur de la laminerie, M. Labarriere, pour occuper son personnel et ne pas laisser tomber son usine, y adjoignit la fabrication des superphosphates d'os gras; il s'y fabrique annuellement 30000 quintaux de cet engrais et cette production s’ac- croît constamment, aux superphosphates d'os gras fabriqués à l’usine même il faut joindre la vente au entrepôt des super- phosphates minéraux, des nitrates de soude, sulfate d’ammoniaque, chlorure de potassium, engrais de poisson, tourteaux pour nour- riture des bestiaux, et toutes matières premières ou mise en oeuvre pour l’agriculture. Les quantités ainsi vendues en entrepôt, en progression toujours croissante, s’élèvent actuellement à 50000 quintaux par an. La laminerie de zinc fournit en outre 700000 kilogr. de zinc laminé par an. La force motrice dont dispose l’usine ainsi que son aménagement permettraient une pro- duction double. Cette usine occupe toujours constamment 30 à 35 ouvriers.
III Esquisse historique
Étymologie — Anciennes formes du nom — Origines
Gommecourt n’est pas le vrai nom c’est Gommercourt de Gomeri curia ainsi que le portent les vieux titres ; mais l’orthographe Gommecourt a prévalu. (A. Cassan, Sous-Préfet de Mantes, 1883.). L’origine du nom remonte à l’époque gallo-romaine. où Gomeri était magistrat ou curion président les curies. Gomeri curion, Gomeri curia. Gommercourt et enfin Gommecourt tel s'est formé le nom actuel. Gommecourt existait je crois dès les temps les plus anciens de l’histoire, aucun doute ne me semble possible à ce sujet, des armes anciennes , haches de silex taillées polies, de l’époque antérieure à l’occupation romaine ont été trouvées en grande nombre sur son territoire. L'existance du village est certaine à l'époque gallo- romaine, mais celuis-ci devait être dispersé au lieu d'être aggloméré
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comme aujourd’hui, il devait y avoir des habitations le long d'une voie romaine qui passe au nord-ouest de Gommecourt (chemin des Bâtards) près du cours de l’Epte, ou plutôt des terrains bas et marécageux qui l’avoisinent, pour conduire au camp romain entre Giverny et Vernonnet, ou de l’autre côté de la Seine, à celui de Port-Villez, il existe des traces non équivoques de ces habitations le long de cette voie, on y retrouve à divers endroits et notamment dans les Sablons des tuiles de diverses formes qui rappellent en tous points celles qui cou- vraient les habitations de cette époque. Il y a environ six à douze ans un propriétaire, en ouvrant une carrière à cailloux dans un champ des deux cent mètres à l’ouest du village, a découvert une ancienne construction dans laquelle se trouvaient un foyer de cheminée bien conservé, il y avait dans ces ruines de nombreux poteries, amphores qui ont été données à des amateurs, et deux meules à écraser les grains, un de ces deux meules a été brisée et le morceau em- porté ainsi par des gebs curieux d'en posséder quelque fragment, la seconde est entière et bien conservée par le propriétaire M. Jérôme Robert; elle est faite de petits galets réunis par un ciment qui me semble formé de grès pulvérisé; elle mesure 45cm de diamètre et 9 à 10 d’épaisseur, et elle est percée d'un trou cylindrique au centre. Elle a dû longtemps servir car les galets de la partie supérieure sont usés par le frottement. Au moyen âge Gommecourt placé aux confins de l’Ile de France et de la Normandie dut souvent connaître les horreurs de la guerre, de la longue lutte entre les rois de France et leurs vassaux les ducs de Normandie devenus rois d’Angleterre par la conquête. A Cassan cite une longue inscription gothique dans les ruines d’une chapelle de Clachaloze, inscrition qui est le récit d’un combat d'Edouard dit le Saint, roi d’Angleterre. Cette inscription a disparu avec les ruines. Gommecourt fit partie du duché de la Roche-Guyon, La paroisse de Gommecourt faisait partie du diocèse de Rouen, doyenné de Magny. Les registres des baptêmes, mariages et inhumations de 1692 portent : Province de Normandie, généralité ou diocèse de Rouen, puis en 1698, doyenné de Magny et vicariat
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de Pontoise. C'est à Rouen et à Pontoise, que se trouvaient les greffes des registres de baptêmes, mariages et inhumations de la paroisse de Gommecourt. Dans un aveu, la duchesse d'Enville désignant tous les droits qu'elle possédait en son duché de La Roche-Guyon, dit, en parlant de Gommecourt. Cette seigneurie qui relevait anciennement du prieuré a été acquise par François de Silly comte de La Roche-Guyon, de Messire Pierre de Mornay par contrat passé devant René Comtesse et son confrère, notaires à Paris le 30 août 1615. Elle y énumérait les droits qu’elle possédait sur la seigneurie : Censives, champart, lods et ven- saisines. “A Gommecourt, droit de pressoir banal, en conséquence duquel droit j’ai un pressoir audit lieu avec bâti- ment clos de murailles et un quartier de terre ou environ sur lequel j’ai droit de faire construire une volière à pigeons. Les habitants ont en commun avec ceux de Limetz et Bennecourt 375 arpents de communs et marais aux charges particulières pour les habitants de Gommecourt de faner l'herbe des près, de me fournir lits et draps quand je serai dans mon hôtel audit lieu, (je n'ai pas trouvé trace de cet hotel), et de nourrir deux petits chiens et un lévrier" Limetz ayait par an 7 sols 1 denier parisis et Bennecourt ne four- nissait aucune redevance. "La seigneurie de Clachaloze est de l’ancien domaine du duché à l’exception de quelques petits fiefs qui ont été mis en vente (on trouve dans la désignation des cantons des territoires, sur Clachaloze, le fief du Val étourdi); deux pressoirs banaux à Clachaloze. Les vignerons sont astreints à porter aux pressoirs banaux de la paroisse leur aine (marc) franche pour laquelle il paye le troisième pot. Les habitants du hameau de Clachaloze, comme étant de la paroisse de Gommecourt, sont astreints aux corvées dues par lesdits habitants pour aider à faner l’herbe des prés du marais". Les droits que le duché de La Roche-Guyon possédait sur la seigneurie de Gommecourt, sauf celui de chasse, furent donnés à bail, avec les terres et prés du duché sus en ladite sei- gneurie par Alexandre de La Rochefoucault, duc de La Roche-Guyon à Louis Quedeville et Michel Mantois en 1736 pour neuf années et en 1745 pour le même temps à Michel Mantois et sa femme Marie Quedeville, moyennant un loyer annuel de 280 livres,
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quatre chapons et six boisseaux de navets de ferme, payables au terme de la Saint Martin d’hiver. Les communs ou marais communs dont il est question dans cet aveu avaient déjà fait l’objet de délimitations de la part des habitants des trois paroisses intéressées. En 1570, Jean de St Quentin, lieutenant pour le roi au siège de Magny et Pierre Leclers, lieutenant des eaux et forêts pour le roi au Comté de Chaumont et Magny, Commissaires du roi pour le fief de Normandie et comté de Chaumont en Vexin, chargés de faire un état descriptif et d’arpenter les marais, terres vaines et vagues, bruyères et landes étant dans le district de la juridiction dudit Magny y compris les dépendances de La Roche-Guyon, se rendirent à Gommecourt et y procédèrent à la description et au mesurage des marais. Ils refusèrent de mesurer et délimiter une pièce de pré sise sur le territoire de Gasny et où les habitants de Gommecourt et Bennecourt avaient coutume de faire pâturer leurs bestiaux, "à raison que ladite pièce est assise en Normandie et non en détroit de notre juridiction". Au milieu de ce marais il y avait deux pièces importantes, l’une dle pré du But, de 2 ha 20 ares, et l’autre le Grand Champ, de 1 ha 89 ares qui faisaient partie du domaine de La Roche-Guyon au moment de l’aveu de la duchesse d'Enville. C'est sans doute de ces prés que les habitants de Gom- mecourt devaient faner le foin. Les deux restes du domaine existent encore dans leur entier et appartiennent au propriétaire du moulin. Le pressoirs banaux de Clachaloze n’existent plus, le dernier a été démoli il y a vingt à trente ans. Celui de Gommecourt existe encore dans le quartier de terre y attenant, le bâtiment dans lequel il est a été réparé à neuf par le propriétaire actuel. M. Bracq en 1894; la couverture du chaume, la seule qui existait encore à Gommecourt a été alors remplacée par une construction en ardoise. Le pressoir est formé comme tous les ressoirs de cette époque d'énormespièces de bois mues par une sorte de manivelle formée d'une grosse vis de bois et de quatre bras que poussent ou tirent ceux veulent faire mouvoir la machine. Il porte des isncriptions gravées dans le bois des poutre et rappelant des dates de réparations qui lui ont été faites? Le four banal existe encore dans la maisone de M. Demante Lambert. Le moulin dont j'ai parl" aux industrires n'était pas un moulin banal il fut de tout temps moulin a bled. En 1712 Messire Roger
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de La Garenne, escuyer, sieur de Douens, devant les notaires royaux
à Andely, vendait à Charles François Guesdier, Seigneur de St Aubin,
St Jean et autres lieux, lieutenant général de Gournay, y demeurant,
” un moulin à bled assis sur la rivière d’Epte et la paroisse de Gomme-
court, à tenir le tout du Seigneur Duc de La Roche-Guyon, à cause de
sa seigneurie de Gommecourt, pour dix livres de rente que ledit sieur
St Aubin acquittera pour l’année“. En 1771 ce moulin passait par acte
de vente des mains des sieurs Maleux Rennequin en celles de Jean Roussau
moyennant le prix principal de 33000 livres, dont 24000 pour les vendeurs et
12000 pour assureur une rente de 600 livres à M; Armand Jean Guesdier
à St Aubin, prêtre chanoine de l’église métropolitaine de Rouen. Cette vente
était faite aux autres à charge ar l'acquéreur de payer à la seigneurie de
Gommecourt dix livres de rentes. Les habitants de la paroisse de Gom-
mecourt devaient sans doute être tenys d'aller au moulin banal de Roconval.
A Clachaloze existent encore les demeures, les boves des anciens habitants
demeurent creusées dans le rocher, et qui sont aujoud'hui abandonnés pour
les maisons modernes; elles servent actuellement de caves et d'étables;
un grand nombre sont en ruines.
J’aborde maintenant l’époque de la Révolution. L’année 1789
est peu fertile en évènements, chacun observe et attend. Le registre de la
municipalité est ouvert à partir de 10 avril 1790, par M. Jean Julien
Avoine, curé et maire. En 1790, Gommecourt n’est plus le troupeau qui obéit,
auquel on impose ses volontés, on sent qu'un souffle de liberté a passé sur
ce coin de la nation, c’est un morceau de cette patrie, fier de son indépendance
ayant conscience de sa responsabilité. On organise une garde pour veiller
la nuit sur la sécurité des habitants et de la récolte. Avec tour de tôle chacun
veille sur ses concitoyens. Le 6 juillet on se prépare pour la Fédération.
Nicolas Médard Rivelin et Jacques Robert Lemoine sont délégués pour se rendre
à Versailles "pour signer et jurer tant eu nom du corps municial qu'en
celui de la commune, le pacte fédératif et martial qui doit être arrêté par
tous les députés et gardes nationales des départements." Le 10 juillet
réunion de la municipalité au sujet de la Fête de la Fédération. Le 14 Juillet
après avoir montré le zèle de la municipalité il est décidé que le 14 juillet serait
jour de fête patriotique. LLe 14 juillet à 10 heures 1/2 du matin la municipalité
se rend à l'église où elle trouve assemblés les habitants de la paroisse. Arès
la messe solennellement célébrée M. le Maire a exposé les motifs et l'objet de
la fédération, indiquée pour ce jour tant dans le capitale que dans les autres
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villes et communautés du royaume, et il a expliqué les obligations résultant d'un pacte sacré, qui, en attachant d'une manière particulière tous les citoyens à la patrie, doit les unir désormais entre eux par les liens indissolubles de la plus étroite fraternité.“ Le serment prêté d’abord par le corps municipal, puis par tous les habitants de la paroisse, a été une "satisfaction universelle" on a chanté le Te Deum. Les vêpres furent indiqués par trois heures et la reste du jour, s’est passé en réjouissances, "chacun faisant des voeux pour les succès des glorieux travaux de nos Augustes Législateurs, pour la prospérité de ce superbe Empire, et pour la conservation des jours précieux d'un roi digne à tant de titres de l'admiration et l'amour des Français. A la suite de la suppression des droits féodaux, M. le Duc de La Rochefoucault propose, le 13 août 1790 de vendre ou de louer à la municipalité pour le compte de la paroisse, les pressoirs banaux qu’il posséde à Gom- mecourt et Clachaloze. Le Conseil général de la commune décide d’en référer à l’assemblée générale des habitants. Le 22 auût suivant à l’assemblée générale de la commune il a été observé que les pressoirs avaient perdu plus des deux tiers de leur valeur par la suppression du droit de banalité, qu'ils ne peuvent être d'aucune utilisé à la commune qui refuse de s'en rendre acquéreur. Lassemblée est senssible aux attention de M. le Duc de La Rochefoucault et elle prie Messieurs les officiers municipaux d’assurer le seigneur Duc de sa vive et profonde reconnaissance. Le 14 novembre, élection des officiers municipaux et notables, le 15, prestation de serments. En cette année 1790, le 7 décembre, Jean Julien Avoine prêtre constitutionnel de Gommecourt est élu évêque constitutionnel à Versailles. M. Avoine avait d'abord été vicaire à La Roche-Guyon, il signe en cette qualité un acte d’inhumation à Gommecourt le 29 septembre 1772 et un autre le 18 décembre 1777. Le 16 décembre 1778 Avoine signe les actes comme curé de Gommecourt, c’est donc à partir de 1778 qu’il est curé de cette paroisse. Lors de l’établissement des municipalités, il signe ainsi les registres des délibrérations : Avoine curé et Maire de Gommecourt. Son élection, comme évêque de Versailles flatta les habitants de la commune ainsi qu’en témoigne la déli- bération prise à ce sujet et que je copie textuellement : “Cejourd"hui douzième jour de décembre mil sept cent quatre vingt dix, en la municipalité de Gom- mecourt, extraordinairement assemblée où étaient M. M. Denis Lerouvellier, Jean Bte Bouchard, Jean Jérôme David, Antoine de Mante et Laurent Mantois, officiers municipaux, M. Antoine Guerbois Procureur de la commune a pris la parole et a dit qu’il était infiniment flatté d'avoir possédé pour curé M. Jean
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Julien Avoine, originaire du Havre, Maire de laditte paroisse. Lequel avait été élu évêque de Versailles par MM. les électeurs du département de la Seine-et-Oise Le sept décembre présent mois et à la pluralité absolue de plus de soixante voix et proclamé comme tel le lendemain huit en l’église royale de Notre-Dame de Versailles avant la messe solennelle qui a été célébrée à cet effet, en présence du clergé, ax bruits des orgues, des canons et tambours aux cris joie mille et mille fois répétés, aux applaudissements universels de tous les corps qui y avaient assisté. Et que pour donner une nouvelle preuve de l'estime particulière et de la profonde vénération dont il avait toujours été pénétré envers ledit curé nommé évêque, il concluait lui Procureur, à ce qu’il en déposât au registre de ladite municipalité lesdites élections, et Proclamation, comme devant servir de moment précieux, et à jamais mémorable pour ledit curé et sa paroisse. Sur quoi nous Officiers municipaux susdits, animés des mêmes sentiments et faisant droit au réquisitoire dudit Procureur de la commune avons signé le présent écrit. Fait à Gommecourt en la municipalité, les jours et an que dessus. Le Registre est signé : D. Letonnelier, Jean Bouchard, Jean Jérôme David, Antoine de Mantes. L. Mantois, Antoine Guerbois Procureur de la commune et Langlois Secrétaire Greffier.” Le 9 janvier suivant à la municipalité de Gommecourt assemblée il a été fait lecture d’une lettre de Mr. le Procureur général Syndic du département de Seine-et-d'Oise en date du 31 décembre dernier ensemble d'un extrait des délibérations du Directoire dont la teneur en suit, et dont j’extrais la copie du Registre des délibérations. Extrait du Registre des Délibérations du directoire du département de Seine-et-Oise. Du vendredi trent-un décembre mil sept cent quatre vingt dix, Séance ldu matin. M. Avoine, curé de Gommecourt, District de Mantes, élu et proclamé évêque du département s'est présenté au Directoire et a dit : Messieurs, j’ai déjà prêté le serment décrété par L’Assemblée nationale et depuis long temps j'ai prouvé mon attachement à la Constitution, obligé de m'absenter pour exécuter les Décrets, je ne puis réitérer le Serment ordonné par le Décret du 27 novembre dernier devant la municipalité de Gommecourt, et comme je veu prouver ma prompte et entière obéissance à la loi, je viens, Messieurs, vous prier de me donner acte du serment que je fais en vos mains de veiller avec soins sur les fidèles qui me sont ou me seront confiés, d'être fidèle à la nation, à la loi et au roi, et de maintenir de tout mon pouvoir la Constitution
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décrétée par L’Assemblée nationale, acceptée par le roi, et spécialement la constitution civile du clergé. Je me réserve. Messieurs, de réitérer ce serment devant la municipa- lité de Gommecourt aussitôt que je serai de retour. Le Directoire accueillerant la demande de mondit sieur Avoine a reçu son serment à lui en a donné acte, et a arrêté qu’il sera envoyé expédition à l’Assemblée nationale et à la municipalité de Gommecourt, devant laquelle il sera renouvelé le premier dimanche qui suivra son retour dans sa paroisse. Suivent les signatures. Le 23 janvier 1791 devant le Conseil général de la commune extra- ordinairement assemblée dans le chœur de l’église. M. Avoine renouvelle de la manière la plus solennelle le serment prescrit par L’Assemblée nationale. Le 1er mars 1791 M. Avoine signe pour la dernière fois au registre de délibérations et le 5 mars 1791, au registre des baptêmes mariages et inhumations. (Jusqu’au 1 janvier 1793 les actes de l’Etat civil sont dressés par le curé. Le premier acte dressé par un officier de l’Etat civil date du 7 janvier 1793). Le 10 juillet 1791 élection du Maire en remplacement de M. Avoine. M. Jacques Robert Lemoine est élu par 49 vois sur 75 votants Le 13 novembre 1791 élection d’un nouvelle municipalité, Jean Mantoins fils de Crespin est élu Maire. En l’année 1792 aucune évènement saillant, mais pendant les années 1793 et 1794 et 1795, an 1er, 11 et 12 de la République, le registre de la municipalité porte l’empreinte des convuslsions qui agitent notre pays. A côté des nominations et des destitutions de municipa- lités, à côté des petites querelles de clocher dans laquelle on voit personnages resister aux magistrats, fidèles exécuteurs des lois. Il faut noter, le 21 avril 1793, la nomination de Commissaire pour procéder à la visite scupuleuse du ci devant château de la citoyenne d'Enville le 22 avril; Jean Mantois Maire et Jean Baptiste Labbé, Officier municipal sont délégués pour assister à cette opération. A noter aussi les enrolements volontaires : le 23 mai 1793, Jean François Challier âgé de 28 ans s'enrôle comme volontaire pour la guerre de Vendée, il laisse une femme et un enfant. Le 24 mars engagement de Jean Pierre Alexandre pour la guerre de Vendée. Son engagement est ainsi libellé : J'ai Jean Pierre Alexandre, marié, vigneron de cette commune, agé de 26 ans, taille de 5 piefs 3 pouces, soussigné ayant entendu de nouveau le cri
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de la Patrie en danger. pris l'engagement volontaire de voler à la défense de nos frères de la Vendée tyrannisés par les satellites du despotisme, confor- mément à la loi du 18 de ce mois et des Délibérations du Conseil général du département des 12 et 15 dudit mois, en présence des Officiers municipaux sousignés. Le 25 mai 1793. Michel Boisguillaumen garçon agé de 47 ans fait son inscription volontaire pour marcher à la défense de la patrie. Les 16–20 et 28 juillet 1793, longues délibérations relatives à des questions du marais entre Gommecourt, Bennecourt et Limetz. Les marais sont les communes dont il est parlé dans l’aveu de la duchesse d'Enville. Les portions revenant à Gommecourt et à Bennecourt ont été partagées entre tous les habitants de chacune de ces communes, celle de Gommecourt entre les 22 floréal et le 3 fructidor, an II, et celle de Bennecourt du 1er vendémiaure au 21 frimaire an II; cette dernière portion fait partie du territoire de Gommecourt. La désignation des section et chemins dans la marée de Bennecourt montre bien l’état d’esprit des populations à cette époque: à retenir entre autres les sections et chemins de la République, de la fédération, du serment civique, de la fraternité, de la sansculotide.
Monuments
Église
L’église de Gommecourt a été construite à deux époques bien distinctes. La nef est de construction romane et est des plus simples. Le transept, Les chapelles latérales et l'abside, le tout formant croix, sont du XIIIe siècle x'un stule très pur présentant de belles lignes, sobres d'ornementation, deux chapiteaux recevant des arcs pres du maitre autel et le maitre autel sont remarquables. On remarque aussi dans la chapelle de droite, à l'une des fenêtres, quelques vestiges d'ancients vitraux mal réparés. Deux épitaphes relatant des fondations pieux sont encastrées dans les murs.
Chapelle de Clachaloze
Toutes les notices, tous les ouvrages où il est parlé de Gommecourt citent comme curiosité les ruines d'une chapelle à Clachaloze. "On visite avec intérêt au hameau de Clachaloze les ruines d’une ancienne chapelle qui a conservé quelques colonnes, quelques pierres tumulaires et quelques peintures avec une longue inscription gothique assez lisible encore qui est le récit d'un combat d'Edouard roi d'Angleterre dit le Saint" (A. Cassan 1833). Cette chapelle, autant que j'en puis juger par des restes de pierres, devait être de construction romane. Il y eu un vicaire à Clachaloze Sa présence est constaté sur les registres à l'établissement de l'Etat civil par sa signature accompagnée de cette mention : Vicaire de Clachaloer. Mais les actes de l'Etat civil étaient dressés à Gommecourt, chef-lieu de la paroisse.
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Le dernier vicaire de Clachaloze est le citoyen Jean Antoine Dupuis qui prêta serment le 1er janvier 1793 dans le chœur de l’église de Gommecourt en présence de la municipalité. La chapelle de Clachaloze fit partie des domaines nationaux et fut vendue par adjudication, à Versailles, devant les membres de l’administration centrale du département de Seine-et-Oise réunis en séance publique le 12 floréal an XIII au citoyen Joseph Bontron de Versailles. Il y eut un essai d’adjudication le 7 floréal sur la mise à prix à 1200 f ; mais aucune adjudicateur ne se présenta. Le 12 floréal la mise à prix était également de (1200 f) ; douze cents francs et l’adjudication montait à (52200 f) cinquant deux mille deux cents francs. D'après les titres de vente cette chapelle mesurait 25 mètres de longeur et 11 mètre de largeur. Je ne sais ce qu'en fit l'acquéreur mais en 1833, d'après A. Cassan, ce n'était plus que des ruines. Les ruines ont été vendues par adjudication passée devant Me Alexandre notaire à La Roche Guyon, le 29 juin 1845, sur requête des héritiers de madame Bontron, à Michel Aimé Bracq, maçon à Clachaloze, pour (510 f) cinq cent dix francs. Sur l’emplacement de ces ruines, M. Bracq a élevé une maison d’habitation, et il ne reste plus dans sa cour que quelques pierres et un chapiteau provenant de la chapelle.
Mairie — école
La maison commune de Gommecourt comprend la Mairie et l’école, elle a été construite en 1846 et 1847, jusqu’à ces derniers temps l'aspect général du bâtiment: placé en bordure du chemin Vcl N°3, était celui d’un bâtiment rural. Le Jardin est situé derrière. Au moment de la construc- tion, aucun préau n’avait été prévu pour les élèves, pas de puits ni citerne, il fallait se pourvoir aux puits du voisinage. Le jardin donnant sur les champs n'était alors que par un côté d'un mur de pierres sèches. La local était resté ainsi jusqu’en 1874, mais à partir de cette époque, les municipalités qui se sont succédé ont travaillé à l’améliorer. L’établissement d’une maison d'école à Clachaloze a permis d’agrandir le logement de l’instituteur par l'adjonction d'une pièce prise sur l’école (1874), le jardin a été clos (1878) une citerne a été établuie 51881° : une échange avec un propriétaire voisin a permis d'établur un vaste préau planté de tilleuls sous les lesquels les élèves trouvent ombrages et fraîcheur (1886): enfin en 1898 le grossier enduit en mortier qui couvrait les murs a été remplacé sur la façade et les cpités par un enduit en plâtre qui donne à l'ensemble un air de gaieté. Une inscription sur panneau de platre rappelle qu'ici se trouvent la mairie et l'école et un trottoir pacé de brique a heureusement complété l'aménagement extérieur de la façade.e.
Puits communal
Dans sa notice de 1833, 1. Cassan cite le puit communal de Gommecourt comme fort beau. L’ouverture a eu puits a
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été couverte de fortes dalles, et une pompe en fonte adossée à une colonne de pierre permet de tirer l’eau avec plus de facilité. J’ai n'avait pas parlé de ce puits qui n’a rien de bien intéressant si ce n’est sa position plutôt gênante au milieu d’une petite place et obstruant presque la voie publique au tournant d’une rue, et je n'avais voulu faire remarquer la colonne. Cette colonne ou mieux ce fût de colonne, sans soubassement mais conservant une apparence de sculpture à la partie supérieure formant chapiteau, haut de 2m 50 environ, sort des ruines de l’ancienne chapelle de Clachaloze.
Cimetière — Le cimetière actuel est situé autour de l’église, ensemble ils occupent une surface de 14 ares 55 cent. Ce cimetière situé dans le village et dans lequel les sépultures se font sans ordre précis, est trop exigü, aussi la constru- ction d'un nouveau cimetière a-t-elle été décidée. Ce nouveau champ de repos au- quel les ouvriers mettent la dernière main au moment où j'ecris ces lignes est établi à cent mètres environ à l’est du village. Lorsqu'il sera terminé il sera un vrai monument en son genre. Le portail et le calvaire seont admi- rables, tout dans l'ensemble sera gravieux si l'on peut s'exprimer ainsi. Une allée de tilleuls de 11 m de largeur sur 100 m de longueur, formant suite au grand axe, assurera la communication avec le chemin vicinal N° 3 et complètera heureusement le tableau, donnant une apparence de vie à ce séjour de larmes. Le terrain sur lequel est établi ce nouveau cimetière à une superficie de 58 ares 71 centiares.
Progrès de l’Instruction — AU début de l’établissement des registres de l’Etat civil, 1668 pour Gommecourt, on constate que l’instruction est presque nulle, quel- ques rares signatures terminant les actes. Peu à peu les signatures apparaissent et les croix diminuent, on sent que l’instruction se développe, mais il faudra encore de nombreuses années pour qu'on ne voient plus au bas des actes de mariage "l'époux ou les époux ont déclaré ne savoir signer." Aujourd'hui tous les conjoints signent les actes. Depuis 19 ans que je suis secrétaure de mairie à Gommecourt je n'ai constaté que deux mariage sur soixante célébrés, où l'un des deux époux ait déclaré ne savoir signer et tous deux étaient étrangers à Gommecourt. Donc on peut en conclure qu'en cette commune, à part quelques rares personnes âgées tout le monde sait u moins lire et écrire. Ce qui était autrfois la règle est maintenant l'exception.
Bureau de Bienfaisance — Par deux actes passés devant Levasseur et son confrère, notaires à Paris les 2 avril 1668 et 25 Juin 1670, Roger Duplessis Liancourt, duc de La Roche Guyon, et Jeanne de Schomberg son épouse, ont fait donation aux pauvres des paroisses du duché de La Roche Guyon, de la somme de 1950 livres tournois de rentes annuelles. La commune de Gommecourt était comprise pour
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150 livres dans cette donation. Elle est l’origine du Bureau des pauvres. Le 10 octobre 1821, le duc de Rohan-Chabot, propriétaire du domaine de La Roche Guyon, fait le remboursement du capital nécessaire à la consitution de la rente consentie par ses ancêtres, et le capital placé en rentes sur l’État produit 148 f. 15 de rente. Depuis cette époque les rentes du Bureau de bien- faisance se sont accrues. M; perelle prêtre décédé à Gommecourt par testa- ment du 3 juillet 1862 lui lègue une somme de mille francs pour être placée en rentes sur l’État. Le revenu du Bureau de Bienfaisance est aujourd’hui de trois cent vingt sept francs.
Sapeurs-Pompiers — La formation d’un corps de Sapeurs Pompiers à Gommecourt est toute récente. Elle date de 1885. À la suite d’un incendie qui détruisit en partie l’habitation de Mr. Isard Désiré, une souscription publique ouverte dans la commune le 6 avril 1885 a l'effet d'acheter une pompe à incendie, produisit 1118 f. C’était une première mise très importante. Cet élan de générosité prévoyante porta ses fruits; le 23 juin, suivant la commune possédait avec la pompe tout l'équipement de prmière nécessité pour vingt cinq pompiers et au début de l'année 1886 la compagnie était régulièrement formée.
Avenir possible de la commune —
Si j'envisage l’état actuel de la commune, état presque de décadence en égard au chiffre de sa population, je ne trouve pas qu'elle soit pris de se relever. Quelques chiffres peuvent nous fixer. Un dernier recensement sur 165 ménages qu’elle comptait, 38 soit environ le quart étaient formés d’individus isolés, 48 étaient sans enfants, 39 avaient un enfant, 20 en avaient deux, 15 en avaient trois, 3 en avaient quatre et 2 seulement en avaient cinq. J'ai dit en parlant de la population que le célibat était florissant à Gommecourt, jugez)en : lors du dernier recensement on comptait 16 célibataires hommes et 10 célibataires femmes de plus de 25 ans. La moitié de ces célibataires vivent seuls. L’éclat semble être un état recherché parmi les hommes surtout; on vit seul, sans charge de famille, partant sans soucis. Cet état n'est pas pour arrêter la dépopulation. ainsi l’agriculture délaissée est en dé- faveur, les propriétaires ne trouvent pas à louer même à bas pris et beaucoup de terres restent sans cultures. Si les jeuns gens s'appliquaient d'avantage à l'agriculture, s'ils revenaient résolûment à cette vieille nourrice qu'ils abandonnent cvolontiers pour l'atelier ou l'usine, l'avenir de la commune paraîtrait sous un oeil moins défavorable. Peut-être la génération qui s'élève réagira-t-ell contre cette désertion.
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IV Instruction publique.
Locaux — Les divers locaux qui ont servi de maison d’école avant 1847 étaient loués à des particuliers. Les locaux ont été depuis transformés ou démolis. En 1812 le Conseil municipal notait 30f pour le logement du maître d'école, c'est le premier budget où il en soit parlé. En 1822 il votait 20 f. Le mobilier était des plus sommaires. j'ai consulté un écolier de 1822, à cette époque nous dit-il il n'y avait que deux tables à surface plane avec des bancs mobiles. Sur ces tables les plus avancés écrivaient, les autres étaient sur des bancs et nous étions nombreux. 80 ou 100 sous la direction d'un maître qui nous enseignait à lire, à écrire et aussi à calculer. Ajoud'hui la maison d'école de Gommecourt, pas suite de transfo- mation ou d'aménagements est à peu près convenable; celle de Clachaloze est mieux disposée. Le mobilier scolaire a été changé complètement en 1884.
Instituteurs qui se sont succédé dans la localité.
Rien dans les archives ne peut me faire connaître les instituteurs de la commune avant 1792. A cette époque Charles Antoine Sulpice Langlois était maître d’école, il est désigné d’abord comme clerc laïc (1792), puis comme maître d’école (1793). Il était en même temps secrétaire greffier de la municipaliré, fonction qu'il conserva jusqu'au 11 brumaire an 3, à cette date il fait sa demission de secréraire greffier et reste instituteur. En l’an 9 il est conseiller municipal, ses fonctions n’étant plus compatibles avec celle d’Instituteur il doit être remplacé mais je n’en trouve aucun trace. Vers 1820 ou 1822 M. Leheu père est instituteur, puis son fils lui succède. lahagne, régulièrement nommé le 26 avril 1835 exerçait depuis plus de quatre ans. Charpentier. 28 juillet 1848 — Mathon 14 décembre 1855 — Poupin, 5 décembre 1859 — Potié 20 septembre 1861 — Béchet 1875 — Chartier, 7 mai 1878 — Rousseau, 1er janvier 1879 — et Ferrant 14 septembre 1880. L’école de Clachaloze a été crée par décision du Conseil départemental ddu 4 août 1873. Les instituteurs qui s’y sont succédé sont : M. M. Prevost, 9 septembre 1873 — Marcher, 31 août 1876 — rabache, 28 Juin 1878 — Legoupil, 5 octobre 1878 — Maliet, 14 septembre 1879 — Breton, 4 septembre 1880 — Lesueur, 7 janvier 1882 — Robert, septembre 1885 — et Royer 7 octobre 1893.
A Gommecourt le 27 Septembre 1899
L’instituteur

Sources
Gommecourt - Monographie communale de l'instituteur - 1899"Archives départementales des Yvelines, 1899